La colère qui monte à Montréal après la transaction de Kiefer Sherwood aux Sharks n’est pas dirigée vers San Jose.
Elle est dirigée vers Kent Hughes et surtout vers une réalité qui frappe en plein visage : le Canadien a déjà brûlé une munition qu’il aurait dû garder.
Deux choix de deuxième ronde pour Sherwood. Voilà le prix réel, noir sur blanc, du marché actuel. Et le fait de voir que les Sharks n'ont pas sacrifié un espoir de premier plan nous pue au nez.
Et c’est exactement là que le malaise commence pour le CH.
Parce que le Canadien n’avait plus cette flexibilité-là. Pourquoi? Parce qu’il a déjà donné un choix de deuxième ronde élevé pour Phillip Danault.
Un choix qui avait été acquis à Columbus dans la transaction de Patrik Laine et qui, aujourd’hui, se projette dans le top 40-50.
Un choix qui aurait été exactementle type de monnaie nécessaire pour être agressif dans un dossier comme Sherwood.
Montréal avait encore un choix de 2e ronde en 2026. Donc, Kent Hughes aurait pu faire comme les Sharks et combiner ce choix avec son choix de 2e ronde de 2027. Mais le DG du CH a décidé de ne pas suivre.
Pas parce que Sherwood ne valait pas le prix.
Mais parce que le CH avait déjà payé trop cher ailleurs.
Et ce “ailleurs”, c’est Danault.
Kiefer Sherwood, c’est tout ce que le Canadien prétend rechercher depuis deux ans :
Un attaquant de puissance.
De l’impact physique constant
De l’intensité réelle
Un joueur bâti pour les séries
210 mises en échec. Deuxième dans toute la LNH. (il était premier la saison dernière)
17 buts cette saison.
19 buts et 40 points l’an dernier.
Salaire de 1,5 M$.
Ce n’est pas une vedette.
C’est un joueur qui change la température d’un match.
Et pendant que les Sharks acceptent de payer deux choix de deuxième ronde pour ça, Montréal regarde passer le train… parce qu’il a déjà vidé une cartouche pour un joueur qui, aujourd’hui, ne suit plus le rythme.
Phillip Danault, depuis son arrivée, c’est brutalement clair :
Utilisation en chute libre.
Temps de glace réduit (à peine 10 minutes lors du dernier match)
Différentiel négatif.
Aucun impact offensif.
Incapable de suivre le tempo contre des équipes rapides.
Il gagne des mises au jeu.
Et c’est à peu près tout.
Pendant ce temps-là, Joe Veleno joue plus que lui.
Jake Evans revient et passe devant.
Kirby Dach s’en vient.
Patrik Laine suivra.
Et soudainement, une question devient impossible à éviter :
Qu’est-ce que tu fais avec Danault?
Parce que la hiérarchie parle d’elle-même.
Quand un vétéran à 5,5 M$ l’an prochain tombe derrière Veleno dans l’utilisation, ce n’est pas un hasard.
C’est un message.
Et ce message, il est encore plus violent quand on réalise que le Canadien n’a pas pu se permettre Sherwood précisément à cause du prix payé pour Danault.
C’est là que la frustration explose chez les partisans.
Sherwood n'est pas un futur All-Star.
Mais il représente le type exact de joueur que le CH aurait dû pouvoir ajouter, sans se poser de questions.
Or, Kent Hughes s’est lié les mains lui-même.
Il a parié sur Danault.
Et ce pari l’empêche maintenant de suivre le marché.
Les Sharks, eux, ont décidé que le temps de “juste accumuler” était terminé. Ils veulent entourer Celebrini, Smith, Eklund avec des joueurs prêts à encaisser, frapper, déranger. Ils ont payé le prix. Ils assument.
Le Canadien, lui, regarde la facture… et réalise qu’il a déjà payé ailleurs.
C’est pour ça que cette transaction fait mal à Montréal.
C’est une question d’opportunité manquée causée par une décision de ramemer un "has been" québécois.
Et plus Danault descend dans la hiérarchie, plus cette décision devient lourde.
Parce qu’au final, ce n’est pas San Jose qui a surpayé.
C’est Montréal qui n’avait plus les moyens de payer quand ça comptait vraiment. Ou plutôt qui ne voulait pas payer, car Hughes ne pouvait supporter l'idée de ne plus avoir de choix de 2e ronde, ni en 2026, ni en 2027.
Et ça, pour un club en reconstruction qui prétend contrôler son calendrier… c’est extrêmement inquiétant.
