Alex Kovalev subit la honte de l’année: Martin St-Louis sans pitié

Alex Kovalev subit la honte de l’année: Martin St-Louis sans pitié

Par Marc-André Dubois le 2025-04-03

Il y a des silences qui en disent long.

Et parfois, une simple réponse honnête, mais maladroite, peut créer un malaise entre deux mondes du hockey qui ne se comprennent pas.

C’est exactement ce qui s’est produit lorsque Juraj Slafkovsky a été questionné au sujet d’Alex Kovalev, à la suite du 80e point inscrit par Nick Suzuki, une première pour un joueur du Canadien depuis… Kovalev en 2008.

Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il savait du célèbre numéro 27, la réponse de Slafkovsky a été directe, presque candide :

« Qu’est-ce que je sais de Kovalev? Honnêtement, je ne suivais pas vraiment le Canadien à cette époque. Je me souviens de Nick Suzuki. »

Un commentaire lancé avec un sourire un peu nerveux, mais qui a eu l’effet d’un froid dans l’entourage de l’organisation. Il ne s’agissait pas d’un simple oubli générationnel : Slafkovsky est né en 2004, il avait quatre ans en 2008, et comme il l’a précisé lui-même, il ne jouait même pas encore au hockey à cette époque.

Pour lui, Kovalev n’est qu’un nom dans les archives, un chapitre d’histoire qu’il n’a jamais vraiment lu. Une réponse normale pour un jeune de 20 ans, mais qui tranche crûment avec l’aura quasi mystique qu’Alex Kovalev continue d’avoir chez les partisans plus âgés du Tricolore.

Mais là où le malaise devient plus profond, c’est dans le contexte actuel : Alex Kovalev est de retour dans l’actualité depuis plusieurs semaines, multipliant les prises de position controversées.

Il a d’abord critiqué Ivan Demidov pour son manque de combativité dans la KHL, puis il a osé comparer Carey Price à Igor Shesterkin, en concluant que le Russe était plus grand gardien dans l'histoire parce qu’il « lit mieux la game ».

À la lumière de ces déclarations, la réponse de Slafkovsky prend une dimension nouvelle. Derrière l’ignorance sincère se cache peut-être un détachement volontaire.

Slafkovsky n’a aucun lien avec l’époque Kovalev, et il n’a pas grandi avec l’idée que ce joueur représentait une légende intouchable.

Pour lui, les modèles sont ailleurs. Il a vu Suzuki s’imposer dans une ville exigeante. Il a côtoyé Cole Caufield, Kirby Dach, et rêve de marcher dans leurs pas, pas dans ceux d’un homme dont les commentaires résonnent aujourd’hui comme ceux d’un ancien combattant frustré de ne pas avoir été invité à la table.

Et si Kovalev a pu voir dans les propos de Slafkovsky une forme d’irrespect, il ne faut pas exclure la possibilité que ce soit justement le reflet du problème. Kovalev veut encore exister dans l’univers du Canadien.

Il a envoyé des signaux, exprimé son désir d’avoir un rôle dans la coaching staff, transmis sa vision du hockey offensif pur, celle qui rejette les contraintes défensives imposées par Martin St-Louis. Mais Montréal a continué d’avancer sans lui.

L’époque où Kovalev faisait rêver les foules avec ses feintes spectaculaires est révolue. Et la nouvelle génération, incarnée par Slafkovsky, n’en ressent ni la nostalgie ni l’obsession.

Slafkovsky ne connaît pas Kovalev, tout simplement parce qu’il ne l’a jamais vu comme un modèle. Pour lui, la référence, c’est Suzuki.

Et pour Suzuki, comme il l’a souligné avec une modestie désarmante, le but n’est pas de battre des records ou de passer à l’histoire, mais simplement « d’aider l’équipe à gagner ».

La déclaration de Slafkovsky n’était pas une attaque, mais elle a blessé l’ego d’un homme déjà égratigné par des années de silence son ancienne organisation envers lui.

Ignoré comme coach, contredit dans les médias, dépassé par une philosophie de hockey qu’il ne reconnaît plus, Kovalev assiste aujourd’hui à la montée d’une génération qui ne le regarde même pas.

