Il se passe quelque chose entre le Canadiens de Montréal et les Panthers de la Floride.
Ce n’est pas un blockbuster.
Ce n’est pas un coup de tonnerre à 8 ou 9 millions par année.
C’est plus subtil. Plus stratégique. Plus identitaire.
Kent Hughes cherche du papier sablé. Un vrai. Un plombier capable de frapper, d’imposer le rythme, de changer l’énergie d’un match en un seul échec avant. Et dans les discussions qui circulent présentement, un nom revient avec insistance : A.J. Greer.
Et ce n’est pas un hasard.
Greer, 29 ans, 6 pieds 3 pouces, 209 livres. Un train sur patins. Un attaquant né à Joliette, grandi à patiner sur les rivières et dans les parcs de Repentigny. Un gars du Québec. Un gars qui comprend le marché. Un gars qui ne serait pas paralysé par la pression du Centre Bell.
Cette saison, il connaît la meilleure production de sa carrière : 11 buts, 10 passes, 21 points en 57 matchs. Ce ne sont pas des chiffres de superstar, mais ce sont des chiffres élites pour un joueur d’énergie qui commence souvent ses présences en zone défensive et termine ses présences dans la peinture adverse.
Et il ne fait pas juste marquer.
Il frappe tout ce qui bouge.
A.J. Greer with a THUNDEROUS hit that sent a Canes player tumbling 😱 pic.twitter.com/2OSnS9LlZn
— B/R Open Ice (@BR_OpenIce) January 3, 2025
L’an dernier : 130 minutes de pénalité.
Cette saison : déjà 88 minutes.
Il dérange. Il fatigue. Il provoque. Il fait dérailler les défenseurs adverses. Exactement le type de profil que le Canadien n’a pas assez dans son top 9 quand les séries deviennent lourdes et que l’espace disparaît.
Surtout, c'est un petit baveux qui n'a aucun principe:
AJ Greer took Jake Walman's glove away and tossed it into the bench 😭 pic.twitter.com/MzYAkVUOc5
— B/R Open Ice (@BR_OpenIce) June 10, 2025
Et il fait mal... trè mal...
Sean Walker heads to the dressing room after taking a massive hit from A.J. Greer pic.twitter.com/pI0t9m9svl
— Sportsnet (@Sportsnet) May 23, 2025
Ce qui est fascinant avec Greer, c’est son évolution.
Il ne se contente plus d’être un gars de quatrième trio. Sous Paul Maurice, il a gagné une vraie crédibilité. Il a joué avec Sam Bennett et Carter Verhaeghe. Il a été utilisé dans un top 6 à certains moments. Maurice a loué sa capacité à jouer simple, efficace, sans forcer des jeux inutiles. Il a parlé de son tempo, de son énergie constante, de sa robustesse intelligente.
Greer a expliqué lui-même que la Coupe Stanley remportée au printemps dernier lui a donné une confiance nouvelle. Il ne joue plus pour survivre dans la ligue. Il joue pour impacter.
Et ce détail est crucial.
Le Canadien ne cherche pas juste un bagarreur.
Il cherche un joueur capable de contribuer quand ça compte.
Contractuellement, le dossier est encore plus intéressant.
Greer devient joueur autonome sans compensation le 1er juillet. C’est une location potentielle. Son salaire est modeste. Il ne coûterait pas un espoir premium. Pas un choix de première ronde. On parle d’un actif raisonnable. Un choix intermédiaire. Peut-être un jeune joueur en périphérie.
Pour Montréal, c’est le type de mouvement intelligent qui renforce une identité sans hypothéquer l’avenir.
Il faut aussi comprendre le contexte floridien.
Les Panthers sont dans une position ambiguë. Des blessures importantes. Une lutte au classement. S’ils décident de pivoter légèrement vers 2026-2027, échanger un joueur autonome à venir comme Greer devient logique. Ils maximisent un actif au lieu de le perdre pour rien.
Et du côté montréalais, le besoin est clair.
Le Canadien est plus talentueux qu’il y a deux ans. Plus rapide. Plus créatif. Mais quand ça devient physique, quand ça devient sale dans les coins, qui impose le ton régulièrement?
Arber Xhekaj le fait à l’arrière, mais à l’avant?
Greer amènerait ce mélange rare : robustesse + expérience de Coupe + capacité à jouer dans un top 9 sans couler une ligne.
Il connaît aussi l’atmosphère des grands événements. Il vient de vivre la Classique hivernale en Floride. Il parlait récemment de ses souvenirs d’enfance à patiner dehors à Joliette et Repentigny. Il parlait de son fils de deux ans qu’il a fait patiner sur la glace extérieure avant un match historique. Ce n’est pas juste un joueur physique. C’est un gars ancré. Un joueur mature. Un père. Un vétéran qui comprend la portée d’un vestiaire.
Et ça, dans une équipe jeune comme Montréal, ça compte énormément.
Kent Hughes ne pourra peut-être pas réaliser la transaction structurante qu’il souhaite d’ici le 6 mars s’il doit d’abord régler le dossier Patrik Laine. Mais rien ne l’empêche d’ajouter un profil comme Greer maintenant.
Ce serait un signal clair.
Le Canadien ne vend pas son futur.
Il protège son noyau.
Mais il ajoute des morceaux qui rendent l’équipe plus dure à jouer.
A.J. Greer ne fera pas exploser les manchettes.
Mais en avril, quand les mises en échec doublent et que chaque présence coûte cher, c’est exactement le type de joueur que les entraîneurs adorent avoir sur le banc.
Et en ce moment, tout indique que Montréal pousse sérieusement dans ce dossier.
Un plombier physique.
Un Québécois.
Un champion.
Parfois, les transactions les plus intelligentes ne sont pas les plus spectaculaires.
Elles sont les plus cohérentes.
