À mesure que la saison avance, une chose devient impossible à ignorer : le Canadien de Montréal ne pourra pas compléter sa transformation sans frapper fort à la ligne bleue.
Kent Hughes doit absolument corrige une faiblesse flagrante que même la progression fulgurante de l’attaque ne peut plus masquer.
Quand Dany Dubé affirme que l’attaque du CH a atteint un point de maturité rarement vu à Montréal à un âge aussi jeune, mais que la défensive, elle, régresse, il ne parle pas d’un détail technique. Il parle d’un déséquilibre fondamental.
Le genre de trou qui ne se règle ni avec de la patience, ni avec un ajustement de système, ni avec un discours inspirant de Martin St-Louis.
La réalité fait mal : Montréal est trop petit, trop léger et trop dépendant de quelques individus pour aspirer à survivre en séries. Et Kent Hughes le sait.
C’est exactement pour ça que, depuis quelques semaines, le marché des défenseurs s’active autour du Canadien. Pas du côté des prospects (Reinbacher doit rester à Laval), mais du côté des vétérans sur le matché des transactions capables de jouer maintenant, d’absorber des minutes difficiles et de changer la ligne bleue du CH.
Les candidats de Cogeco font de plus en plus jaser.
Rasmus Andersson : le prototype parfait… et le prix qui fait peur...
Si le Canadien avait une liste idéale, Rasmus Andersson serait probablement en haut. Droitier, massif, utilisé depuis des années contre les meilleurs trios adverses, capable de jouer plus de 23 minutes par match dans toutes les situations.
À Calgary, la reconstruction avance lentement, et Andersson devient l’actif logique à liquider avant son autonomie complète en 2026.
C’est exactement le genre de défenseur que Dany Dubé décrit. Le problème, évidemment, c’est le prix. Un premier choix est garanti. Un jeune joueur établi pourrait aussi être exigé. Et c’est là que des noms comme Xhekaj, Struble ou Engström entrent dans la discussion. Andersson transformerait immédiatement la brigade défensive du CH, mais il forcerait aussi une décision douloureuse.
Mario Ferraro : l’efficacité silencieuse.
Moins spectaculaire, mais tout aussi pertinent, Mario Ferraro représente une option beaucoup plus réaliste. Gaucher, oui, mais capable de jouer à droite. Solide physiquement, constant, prêt à bloquer des tirs, à manger des minutes, à faire le sale boulot sans attirer l’attention.
Ferraro n’est pas un quart-arrière. Il n’est pas là pour faire briller la feuille de pointage. Il est là pour réduire la pression sur Hutson, Matheson et Dobson (et Guhle), et permettre au CH de ne plus vivre dans l’urgence défensive à chaque présence prolongée.
Son contrat est raisonnable, son âge est parfait, et son profil colle exactement à ce que Montréal cherche : un défenseur fiable avant d’être excitant.
Connor Murphy : le shutdown pur.
À Chicago, Connor Murphy est l’un des rares joueurs qui coche encore la case « défenseur de séries ». Grand, robuste, droitier, spécialisé dans les missions défensives lourdes, Murphy est disponible parce que les Blackhawks sont vendeurs, point final.
Il n’apporte pas d’attaque. Il n’embellira pas les faits saillants. Mais il change la façon dont une équipe se fait attaquer.
Avec Murphy dans l’alignement, les adversaires réfléchissent avant d’entrer en zone avec vitesse. C’est exactement le type de joueur que Montréal n’a pas… et dont il aura désespérément besoin en avril.
Justin Faulk : le cheval de bataille.
À St. Louis, Justin Faulk est un dossier intéressant. Droitier, polyvalent, capable de jouer à gauche ou à droite, expérimenté, fiable. Son contrat est plus lourd (6,5 M$ jusqu'en 2027), mais son profil est rassurant pour une équipe qui veut stabiliser sans improviser.
Faulk n’est pas une solution à long terme de dix ans. Mais pour un CH qui entre dans sa fenêtre compétitive, il représente un pont crédible entre la jeunesse actuelle et les ambitions de séries.
Le point commun : ils remplacent un problème, pas un joueur.
Ce qui relie tous ces noms, ce n’est pas leur talent offensif. C’est leur capacité à prendre des minutes que Xhekaj et Struble ne peuvent pas prendre. Désavantage numérique. Fin de match. Pression constante. Hockey de séries.
Et c’est là que la conclusion fait mal pour le shérif et Struble.
Quand un analyste comme Dany Dubé dit que le Canadien doit arrêter de courir après des attaquants glamour pour se concentrer sur un défenseur de premier plan, il parle d’une décision imminente. Et dans cette décision, certains défenseurs internes deviennent automatiquement vulnérables.
Le CH ne peut pas tout garder. Il ne peut pas tout développer en même temps, surtout quand Martin St-Louis ne fait aucunement confiance à Xhekaj.
Et il ne peut surtout pas entrer en séries avec une brigade qui se fait écraser physiquement dès que le tempo monte.
Le prochain grand coup de Kent Hughes ne sera pas sexy.
Mais il pourrait être déterminant.
