Acquisition d’un monstre russe : Kent Hughes veut ajouter 6’6 de chaos

Acquisition d’un monstre russe : Kent Hughes veut ajouter 6’6 de chaos

Par André Soueidan le 2026-02-25

La course aux séries ne se gagne pas avec des sourires. Elle se gagne avec des épaules larges, des patins lourds et des joueurs capables de faire mal pendant sept matchs de suite.

À Montréal, le message commence à être clair.

Kent Hughes ne cherche pas seulement du talent. Il cherche du poids. Du mordant. Du chaos contrôlé.

Et parmi les profils qui circulent présentement sur le radar des équipes agressives à l’approche de la date limite, un nom attire l’attention : Alexey Toropchenko, ailier des Blues de St. Louis.

6 pieds 6 pouces.

225 livres.

26 ans.

Un patineur étonnamment fluide pour un homme de ce gabarit.

Ce n’est pas une vedette. Ce n’est pas un top 6. Ce n’est pas un marqueur de 30 buts.

Mais en séries? C’est exactement le type de pièce qui change une dynamique.

St. Louis, encore

Ce n’est pas un hasard si le lien se fait.

Kent Hughes a déjà transigé avec les Blues pour aller chercher Zachary Bolduc. Les deux organisations se connaissent. Doug Armstrong n’a jamais fermé la porte aux discussions quand il s’agit d’ajuster son alignement.

Et à St. Louis, plusieurs joueurs pourraient bouger.

Toropchenko a signé une prolongation de deux ans plus tôt cette saison. Ce n’est pas un joueur de location. Ce n’est pas un contrat toxique. Ce n’est pas un pari à court terme.

C’est un gars qui peut s’inscrire dans une structure.

Ce qui rend la chose encore plus intéressante, c’est le profil.

Montréal manque encore de lourdeur naturelle dans sa rotation.

Oui, Arber Xhekaj apporte du muscle.

Oui, Josh Anderson peut frapper.

Mais à l’avant, dans le bas de l’alignement, l’équipe reste vulnérable quand le jeu se transforme en guerre de tranchées.

Toropchenko, lui, est bâti pour ce genre de hockey.

Le genre de joueur qui dérange

On ne parle pas ici d’un artiste.

On parle d’un joueur qui peut :

Gagner des batailles le long des rampes

Couper les lignes de passe en désavantage numérique

Patiner assez vite pour presser en échec avant

Écraser un défenseur adverse et changer le momentum

Et surtout… rester dans l’alignement.

Dans une série éliminatoire, les blessures s’accumulent. Les rotations deviennent cruciales. Les quatrième trios font la différence quand les deux premières unités sont neutralisées.

Imagine une rotation où, au lieu d’avoir un ailier en difficulté ou un joueur offensif en perte de confiance, tu peux insérer un monstre de 6’6 qui joue simple, physique, direct.

C’est le genre d’assurance que recherchent les équipes qui veulent survivre en mai.

Le contraste avec Laine

Soyons francs.

Si Montréal veut vraiment se durcir pour les séries, la réflexion devient évidente.

Préférerais-tu avoir en rotation un ailier imposant, responsable défensivement, capable de faire reculer une défense…

Ou un Patrick Laine en perte de vitesse, qui n’a plus sa place naturelle dans l’alignement et qui devient un luxe encombrant?

La profondeur offensive, le Canadien l’a presque.

Caufield.

Suzuki.

Demidov.

Slafkovsky.

Kapanen.

Texier

Ce qui manque, c’est l’intimidation intelligente.

Le joueur qui n’a pas besoin de produire pour influencer un match.

Toropchenko entre exactement dans cette catégorie.

Un pari cohérent

Le plus fascinant dans ce dossier, c’est que le Canadien n’a pas besoin de sacrifier l’avenir pour obtenir ce genre de profil.

On ne parle pas d’un premier choix.

On ne parle pas d’un espoir élite.

On parle d’un ajustement stratégique.

Un ajout ciblé.

Un message envoyé au vestiaire : on ne se contente plus d’être mignons et talentueux. On veut être désagréables à affronter.

Et dans une Conférence Est où les séries se jouent souvent à coups d’avant-bras et de mises en échec dans le coin de la patinoire, ça compte.

Le vrai signal

L’intérêt pour un profil comme celui-là ne signifie pas que Montréal abandonne sa philosophie.

Ça signifie que le projet évolue.

Quand une équipe commence à regarder des joueurs de profondeur physique au lieu de seulement collectionner des espoirs et des marqueurs, ça veut dire une chose :

Elle se voit en séries.

Et elle veut y rester.

Kent Hughes ne cherche pas un nom glamour.

Il cherche 6 pieds 6 pouces de chaos maîtrisé.

Et si cette pièce s’ajoute au puzzle?

Ce ne sera pas la transaction la plus spectaculaire de l’année.

Mais ce pourrait être celle qui fait la différence quand le hockey devient brutal.

À suivre.