Affront public: Gavin McKenna salit sa réputation
Gavin McKenna. Toronto Sun

Affront public: Gavin McKenna salit sa réputation

David Garel
Le 2026-09-25

Gavin McKenna vient de salir sa réputation. Et l'année n'est même pas commencée.

À 18 ans, après seulement quelques matchs préparatoires dans la LNH, le premier choix au total du dernier repêchage a regardé les partisans des Maple Leafs et leur a promis la Coupe Stanley.

« Ouais, c’est l’année où on met fin à la disette. J’ai hâte de jouer devant vous pendant toute l’année et de m’assurer que vous allez faire du bruit dans les estrades. »

Hum.

Pas de réponse plate préparée par le département des communications. Pas de « on va prendre un match à la fois ». Pas de « notre objectif est de progresser ». Le jeune homme vient de débarquer à Toronto et il annonce publiquement que les Maple Leafs vont mettre fin à leur disette.

Le problème, c’est que Toronto n’a pas gagné la Coupe Stanley depuis 1967.

Chaque mot prononcé par McKenna va donc rester quelque part.

Le jeune homme vient d’ajouter une cible gigantesque dans son propre dos, alors qu’il n’a même pas encore disputé sa première saison complète dans la LNH. Il a déjà récolté son premier point avec les Leafs, une passe sur un but de John Tavares dans une victoire de 6-1 contre Ottawa, et il s’adapte rapidement à la LNH.

Mais il est très loin d'être un joueur générationnel.

Et maintenant, il vient de faire quelque chose de beaucoup plus gros, voire de ridicule : il vient de promettre la fin de la disette.

Et ça, à Toronto, ça ne disparaîtra pas.

Imaginez le scénario si les Leafs connaissent une saison ordinaire et qu'ils ratent les séries (les chances sont immenses)

Imaginez qu’ils se font sortir au premier tour. Les journalistes vont ressortir cette séquence. Les réseaux sociaux vont la ressortir pendant des années pour le ridiculiser.

Cette sortie est tellement dangereuse. Déjà le kid se fait humilier sur les réseaux sociaux.

Le jeune homme vient d’arriver dans le marché le plus intense de la LNH avec le poids du premier choix au total sur les épaules.

Mais pourquoi se mettre dans le trouble comme ça? Pourquoi de donner une réputation de "cocky" sans classe et trop arrogant&

Il met le feu aux poudres. Mais surtout, il ternit déjà son héritage.

John Tavares, lui, n’a jamais eu besoin de sortir une déclaration pareille pour comprendre la pression qui existe à Toronto. Auston Matthews non plus. William Nylander non plus. Ces gars-là savent depuis des années que chaque élimination devient une histoire nationale.

McKenna vient de choisir d’embrasser cette pression dès son arrivée. Mais la réalité est qu'il vient de se ridiculiser.

Son directeur général, John Chayka, l'aurait très mal pris.

Une recrue de 18 ans vient de placer toute l’organisation devant une promesse impossible à ignorer. Si Toronto gagne, McKenna sera célébré comme un prophète. Si Toronto perd, il sera le dindon de la farce.

Si McKenna connaît lui-même une première saison plus ordinaire que prévu, il va s'écrouler.

À Montréal, on imagine mal Ivan Demidov débarquer en conférence de presse et annoncer que le Canadien va gagner la Coupe Stanley cette année. Juraj Slafkovsky non plus. Même s'ils ont 1000 fois plus de chance que les perdants de Toronto.

Les jeunes joueurs du CH ont beaucoup plus de retenue lorsqu’on leur demande de parler des attentes autour de l’équipe.

McKenna vient de prendre le chemin complètement inverse.

Que clown.