7 millions par année: Martin St-Louis passe à la banque

7 millions par année: Martin St-Louis passe à la banque

Par David Garel le 2026-03-26

Martin St-Louis va devenir le coach le mieux payé de toute la LNH.

Ce n’est même plus une question de savoir s’il va signer une prolongation de contrat, mais plutôt jusqu’où les Canadiens de Montréal sont prêts à aller pour le garder… et à quel prix.

Parce que ce que Pierre LeBrun laisse entendre est assez clair. Il ne voit tout simplement pas le club laisser son entraîneur amorcer une saison avec une seule année restante à son entente.

Dans la LNH, ça ne se fait pas. Pas avec un coach que tu considères comme central à ton projet. Pas avec un gars que ton vestiaire respecte. Et surtout pas avec un entraîneur que ta direction a déjà choisi de sécuriser à l’avance en activant des années d’option sans attendre.

Rappelons que le contrat de Martin St-Louis est valide juqu'en 2027 à un salaire de 5 M$ par année.

Embauché en 2022 sur une base intérimaire, sans expérience derrière un banc de la LNH, il était alors un pari. Un pari audacieux, presque déroutant à l’époque. On lui avait donné quelques mois pour “se mouiller les pieds”, tester son approche, voir s’il pouvait connecter avec un groupe en reconstruction.

La réponse a été immédiate.

Quelques mois plus tard, en juin, il obtenait un contrat de trois ans à 3 millions de dollars par années.

Il a ensuite signé une prolongation de contrat de deux ans à 5 M$ par année jusqu'en 2027. Avant même que la pression contractuelle ne devienne un enjeu, l’organisation a déclenché ces options en 2024, s’assurant qu’il soit lié à l’équipe jusqu’en 2027.

Ce genre de décision ne se prend pas à la légère. Ça envoie un message clair à l’interne comme à l’externe : c’est lui, le visage du projet derrière le banc.

Mais voilà que le cycle recommence.

Après la saison actuelle, il ne restera qu’une seule année à son contrat. Et dans cet univers-là, une dernière année, c’est un signal ambigu.

Ce n’est pas une condamnation, mais ce n’est pas un vote de confiance non plus. C’est exactement le genre de situation que les organisations évitent avec leurs piliers. Et c’est pour ça que LeBrun parle déjà d’une prolongation à venir, probablement avant même le prochain camp d’entraînement.

Ce qui devient fascinant, par contre, c’est la question du salaire.

Parce que si on suit la logique du marché actuel, et si on considère l’inflation des contrats chez les entraîneurs, St-Louis pourrait très bien se retrouver dans une catégorie salariale complètement différente.

Aujourd’hui, les entraîneurs les mieux payés tournent autour de plusieurs millions par année. Le sommet officieux a longtemps été occupé par des noms comme Mike Sullivan, qui flirte avec les sept millions annuellement à New York.

Alors la question se pose sérieusement : est-ce que Montréal est prêt à faire de St-Louis l’entraîneur le mieux payé de la LNH?

Ce n’est plus une hypothèse farfelue.

Parce que tout pointe dans cette direction. Il est déjà très bien rémunéré. Il a l’appui complet de Kent Hughes et de Jeff Gorton, qui eux-mêmes viennent de s’engager à long terme avec l’organisation. Il a la confiance de son vestiaire. Et surtout, il est directement associé au développement des jeunes joueurs, qui est le cœur du plan actuel.

Et dans la LNH moderne, ça, ça se paie.

On ne parle pas ici d’un entraîneur de transition. On parle d’un entraîneur que l’organisation veut voir accompagner son noyau jusqu’à maturité.

Et quand tu identifies ce genre de profil-là, tu ne prends pas le risque de jouer avec les années de contrat. Tu règles le dossier. Tu montres que tu es sérieux. Et souvent, tu surpaye un peu pour envoyer un message.

C’est exactement ce que Montréal a fait avec sa direction. Et tout indique que le même scénario se prépare avec son entraîneur.

Il y a aussi un élément stratégique à ne pas négliger : le marché.

Les bons entraîneurs ne courent pas les rues. Et même si St-Louis n’a pas le CV traditionnel des coachs vétérans, il a quelque chose que plusieurs organisations recherchent activement : une connexion authentique avec la nouvelle génération de joueurs, une capacité à enseigner, et une crédibilité naturelle qui ne repose pas uniquement sur son passé, mais sur sa façon de communiquer.

Les joueurs adhèrent. Et dans le hockey d’aujourd’hui, c’est souvent ce qui fait la différence entre un groupe qui progresse et un groupe qui stagne.

Alors non, il n’est pas parfait. Personne ne prétend ça. Mais il est en train de s’imposer comme une pièce stable dans une organisation qui en a manqué pendant des années derrière le banc.

Et c’est là que la prochaine négociation devient déterminante.

Parce que si les Canadiens de Montréal décident de le prolonger cet été, comme tout le monde s’y attend, ils vont devoir faire un choix clair : soit ils le paient comme un bon entraîneur… soit ils le paient comme un pilier de leur reconstruction.

Et la différence entre les deux pourrait bien le placer au sommet de la hiérarchie salariale de la LNH.

Ce qui, il n’y a pas si longtemps, aurait semblé complètement improbable pour un entraîneur embauché sans expérience, en plein milieu d’une saison perdue.

Mais aujourd’hui, ce n’est plus une surprise.

C’est la suite logique.

Il y a une autre réalité qui change complètement la perception de cette prolongation annoncée, et c’est la situation financière personnelle de Martin St-Louis.

Parce que dans son cas, parler d’un salaire de 7 millions (ce quil va empocher) par année, ça devient presque accessoire.

St-Louis n’est pas seulement un entraîneur bien payé, c’est un homme d’affaires extrêmement riche. Sa carrière de joueur lui a déjà rapporté des dizaines de millions, mais c’est surtout après sa retraite qu’il a fait exploser sa fortune.

Avec sa firme Seven7, cofondée avec Jeff Hamilton, il a investi très tôt dans des entreprises en croissance, dont LiveBarn, aujourd’hui devenue une plateforme incontournable dans les arénas à travers l’Amérique du Nord et un actif potentiellement très lucratif en cas de vente.

À ça s’ajoutent d’autres placements, des participations dans différentes entreprises et une gestion financière structurée qui lui permet de faire croître son capital en continu.

Résultat : une valeur nette qui dépasse largement celle de la majorité des entraîneurs de la LNH.

Et c’est précisément ce qui rend la suite logique.

Si les Canadiens de Montréal lui offrent un contrat qui l’amène autour de ce fameux plateau des 7 millions, ce qui circule de plus en plus dans les coulisses, ce ne sera pas pour combler un besoin financier.

Ce sera pour reconnaître son importance dans le projet. Dans un marché comme Montréal, avec la pression, la visibilité et la fiscalité qu’on connaît, ce type d’investissement devient presque incontournable pour sécuriser un entraîneur aussi central.

Et pour St-Louis, ça change tout.

Parce qu’il n’a pas besoin de courir après l’argent. Il peut négocier en position de force, choisir ses conditions, et rester pour les bonnes raisons.

Ce qui fait que cette prolongation à venir, possiblement autour de 7 millions par saison, ne sera pas seulement une question de chiffres, mais une confirmation claire de son statut au cœur de l’avenir des Canadiens de Montréal.