Et cela, pour lui, est sans doute plus douloureux que n’importe quelle critique.

Dans une organisation où chaque mot est scruté, chaque regard interprété, la fracture entre l’ancien roi du Centre Bell et la jeune étoile montante venue de Slovaquie illustre un changement de garde inévitable.

Ce qui rend la réaction de Juraj Slafkovsky encore plus percutante, c’est qu’elle s’inscrit dans une séquence où Alex Kovalev tente désespérément de s’inviter dans la conversation… et où Martin St-Louis, lui, refuse catégoriquement de lui ouvrir la porte.

Depuis un an, Kovalev multiplie les interventions médiatiques, espérant se positionner comme une voix incontournable dans l’univers du hockey, voire comme un candidat crédible à un poste d’entraîneur dans la LNH.

Mais chaque sortie de Kovalev semble avoir l’effet inverse : elle referme un peu plus la porte que Martin St-Louis ne voulait jamais ouvrir.

Tout au long de la saison, Kovalev s’est permis de critiquer indirectement (et parfois très directement) le style de jeu préconisé par St-Louis.

Il ne comprenait pas pourquoi Cole Caufield, un joueur offensif de pur talent, était forcé de penser défensivement. Il répétait à qui voulait l’entendre que « les joueurs talentueux doivent être libres de s’exprimer », et non pas confinés dans des systèmes.

À ses yeux, le hockey de Martin St-Louis était trop structuré, trop restrictif. Il a même affirmé que « vouloir apprendre à Caufield à défendre, c’est lui enlever ce qui fait sa magie ».

Mais à chacune de ces déclarations, Martin St-Louis est resté de marbre. Pas un mot. Pas une réponse publique. Et pourtant, les gens dans les coulisses savent que le message est clair : Martin ne veut rien savoir de Kovalev.

 Selon plusieurs sources proches de l’équipe, le coach du CH aurait déjà affirmé, hors micro, qu’il ne voulait « aucune influence extérieure qui valorise l’individualisme au détriment de l’équipe ».

Une ligne parfaitement taillée pour exclure Alex Kovalev de toute discussion interne.

Et quand Kovalev aurait tenté de faire parvenir son CV – ou à tout le moins, sa disponibilité – à l’organisation du Canadien, Martin St-Louis l’aurait fait savoir à ses supérieurs :

 « C’est non. Je n’ai pas besoin de lui. » 

Une claque en pleine figure pour celui qui croyait encore pouvoir se tailler une place, au moins symbolique, dans le staff montréalais.

Aujourd’hui, Kovalev est bouche bée. Il ne s’attendait pas à être ignoré aussi brutalement. Lui, l’artiste adulé du Centre Bell en 2008, se retrouve mis à l’écart, réduit à commenter les matchs sur des plateformes secondaires pendant que St-Louis mène son groupe à un rythme compétitif, structuré, cohérent.

Il pensait peut-être que son nom suffirait à créer l’ouverture. Il n’avait pas anticipé que Martin St-Louis, en bon capitaine devenu entraîneur, ferait de la rigueur, de l’effort et de la responsabilité défensive des pleaders non négociables.

Et c’est là que le contraste entre les deux hommes est devenu une rupture définitive. St-Louis a conquis son poste à la dure, en prouvant qu’il comprenait mieux que personne la réalité des joueurs d’aujourd’hui. Kovalev, lui, parle encore du hockey comme s’il jouait dans les années 2000, refusant d’admettre que les temps ont changé, et que la liberté individuelle n’a plus le même poids dans une ligue où les moindres détails font la différence.

Kovalev voulait un rôle. Il voulait une reconnaissance. Il voulait peut-être, au fond, une revanche. Mais Martin St-Louis, en refusant catégoriquement de l’intégrer au projet, a envoyé un message fort : ce Canadien-là regarde vers l’avenir, pas dans le rétroviseur. 

Et si Alex Kovalev n’avait pas encore compris, il l’a définitivement réalisé le jour où Juraj Slafkovsky, sans aucune mauvaise intention, a lâché devant tous les micros :
« Moi, je me souviens de Nick Suzuki. »

Un coup de pelle générationnel. Un adieu silencieux. Et un Kovalev… totalement sous le chox...

Il vient de marcher sur son ego...