Le malaise commence à être réel à Montréal.
Dans une défaite de 3-1 contre les Red Wings de Détroit, un match à quatre points en pleine course aux séries, un détail a frappé tout le monde… et ce n’est pas seulement le revirement de Mike Matheson en fin de rencontre.
WHAT A COMEBACK FOR THE RED WINGS‼️ pic.twitter.com/viH2Vtx8Zu
— NHL (@NHL) March 20, 2026
C’est le système.
Et de plus en plus, il est pointé du doigt.
Parce qu’à force de revoir les séquences, une tendance lourde se confirme : le système homme à homme de Martin St-Louis commence sérieusement à montrer ses limites.
Ce n’est pas nécessairement le système en soi qui pose problème. Plusieurs équipes élites de la LNH l’utilisent, et avec succès.
Renaud Lavoie l’a lui-même mentionné : le Canadien n’est pas seul à utiliser ce type de système. Selon ses observations, au moins trois ou quatre formations élites comme le Lightning de Tampa Bay, l’Avalanche du Colorado, les Stars de Dallas ou encore les Hurricanes de la Caroline appliquent des concepts similaires de couverture homme à homme.
Mais la différence est majeure.
Ces équipes-là ne l’appliquent pas de façon rigide sur 60 minutes. Elles adaptent leur système selon le contexte, le moment du match et surtout… l’expérience de leurs joueurs.
À Montréal, c’est là que le bât blesse.
Mais ces formations ont une chose en commun : de l’expérience, de la maturité et une capacité à corriger rapidement les erreurs.
À Montréal, c’est une autre réalité.
Le Canadien est l’une des équipes les plus jeunes de la ligue. Et dans un système aussi exigeant, la moindre hésitation devient une occasion en or pour l’adversaire.
On l’a vu clairement hier.
Sur le premier but des Red Wings, Alex Newhook se retrouve dans une situation où il doit suivre son homme parfaitement. Il perd une fraction de seconde… et ça se transforme immédiatement en but.
#Habs Martin St. Louis not happy on bench following the goal allowed vs #RedWings
— Chris G (@ChrisHabs360) March 20, 2026
According to RDS broadcast, the words were directed towards Alex Newhook#GoHabsGo #NHL #Hockey @RocketSports pic.twitter.com/I5nxJWRk5z
Ce n’est pas une erreur grossière.
C’est une erreur normale… dans un système qui ne pardonne rien.
Et c’est exactement là que le problème se situe.
Parce que le homme à homme demande une exécution parfaite. Pas juste de temps en temps. À chaque présence. À chaque rotation.
À chaque décision.
Physiquement, c’est extrêmement demandant. Les joueurs doivent constamment patiner, suivre leur assignation, se battre pour chaque espace.
Mentalement, c’est encore pire. Il faut lire le jeu en continu, prendre des décisions en une fraction de seconde, sans marge d’erreur.
Et dans le contexte actuel du Canadien, avec un calendrier chargé et une équipe encore en apprentissage, cette combinaison devient difficile à soutenir.
Alex Newhook en est un bon exemple.
C’est un joueur qui a évolué dans d’autres systèmes dans sa carrière. Des systèmes plus structurés, plus flexibles, où les erreurs individuelles peuvent être absorbées par le collectif.
À Montréal, ce n’est pas le cas.
Et la séquence d’hier vient illustrer parfaitement cette réalité. Ce n’est pas simplement un joueur qui se trompe. C’est un système qui amplifie chaque petite erreur.
Pendant ce temps, Martin St-Louis reste fidèle à sa philosophie.
Il y croit.
Il s’y accroche.
Et c’est là que la discussion devient intéressante.
Parce qu’il y a une différence entre avoir une vision… et refuser de s’adapter.
Depuis son arrivée, St-Louis a toujours prêché l’identité, le processus, la constance. Et jusqu’à un certain point, ça a permis au Canadien de progresser.
Mais aujourd’hui, les circonstances sont différentes.
La fatigue s’accumule.
Les erreurs se répètent.
Et les points deviennent de plus en plus précieux.
Le Canadien a énormément de difficulté dans sa zone défensive. Et ce n’est pas seulement une question d’effort ou de talent. C’est aussi une question de charge physique et mentale imposée par le système.
Le match d’hier en est une preuve concrète.
La séquence impliquant Newhook, suivie de la réaction émotive de Martin St-Louis derrière le banc, vient mettre en lumière une tension bien réelle.
Mais il faut faire attention de ne pas tomber dans l’extrême.
Parce que le système homme à homme n’est pas à jeter complètement. Il a ses forces. Il peut fonctionner. Et plusieurs équipes dans la ligue le prouvent.
La vraie question est ailleurs.
Est-ce que ce système doit être appliqué de façon rigide… ou modulé selon les situations?
Parce qu’à ce stade de la saison, avec une équipe jeune et un calendrier exigeant, l’adaptation devient essentielle.
Martin St-Louis ne donnera pas facilement raison à ses détracteurs. Il est convaincu de sa vision. Et c’est aussi ce qui fait sa force comme entraîneur.
Mais dans la LNH, les meilleurs coachs sont aussi ceux qui savent ajuster leur approche au bon moment.
Et aujourd’hui, la question se pose sérieusement.
Est-ce que le Canadien doit continuer à vivre et mourir avec ce système?
Ou est-ce le moment, enfin, de mettre de l’eau dans son vin?
Parce qu’à force de pousser la machine au maximum…
Le risque, ce n’est pas seulement de faire des erreurs.
C’est d’en payer le prix au pire moment de la saison.
