On parle beaucoup de centres, d’ailiers top-6 et de gros dossiers comme Jordan Kyrou ou Vincent Trocheck. Mais pendant que tout le monde regarde les projecteurs, le Canadiens de Montréal travaille aussi un autre axe, beaucoup plus discret : ajouter du papier sablé autour du noyau, sans hypothéquer l’avenir.
Et c’est exactement là que surgit un scénario que personne n’aime imaginer… mais qui commence à devenir logique : une transaction avec les Maple Leafs de Toronto.
Oui. Montréal-Toronto.
Deux rivaux historiques. Deux marchés toxiques l’un pour l’autre. Deux organisations qui évitent normalement de se parler autrement que par avocats interposés.
Mais cette année, les circonstances changent.
Toronto glisse dangereusement hors du portrait des séries. Et si la formation ontarienne décide officiellement de vendre ses joueurs autonomes imminents, Kent Hughes et Jeff Gorton vont écouter. Pas pour un coup d’éclat. Pour du soutien ciblé. Du vécu. Du “playoff hockey”.
Parce que le Canadien, aujourd’hui, ne cherche pas juste du talent.
Il cherche des gars difficiles à affronter.
Des attaquants capables de jouer en échec avant, de survivre dans les coins, de tenir leur bout quand ça brasse, et d’aider une jeune équipe à comprendre ce que veut dire jouer des matchs serrés en avril.
Du côté de Toronto, plusieurs profils cadrent exactement avec ce mandat.
Le premier nom qui circule : Calle Järnkrok. (UFA cet été, salaire de 2,1 M$)
Un ailier responsable, capable de jouer partout dans l’alignement, fiable défensivement, intelligent sans la rondelle. Pas spectaculaire, mais extrêmement utile dans un contexte de séries.
Il y a aussi Bobby McMann, un attaquant plus physique, capable d’amener de l’énergie sur un troisième trio, avec un certain flair offensif secondaire. Ce genre de joueur qui ne fait pas la manchette, mais qui te gagne des batailles territoriales. (UFA cet été, salaire de 1,35 M$).
Toronto demandait un choix de 1re ronde pour McCann, mais ont abaissé leurs demandes à deux choix de 2e ronde.
Il ne faut pas oublier un nom qui colle parfaitement à ce que recherche le Canadiens de Montréal en ce moment: celui de Scott Laughton. (UFA cet été, salaire de 1,5 M$).
On parle d’un attaquant intense, capable de jouer au centre ou à l’aile, fiable défensivement, agressif en échec avant et surtout bâti pour le hockey de séries. Laughton n’est pas un joueur de finesse, mais il joue droit, il joue dur, il bloque des tirs, gagne ses batailles le long des rampes et accepte les missions ingrates sans broncher, exactement le genre de profil que Montréal n’a pas assez dans son top-9.
Ce n’est pas une vedette, mais c’est un moteur émotionnel, un gars qui élève son jeu quand ça devient lourd, et qui peut stabiliser un troisième trio tout en dépannant plus haut dans l’alignement au besoin.
Dans un contexte où Kent Hughes cherche du “papier sablé” sans sacrifier l’avenir, Laughton représente le prototype même de l’ajout intelligent : impact immédiat, identité séries, coût raisonnable… et zéro compromis sur les actifs majeurs.
À la ligne bleue, le nom de Troy Stecher est aussi sur les radars comme défenseur de profondeur : mobile, combatif, utile en rotation si Montréal veut se protéger contre une blessure en séries ou l'incompétence d'Arber Xhekaj et de Jayden Struble.
Et même à l’interne, Toronto a un profil comme Steven Lorentz, centre énergique, très impliqué physiquement, parfait pour un quatrième trio qui doit user l’adversaire.
Aucun de ces joueurs n’est une vedette.
Mais ce sont exactement ces profils que le Canadien n’a pas en surplus.
Et surtout : ce sont tous des contrats expirants.
C’est là que le dossier devient intéressant.
Historiquement, Montréal et Toronto ne transigent presque jamais ensemble. Depuis plus de vingt ans, on compte les échanges sur les doigts d’une main. La rivalité rend chaque décision radioactive. Aucun DG ne veut être celui qui “a aidé Toronto”… ou vice-versa.
Mais ici, on ne parle pas de joueurs de concession.
On parle de vétérans de soutien.
Pour Toronto, s’ils glissent officiellement vers une posture de vendeurs, l’équation est simple : mieux vaut récupérer un choix de milieu de repêchage ou un espoir B que de perdre ces gars-là pour rien en juillet.
Pour Montréal, c’est encore plus clair : ajouter un attaquant papier sablé pour un prix raisonnable colle parfaitement avec la phase actuelle du projet.
Le Canadien n’est pas en mode “all-in”.
Mais il est rendu à l’étape “solidifier la structure”.
Kent Hughes ne donnera pas Michael Hage.
Il ne touchera pas à David Reinbacher.
Il ne videra pas Laval.
Mais des choix de 2e ronde? Un espoir secondaire? Ça, c’est exactement le genre de monnaie d’échange qu’on utilise pour aller chercher ce type de vétéran.
Et c’est pour ça que, malgré le malaise culturel, ce scénario existe.
Toronto pourrait récupérer un actif.
Montréal pourrait ajouter du muscle et de l’expérience.
Personne ne compromet son avenir.
D’un point de vue strictement hockey, c’est propre.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que le Canadien ne cherche plus seulement à être bon.
Il cherche à devenir désagréable à jouer contre.
On l’a vu contre Washington en 2025 : quand le jeu devient lourd, Montréal manque encore de robustesse.
C’est exactement ce que ces joueurs peuvent apporter.
Alors oui, l’idée d’un échange entre Montréal et Toronto fait grincer des dents.
Mais à la date limite, les émotions comptent moins que la valeur.
Et si les Maple Leafs tombent officiellement vendeurs, ne sois pas surpris si le Canadien décroche le téléphone.
Ce ne sera pas un blockbuster.
Ce ne sera pas un vol.
Ce sera un de ces petits deals discrets… qui prennent tout leur sens quand les séries commencent.
Parce que parfois, même entre ennemis jurés, les besoins hockey finissent par parler plus fort que l’histoire.
