L'air bête de Martin St-Louis dérange de plus en plus
Les journalistes québécos n'acceptent plus la façon dont Martin St-Louis gère les médias à Montréal. Ce n’est plus un incident isolé, ce n’est plus une mauvaise journée. C’est un pattern qui s’installe, qui se répète, et qui commence à mal passer.
Pendant que tout le monde parle d’intensité, de préparation et d’exécution, Martin St-Louis donne l’impression d’être ailleurs… ou plutôt fermé.
Le point de presse des dernières heures l’a confirmé. Les réponses sont courtes, parfois coupantes, souvent mépriantes.
Le ton n’est pas celui d’un entraîneur qui embarque dans le moment des séries, mais plutôt de quelqu’un qui subit l’échange.
Des questions légitimes sur les trios, sur les ajustements, sur la gestion du groupe se heurtent à des réponses minimales, sans ouverture. L’impression laissée est simple : il n’a pas envie d’être là.
Et ça rappelle forcément ce qui s’était passé en mars, lors de l’épisode avec Martin McGuire et Dany Dubé, où St-Louis avait explosé en affirmant qu'il était temps que les journalistes posent "des bonnes questions"
À ce moment-là, plusieurs avaient parlé d’une mauvaise journée au bureau. Sauf que là, on est rendus en séries. Le moment où le message doit être clair, rassembleur... et solide.
Au lieu de ça, l’attitude reste la même.
Les séries, ce n’est pas juste du hockey. C’est un environnement où chaque détail est amplifié, où chaque mot compte, où le lien entre l’équipe et le public devient encore plus crucial.
À Montréal, ce lien passe inévitablement par les médias. Les ignorer, les brusquer ou les traiter avec impatience, ça finit par rejaillir ailleurs.
Pendant ce temps, du côté de Jon Cooper, le ton est complètement différent. Il échange, il explique, il raconte. Il comprend que les séries, c’est aussi une vitrine, une conversation, une façon d’amener tout le monde dans le même bateau.
C’est là que la frustration monte.
Parce qu’aujourd’hui, le jour même où la série commence, ce n’est pas censé être une distraction. Ce n’est pas censé être un sujet.
Et pourtant, ça le devient. Non pas à cause d’un système de jeu ou d’un choix de trio… mais à cause d’une attitude qui donne l’impression que le dialogue est rompu.
Et à Montréal, en plein début des séries, ce genre de décalage entre notre coach et le coach adverse ne passe pas.
On est passé de “Y a-t-il de bonnes questions à matin ? Posez-moi de bonnes questions.”... à un Martin St-Louis qui répond avec deux, trois mots.
Supposément pour cacher son jeu. En réalité... parce qui'il méprise les médias francophones.
Le ton est sec, impatient et condescendant. Ce n’est pas une blague. Ce n’est pas de l’ironie. C’est un entraîneur qui semble agacé par ceux qui sont là pour faire leur travail.
Dany Dubé a mis le doigt exactement au bon endroit :
“L’entraîneur n’a pas le privilège de la question, il a le privilège de la réponse.”
C’est une phrase lourde de sens. Parce qu’à Montréal, quand un coach parle, il ne répond pas juste à un journaliste. Il répond au public. Il répond aux partisans. Il répond à une ville entière qui vit et respire pour son équipe.
Dubé a ajouté, visiblement déçu :
“Je suis un peu déçu même si j’adore Martin St-Louis… je trouve que là, il n’a pas pris la bonne direction.”
Et ça résume parfaitement le malaise. Personne ne remet en question l’homme ou le coach. Mais l’attitude, elle, commence à fatiguer.
Ce qui rend ça encore plus cruel pour les médias québécois, c’est la différence avec Jon Cooper.
À Tampa, Cooper fait exactement l’inverse. Il prend le temps. Il échange. Il raconte. Il embarque dans le moment avec les journalistes, même ceux de Montréal.
Ça se voit immédiatement. Après l’entraînement de deux heures, Cooper ne s’est pas contenté de répondre aux questions. Il est allé lui-même vers les journalistes québécois, à travers une baie vitrée, pour discuter avec Renaud Lavoie.
Juste pour échanger. Juste pour jaser hockey. Ce genre de scène-là, à la veille des séries, ça en dit long sur son approche.
Et quand il se présente devant les micros, il ne ferme rien. Il ouvre tout.
« Le match est dans deux jours, il ne peut pas y avoir tant de choses que ça à écrire », lance-t-il en souriant, presque amusé par l’attention médiatique. Il comprend la game. Il comprend le cirque. Et au lieu de le subir, il embarque dedans.
Quand il replonge dans ses souvenirs de Montréal, le ton change encore. Il ne répond pas. Il raconte.
« Vous vous rappelez ce qui s’était passé à la 11e seconde ? »
Il prend le temps de replacer la scène. Centre Bell. Série 2014. Ambiance électrique.
« On tirait de l’arrière 2-0 dans la série… l’aréna était en feu. C’était tellement cool, si bruyant. »
Il s’arrête. Il sourit encore. Puis il en rajoute.
« Je pensais que ça deviendrait plus silencieux… la rondelle est déposée… passe à la ligne bleue… boom, dans le but. Et là, c’était encore plus fort. »
Et il lâche la ligne parfaite :
« C’était comme si on me disait : “Bienvenue dans la LNH !” »
Ça, c’est un coach qui comprend l’importance du moment. Qui comprend où il est. Qui comprend à qui il parle.
Même quand il parle de ses joueurs, il ne tombe jamais dans le cliché vide. Il prend Brayden Point, en difficulté sur l’avantage numérique, et il le protège intelligemment :
« Il affiche encore la même détermination… parfois, ça ne rentre pas autant qu’à l’habitude. Mais regarde les meilleurs. Alex Ovechkin a connu des saisons de 30 buts… ça ne faisait pas de lui un mauvais joueur. »
Ce n’est pas une réponse automatique. C’est une réponse réfléchie, construite... et humaine.
Et quand il parle de ses soldats de l’ombre comme Yanni Gourde, il élève le discours :
« Il n’abandonne jamais. Chaque présence, il donne un petit oumph en extra. »
Encore une fois, il prend le temps d'expliquer... de valoriser le travail des journalistes.
Ce n’est pas juste qu’il est plus “gentil”. C’est qu’il comprend que les séries, à Montréal surtout, ça dépasse la glace. C’est une relation. C’est une culture. C’est un échange constant entre l’équipe et son environnement.
Et aujourd’hui, à la veille du match numéro un, cette différence de traitement devient impossible à ignorer.
D’un côté, un entraîneur qui ferme les portes aux journalistes qui couvrent sa propre équipe.
De l’autre, un entraîneur qui les ouvre toutes grandes… et qui, en plus, prend le temps d’inviter tout le monde à entrer.
Même entraîneur. Même sujet. Deux attitudes.
On peut comprendre Dany Dubé d'être tanné...
