Quelque chose ne lâche pas dans le bureau de Kent Hughes.
Quand un directeur général appelle une fois, c’est de la curiosité.
Quand il rappelle deux fois, c’est de l’intérêt.
Quand il revient une troisième fois, ce n’est plus une rumeur : c’est une obsession contrôlée.
Et selon David Pagnotta, le Canadiens de Montréal s’est informé au moins trois fois au sujet de Jordan Kyrou.
Pas pour le plaisir.
Pas pour meubler l’agenda.
Mais parce que le CH cherche encore la pièce offensive qui fait basculer un top-6.
Kyrou, c’est le prototype du pari dangereux… mais calculé.
Un ailier explosif.
Un patineur élite.
Un gars capable de produire à un rythme de 70 points quand tout est aligné.
Et surtout, un joueur dans la fleur de l’âge, 27 ans, pas un projet de fin de carrière.
Le problème?
Le même qui revient toujours : 8,125 M$ jusqu’en 2031.
À Montréal, ce chiffre-là ne passe pas inaperçu.
Ce n’est pas juste un cap hit.
C’est une déclaration d’intention.
Ça veut dire que si le CH fait ce move-là, il ne recule plus. Il avance. Fort. Définitivement.
Mais pourquoi Kyrou?
Pourquoi insister?
Parce que le CH ne cherche plus un complément.
Il cherche un accélérateur.
La vraie projection : Kyrou sur la première ligne
Si Jordan Kyrou débarque à Montréal, ce n’est pas pour jouer les touristes sur un troisième trio.
Ce n’est pas pour boucher un trou temporaire.
Son rôle est clair dès la seconde où il met le pied au Centre Bell :
Ailier droit du premier trio.
À gauche, Cole Caufield.
Au centre, Nick Suzuki.
À droite, Kyrou.
Vitesse.
Transitions éclairs.
Pression constante sur la défensive adverse.
Kyrou est exactement le genre de joueur qui profite d’un centre intelligent comme Suzuki.
Pas besoin de lui expliquer le jeu.
Pas besoin de ralentir le tempo.
Suzuki voit les options avant qu’elles s’ouvrent. Kyrou, lui, les attaque à pleine vitesse.
Et ce lien-là, il ne sort pas de nulle part.
Kyrou et Suzuki : ce n’est pas un hasard
Ce que plusieurs oublient ... ou ignorent ... c’est que Suzuki et Kyrou ont déjà partagé la glace dans le passé.
Ce lien-là avec Nick Suzuki, il n’est pas inventé, mais il n’est pas junior non plus. Suzuki et Kyrou n’ont jamais porté le même chandail dans la OHL.
Suzuki était à Owen Sound, Kyrou à Sarnia.
Deux parcours parallèles, deux équipes différentes, mais la même génération, la même ligue, les mêmes tournois, les mêmes cercles. Ils se connaissent.
Ils se respectent. Ils se sont croisés assez souvent pour savoir exactement ce que l’autre apporte sur une glace.
Pas besoin de romantiser :
Ils parlent le même langage hockey.
Suzuki, c’est le cerveau.
Kyrou, c’est l’exécution à haute vitesse.
Dans un top-6 montréalais encore en construction, ce genre de chimie potentielle vaut de l’or.
Surtout quand l’objectif est clair : sortir le CH du statut d’équipe “intéressante” pour le faire passer à “dangereuse”.
Le contrat qui fait peur… et qui explique tout
Soyons honnêtes : si Kyrou gagnait 6,5 M$, il serait déjà ailleurs.
S’il gagnait 7 M$, le marché serait saturé.
Mais à 8,125 M$, le bassin d’acheteurs se rétrécit. Et c’est précisément là que Montréal entre en jeu.
Le CH peut absorber ce contrat.
Le CH peut se permettre le risque.
Le CH a besoin d’un joueur dans ce bracket salarial pour passer à l’étape suivante.
C’est pour ça que Kent Hughes rappelle.
C’est pour ça que le dossier ne meurt jamais.
Le vrai jeu dangereux
Le danger, ce n’est pas de payer Kyrou 8,125 M$.
Le danger, c’est de ne jamais payer personne.
Le danger, c’est de continuer à empiler des “bons morceaux” sans jamais ajouter la pièce qui force les adversaires à s’ajuster.
Kyrou, c’est un test de maturité pour le CH.
Un test de conviction.
Un test de timing.
Et si Montréal finit par tirer la gâchette, ce ne sera pas un caprice.
Ce sera le signe que la reconstruction a officiellement laissé place à autre chose.
Un pari.
Un gros.
Un assumé.
Un jeu dangereux à 8,125 M$… mais peut-être exactement celui qu’il faut.
À suivre...
