Kent Hughes ne pourra jamais dire qu’il n’a pas essayé.
Depuis le début de l’été, le directeur général du Canadien multiplie les appels partout à travers la Ligue nationale. Tous les grands noms sont passés sur son bureau. Dylan Larkin. Bo Horvat. Jared McCann. Shane Wright. Elias Pettersson. Connor McDavid. Pavel Zacha. Rickard Rakell. Bryan Rust. Ryan O’Reilly. Steven Stamkos. Kirill Marchenko. Morgan Frost. Alexis Lafrenière. Braden Schneider. Zach Whitecloud. Rasmus Ristolainen.
Chaque fois qu’un joueur de premier plan ou de second ordre semblait susceptible de bouger, le téléphone de Kent Hughes sonnait. Ou plutôt, c’était lui qui appelait.
Mais voilà qu’une nouvelle liste vient d’être dévoilée par "The Sick Podcast"… et un nom surgit complètement de nulle part.
Josh Manson.
Personne n’avait parlé de lui jusqu’à aujourd’hui, surtout parce qu'il s'agit d'un autre gaucher.
Et pourtant, plus on regarde son profil, plus on comprend pourquoi le Canadien s’est renseigné.
Le besoin principal du Canadien demeure exactement le même depuis la fin des séries : trouver un défenseur capable d’absorber les missions difficiles et physiques afin d’enlever de la pression à Lane Hutson et à Mike Matheson si Kaiden Guhle se blesse encore.
Ou s'il finit par être échangé, alors que le nom du défenseur a circulé sur le marché des transactions pendant tout l'été.
Oui, David Reinbacher représente l’avenir, est droitier, mais personne ne sait s'il sera prêt pour la LNH dès le camp
Noah Dobson et Lane Hutson changent complètement le portrait de la brigade défensive, mais Kent Hughes sait qu’une équipe aspirante ne peut pas arriver en séries avec seulement de jeunes défenseurs soft.
C’est précisément là où Josh Manson devient la clé selon The Sick Podcast.
À 35 ans le 7 octobre prochain, le défenseur de l’Avalanche n’est plus le joueur qui disputait plus de 23 minutes par rencontre à Anaheim.
Son temps de glace a diminué. Il évolue maintenant davantage dans un rôle de profondeur au Colorado, derrière Cale Makar, Devon Toews et Brett Kulak, qui a même obtenu davantage de responsabilités à certains moments de la dernière saison. Deux années de contrat lui restent à écouler, à un salaire annuel très raisonnable de 3,95 millions de dollars. Une somme qui devient presque une aubaine avec l’explosion du plafond salarial.
Le détail le plus intéressant?
Son contrat contient une clause de non-échange limitée à douze équipes.
Une transaction demeure parfaitement réaliste si Montréal ne figure pas sur cette liste.
Évidemment, plusieurs vont immédiatement soulever la même objection.
« Pourquoi aller chercher un autre gaucher? »
Depuis plusieurs saisons, Kaiden Guhle alterne déjà entre les deux côtés de la défense... et l'infirmerie.
Mike Matheson l’a fait. Joel Edmundson l’a fait avant lui. Plusieurs entraîneurs préfèrent parfois déplacer un gaucher du côté droit plutôt que de sacrifier l’expérience, la robustesse et le leadership d’un vétéran capable de gagner des batailles le long des rampes.
En séries éliminatoires, ce genre de compromis devient fréquent. Le Canadien ne chercherait pas nécessairement un droitier pur. Il cherche surtout un défenseur capable de jouer de grosses minutes lorsque les matchs deviennent extrêmement physiques.
Et c’est exactement ce que représente Josh Manson.
On ne l’acquiert pas pour produire cinquante points.
On ne l’acquiert pas pour diriger un avantage numérique.
On l’acquiert parce que chaque printemps finit toujours par ressembler à une guerre de tranchées. Les espaces disparaissent. Les mises en échec augmentent. Les joueurs acceptent de souffrir pour sortir la rondelle de leur territoire. Dans ce type de hockey, Manson possède encore énormément de valeur, surtout qu'on ne connaît pas encore l'avenir d'Arber Xhekaj, qui n'est toujours pas signé, alors que Jayden Struble ne sera jamais plus qu'un 7e défenseur.
Manson est loin d’être le seul nom qui revient dans les discussions.
La liste complète des joueurs ciblés par Kent Hughes démontre clairement où se situent les priorités de l’organisation.
À la défense, Zach Whitecloud demeure probablement le candidat idéal. Fiable, robuste, droitier, excellent en désavantage numérique, il représente exactement le type de joueur qui permet de gagner des séries sans jamais attirer les projecteurs.
Braden Schneider continue également d’intriguer énormément Montréal, surtout maintenant que les Rangers seraient prêts à l’utiliser comme monnaie d’échange pour obtenir un attaquant. Rasmus Ristolainen reste lui aussi dans le décor malgré son irrégularité chronique et sa fragilité physique.
À l’attaque, la liste est encore plus impressionnante.
Bo Horvat a été approché. Les Islanders ont fermé la porte.
Kirill Marchenko continue de faire rêver l’organisation.
Morgan Frost demeure disponible si Calgary décide finalement de modifier son noyau.
Jared McCann est toujours considéré comme un candidat extrêmement intéressant en raison de sa polyvalence.
Rickard Rakell et Bryan Rust reviennent constamment dans les discussions entourant Pittsburgh.
Ryan O’Reilly et Steven Stamkos pourraient devenir des possibilités si Nashville finit par accepter que son projet actuel ne fonctionne plus.
Même Vasily Podkolzin, Mathieu Olivier, Alexis Lafrenière et Teuvo Teräväinen figurent parmi les profils analysés.
Cette liste raconte finalement une histoire beaucoup plus importante que chacun des noms qui la composent.
Elle démontre que Kent Hughes ne cherche plus un projet.
Il cherche un impact immédiat.
Le temps où le Canadien accumulait simplement des choix de repêchage est terminé. Aujourd’hui, Hughes est prêt à sacrifier des espoirs, des choix de première ronde et même certains jeunes joueurs déjà établis si cela lui permet d’ajouter le bon morceau. Il l’a lui-même reconnu : la reconstruction est rendue à une étape où il est prêt à surpayer… à condition qu’il s’agisse du bon joueur.
Lorsqu’on regarde tous les noms qui ont circulé depuis juin, une tendance saute immédiatement aux yeux.
Kent Hughes ne cherche plus des joueurs capables de participer aux séries.
Il cherche des joueurs capables de gagner la Coupe Stanley.
Josh Manson est peut-être le dernier nom à s’ajouter à cette liste.
Mais il ne sera probablement pas le dernier dossier que le directeur général explorera.
Le téléphone continue de sonner.
La vraie question est maintenant de savoir quand Kent Hughes cessera simplement d’appeler... et décidera enfin d’appuyer sur la gâchette.
