Acquisition d’une peste à Montréal: les Sharks vendent à rabais

Acquisition d’une peste à Montréal: les Sharks vendent à rabais

Par David Garel le 2026-02-27

Wow. Les Sharks abandonnent déjà Kiefer Sherwood.

Rappelons que le Canadien de Montréal était grandement intéressé à Sherwood avant qu’il ne quitte les Canucks pour les Sharks.

Kent Hughes voyait en lui un ailier de soutien capable d’ajouter du mordant à un bottom-six parfois trop poli : 30 ans, 1,5 M$ de cap hit, énergie constante, pression en échec avant, jeu responsable en zone défensive. Le prototype parfait du joueur de séries à faible coût.

Le problème, c’est le prix.

San Jose, qui venait de l’acquérir des Canucks de Vancouver, avait payé deux choix de deuxième ronde pour lui dans un contexte d’achat agressif.

Mais cinq défaites consécutives ont suffi pour faire basculer les Sharks de San Jose du statut d’acheteur à celui de vendeur. D’un coup, le pari de « dernière pièce du puzzle » s’est transformé en gestion d’actif.

Selon Pierre LeBrun, si aucune prolongation n’est signée avant la date limite, Sherwood sera remis sur le marché. Pourquoi? Parce que garder un agent libre en devenir quand tes chances de séries sont mortes, c’est de la mauvaise gestion. Point.

Ce qui est fascinant, c’est l’ajustement de valeur.

San Jose a payé deux deuxièmes rondes en position de force.

Aujourd’hui, en position de faiblesse, la valeur projetée tourne autour d’un seul choix de deuxième ronde.

C’est le marché. Brutal.

Et pendant ce temps, à Montréal, la situation n'a pas changé.

À l’époque où le CH poussait pour Sherwood, l’idée était d’ajouter du grit à faible coût pour solidifier un groupe jeune.

Plus la saison avance, c'est le même problème qui revient.

On manque de méchanceté, de robustesse, de dureté, alors que l'équipe est beaucoup trop soft.

Montréal a rarement l’occasion de mettre la main sur un joueur qui semble taillé sur mesure pour ses besoins les plus criants.

Parce que pendant que le CH joue propre, rapide, mou… Sherwood joue sale, lourd, fatigant.

Regardons les faits.

Cette saison :

46 matchs.

17 buts.

6 passes.

23 points.

Environ 17:30 de temps de jeu moyen.

Utilisé en désavantage numérique.

Il a fracassé le record de de la LNH avec 460 mises en échec la saison dernière. (le record précédent était de 384).

Top 30 de la ligue pour les pressions efficaces en échec avant.

Ce n’est pas juste un agitateur.

C’est un joueur de troisième trio qui produit à un rythme de 20-25 buts sur 82 matchs tout en jouant physique.

Pierre LeBrun l’a résumé ainsi : son style de jeu « crie séries ».

Et David Pagnotta a confirmé que Montréal fait partie des équipes qui sondent le marché.

Pourquoi?

Parce qu’un ailier robuste à 1,5 M$, capable de jouer 17–18 minutes, de frapper, de déranger, d’aller dans l’enclave, ça ne court pas les rues.

Exactement le type de joueur qui manque au CH quand les matchs deviennent laids.

Un gars qui provoque et qui promet l’enfer à ses coéquipiers.

Et soyons honnêtes : le Canadien est encore trop soft.

Quand ça chauffe, quand ça frappe, quand ça grogne, il n’y a pas assez de joueurs qui répondent.

Sherwood, c’est du vrai papier sablé.

Un gars qui marque les chevilles, dérange les gardiens, finit ses mises en échec et revient au prochain shift comme si de rien n’était.

Le prix?

Probablement un choix de 2e ronde.

Peut-être un peu plus si la surenchère s’installe.

Mais pour un joueur de 30 ans, à 1,5 M$, qui apporte exactement ce que le Canadien n’a pas?

C’est un risque mesuré.

Si Martin St-Louis veut bâtir une équipe capable de survivre en avril, il faudra plus que du talent. Il faudra du caractère, du poids, de la présence.

Sherwood coche toutes ces cases... pour faire du CH une équipe d'hommes... et non de princesses trop molles pour les séries éliminatoires.