Le silence du vestiaire à Detroit en disait long. Personne ne parlait. Personne ne voulait revivre cette séquence. Et au centre de tout ça, il y avait Mike Matheson. Le regard fuyant. L’envie de disparaître. Parce que cette erreur-là… elle est en train de faire le tour de la planète.
MIKE MATHESON GIVES IT AWAY AND ALEX DEBRINCAT PUTS THE RED WINGS ON TOP LATE 😱 pic.twitter.com/PHrbiA7EWu
— SleeperNHL (@SleeperNHL) March 20, 2026
Pas juste à Montréal. Pas juste au Québec. Partout.
Même en France, où les partisans suivent de plus en plus le Canadien à cause d’Alexandre Texier, la séquence circule.
Ridiculisée. Analysée. Rejouée en boucle. C’est devenu un moment viral. Un moment de honte. Et ça, c’est dur à encaisser pour un joueur.
Parce que oui, il y a eu de la malchance. C’est le mot qui est revenu encore et encore dans le vestiaire. Phillip Danault a tenté de calmer le jeu, de protéger son coéquipier, de ramener ça à ce que c’est parfois, le hockey.
« Ils ont obtenu des bonds favorables… il y a eu de la malchance pour nous. C’est une question de détails. La ligne est mince. Honnêtement, si on joue de la même façon, on gagne la prochaine. »
« On n'en veut pas à Mike. Il se présente toujours pour nous. Son erreur, c'est notre erreur. On est une famille. On ne lui en veut pas. »
#Habs Philip Danault on Mike Matheson turnover
— Chris G (@ChrisHabs360) March 20, 2026
"It could have happened to anyone. It's just bad luck; we learn from it and move on. It’s really not personal. We know how solid and important he is to our team in every aspect of the game. Mike is quite a defenseman; it was just a… pic.twitter.com/9ij7PHx9lu
Même discours pour expliquer le premier but, ce tir qui dévie, ce rebond qui tombe du bon côté pour Detroit. Même discours pour dire que ça se joue à rien.
Mais la vérité, elle est plus dure que ça.
Parce qu’il y a des erreurs que tu peux expliquer… et d’autres que tu ne peux pas cacher.
Et le revirement de Matheson en fait partie.
Une rondelle mal gérée. Une décision lente. Une perte de contrôle en pleine zone défensive. Et soudainement, Alex DeBrincat se retrouve seul devant le filet. Le pire scénario possible. Le genre de joueur que tu ne veux jamais laisser respirer.
But.
Game over.
Et même si St-Louis a tenté de diluer ça dans le discours collectif (« leurs deux buts viennent de revirements… un à 200 pieds, l’autre sur un mauvais bond, un peu de malchance »), tout le monde sait que ce genre de jeu-là, à ce moment précis de la saison, ça ne peut pas arriver.
Parce que pendant que le Canadien parle de malchance…
Le classement, lui, ne ment pas.
Trois défaites en quatre matchs. Une attaque qui s’essouffle. Une équipe qui contrôlait le match, oui… mais incapable de le fermer.
« On a joué un match mature… c’est plate de ne pas aller chercher de points parce qu’on était là », a répété Martin St-Louis.
Toujours ce même discours. Toujours ce “on était là”.
Mais à ce temps-ci de l’année, être “là”… ça ne vaut plus rien.
Et c’est ça, le vrai problème.
Parce que dans le même match, tout s’est enchaîné. Newhook et sa nonchalance qui cause le but égalisateur. St-Louis qui explose au banc en envoyant son attaquant sous l'autobus devant les caméras:
Habs coach Marty St. Louis was not happy with Alex Newhook after the Wings tied the game pic.twitter.com/d5E63cCa9v
— /r/Habs (@HabsOnReddit) March 20, 2026
Et ensuite, Matheson qui craque complètement.
C’est une séquence complète. Une chaîne d’erreurs. Une équipe qui, dans les moments critiques, ne répond pas.
Et pendant ce temps, ailleurs dans la ligue, personne ne parle de malchance.
Tout le monde gagne.
À Montréal, on parle de “si”.
« On aurait pu marquer plus… surtout en deuxième », a dit Juraj Slafkovský.
Mais les “si”, c’est terminé.
Parce que la course aux séries, elle, ne pardonne pas.
Et ce soir-là, à Detroit, le Canadien n’a pas juste perdu un match.
Il a perdu le contrôle.
Et dans cette période de l’année… ça, c’est la pire chose qui peut arriver.
Le vrai choc, il est dans le classement.
Parce que contrairement à ce que certains pensent, le Canadien ne s’est pas encore fait dépasser. Pas encore. Mais il est en train de jouer avec le feu comme jamais.
Au réveil, vendredi matin, les Canadiens de Montréal sont toujours troisièmes dans l’Atlantique avec 84 points. Toujours en séries.
Mais accrochés. Suspendus. Fragiles. Parce que les Bruins de Boston et les Red Wings de Detroit ont eux aussi 84 points… avec un match de plus joué.
Autrement dit, Montréal tient encore sa place… mais uniquement parce qu’il a une partie en main.
Et pendant ce temps-là, la pression monte de partout.
Les Blue Jackets de Columbus sont à 83 points. Un seul point derrière. Les Islanders de New York aussi à 83 points. Et devinez quoi? Ce sont eux qui débarquent au Centre Bell pour le prochain match. Un autre match “le plus important de la saison”.
C’est ça, la réalité.
Le Canadien avait les deux mains sur le volant il y a quelques semaines. Une avance de sept points. Une certaine marge de manœuvre. Une impression de contrôle.
Aujourd’hui?
Le rétroviseur est rempli.
Et chaque erreur coûte cher. Terriblement cher.
Parce que le problème n’est pas seulement la défaite contre Detroit. C’est l’ensemble. Depuis la pause, le Canadien joue pour ,500. Une fiche de 5-5-2. Rien de catastrophique… mais rien pour se sauver non plus.
Et surtout, ils ont échappé des points contre les mauvaises équipes. Les Sharks de San Jose. Les Ducks d’Anaheim. Les Kings de Los Angeles. Une fiche de 1-3-1 contre l’Ouest en mars.
C’est là que ça se perd.
Pendant que les autres équipes dans la course se battent comme si leur saison en dépendait… Montréal, lui, laisse filer des points qu’il ne peut plus se permettre de perdre.
Alors oui, Martin St-Louis peut dire « on va se relever, c’est tout ».
Mais il n’y a plus de coussin.
Plus de marge.
Plus de “on était là”.
Parce que la prochaine défaite… pourrait coûter une place en séries.
Et cette fois, ce ne sera plus une question de malchance.
Ce sera une question de réalité.
