Adam Engström inquiète sérieusement : Martin St-Louis ne peut pas fermer les yeux

Adam Engström inquiète sérieusement : Martin St-Louis ne peut pas fermer les yeux

Par William Petit Lemay le 2026-04-15

Le cas d’Adam Engström met Martin St-Louis devant une vraie décision.

Pas une décision théorique. Une décision concrète, imminente, avec les séries qui arrivent.

Personne ne remet en question le talent d’Engström. La rondelle sort bien de sa zone, il patine avec confiance, il fait rarement le mauvais jeu. À 22 ans, il donne exactement ce qu’un jeune défenseur peut offrir dans un contexte normal. Le travail a été bien fait avec lui, ça se voit.

Mais les séries, ce n’est pas un contexte normal.

C’est là que le portrait devient plus délicat.

En 15 matchs, il a une passe. Sept mises en échec. Ce n’est pas dramatique. Mais ça décrit bien le joueur qu’il est en ce moment : un défenseur qui joue propre… sans vraiment déranger.

Et contre le Tampa Bay Lightning, ça ne passera pas.

Parce que Tampa ne te laisse pas respirer. Chaque rondelle devient une bataille. Chaque présence devant le filet tourne à l’usure. Tu dois être capable de tenir ton espace, de repousser, de faire sentir que tu es là.

Sinon, l’adversaire s’installe.

Et quand Tampa s’installe, ça devient long.

Très long.

Engström, lui, ne triche pas. Il essaie de bien faire les choses. Mais on sent qu’il joue encore avec une certaine retenue. Il accompagne le jeu plus qu’il ne l’impose. Et à ce moment de l’année, cette nuance-là devient énorme.

Ce n’est pas une critique gratuite. C’est une observation.

Le Canadien a déjà vécu ce genre de scénario. L’an dernier, contre les Washington Capitals, certains joueurs ont été ciblés, match après match. Pas parce qu’ils n’étaient pas bons. Parce qu’ils étaient identifiés comme attaquables physiquement.

Et ça a fini par faire mal.

Cette série-là sert encore de référence aujourd’hui. Elle plane au-dessus des décisions.

Ajoute à ça l’absence de Noah Dobson pour commencer les séries, et tout devient plus serré. Les minutes doivent être réparties différemment. Les responsabilités changent. Chaque joueur dans le top 6 doit être capable d’encaisser.

Pas seulement de jouer.

Encaisser.

C’est là que le profil d’Engström pose question.

Parce qu’à côté de lui, il y a des gars comme Arber Xhekaj et Jayden Struble qui amènent autre chose. Une présence. Une réponse immédiate quand ça brasse. Une façon de calmer le jeu… ou de le faire monter d’un cran quand il le faut.

Ce sont des outils qui comptent en séries.

Beaucoup plus qu’en saison régulière.

Engström n’a pas encore ça dans son jeu. Pas complètement. Et ce n’est pas une question d’effort. C’est une question de style, de maturité, d’adaptation à un niveau où chaque détail devient une cible.

Est-ce qu’il peut s’ajuster?

Oui.

Mais est-ce que c’est le bon moment pour apprendre ça?

Probablement pas.

Les séries ne donnent pas de temps. Elles exposent rapidement ce qui fonctionne… et ce qui ne fonctionne pas.

Et Tampa, de son côté, ne va pas hésiter à tester cette faiblesse-là dès les premières minutes.

Encore et encore.

C’est là que Martin St-Louis doit être lucide.

Pas sur ce qu’Engström va devenir.

Sur ce qu’il est capable d’offrir maintenant.

Parce que le Canadien ne cherche pas un défenseur prometteur pour cette série. Il cherche un défenseur capable de survivre à ce qui s’en vient.

Et aujourd’hui, c’est exactement là que le doute commence à s’installer.

À suivre...