La transaction vient tout juste de tomber, et elle confirme ce que plusieurs soupçonnaient déjà : le Canadien de Montréal n’était pas prêt à surpayer.
Pour la première fois depuis longtemps, les Sharks de San Jose ont décidé de ne plus seulement accumuler… mais d’acheter.
À l’approche de la date limite des transactions et du gel olympique en vigueur dès le 4 février, l’organisation californienne a frappé un coup en faisant l’acquisition de Kiefer Sherwood, en provenance des Canucks de Vancouver, en retour de deux choix de deuxième ronde (2026-2027) ainsi que du défenseur de 25 ans Cole Clayton. ( un arrière de la ligue américaine)
Un prix révélateur, et un signal clair : San Jose veut passer de la reconstruction à la progression concrète.
Selon les informations qui circulent, le CH a bel et bien été dans le dossier jusqu’à la fin, mais une ligne rouge n’a jamais été franchie.
L’offre finale du Canadien aurait été la suivante : un choix de deuxième ronde et le jeune centre Owen Beck. Une proposition sérieuse, structurée, et cohérente avec la philosophie de Kent Hughes.
Or, l’équipe vendeuse a ultimement choisi une autre avenue.
Sherwood n’est pas un nom séduisant, mais il incarne exactement ce que recherchent les équipes qui veulent devenir pénibles à affronter en séries.
Un attaquant de puissance, développé sur le tard, qui a trouvé sa niche dans la LNH à force de constance, d’impact physique et d’intensité.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 210 mises en échec, bon pour le deuxième rang de toute la LNH. Mais réduire Sherwood à un simple cogneur serait une erreur.
Depuis son arrivée à Vancouver, l’Américain a démontré qu’il pouvait aussi contribuer offensivement. Cette saison, il a déjà 17 buts, après avoir connu une véritable éclosion l’an dernier avec 19 buts et 40 points.
C’est précisément ce mélange qui a fait grimper sa valeur sur le marché.
À 1,5 million $ de salaire, Sherwood représentait une aubaine pour les équipes cherchant du papier sablé sans exploser leur masse salariale.
Le fait qu’il deviendra joueur autonome le 1er juillet n’a visiblement pas freiné les Sharks, qui ont accepté de payer le prix pour ajouter un joueur capable d’aider immédiatement leur groupe, autant sur le plan physique qu’émotionnel.
Le message est clair: San Jose croit que le moment est venu d’entourer son jeune noyau (Celebrini, Smith, Eklund et compagnie) avec des joueurs prêts à se battre chaque soir. Sherwood n’est peut-être pas une vedette, mais il est exactement le genre d’acquisition qui change l'identité d’un vestiaire.
Pendant que Kent Hughes hésite encore, les Sharks ont choisi d’agir. Et sur le marché actuel, deux choix de deuxième ronde pour un joueur de ce profil confirment une chose : la robustesse, l’énergie et l’impact immédiat n’ont jamais été aussi dispendieux.
Les Sharks ont conclu qu'un 2e choix de 2e ronde valait mieux que Beck, un espoir qui a perdu des plumes sur le marché des transactions.
C’est là que le dossier devient révélateur pour Montréal.
Le Canadien ne voulait pas donner deux choix de deuxième ronde, point final. Et surtout, il n’était pas question de multiplier les actifs pour compenser. Owen Beck était la pièce jeune proposée, mais le CH refusait d’ajouter un deuxième choix élevé par-dessus. La direction a préféré se retirer plutôt que de créer un précédent.
Ce refus en dit long.
Kent Hughes continue d’appliquer la même logique : améliorer l’équipe, oui, mais sans sacrifier inutilement des munitions futures, surtout dans un contexte où la banque d’espoirs est appelée à jouer un rôle central dans les prochaines années.
Beck demeure un centre plombier "projetable LNH", et le Canadien n’allait pas le sacrifier en plus de deux choix importants.
Résultat : Montréal sort du dossier, fidèle à son plan, pendant qu’une autre équipe paie le prix demandé.
Ce n’est pas un échec.
C’est un choix assumé.
Et surtout, un rappel très clair : le Canadien ne transigera pas sous pression, même quand le marché s’excite le poil des jambes.
