Comparer des espoirs russes du Canadien, c’est toujours glissant.
Mais quand les faits, les rôles et le rythme de production pointent tous dans la même direction, impossible de détourner le regard.
À ce stade précis de leur développement, Alexander Zharovsky avance plus vite que Ivan Demidov.
Pas par perception. Pas par hype. Par mathématiques.
Deux trajectoires parallèles… mais une vitesse différente
La saison dernière, Demidov terminait avec 49 points en 65 matchs dans la KHL.
Production solide, surtout compte tenu de son contexte : minutes fluctuantes, passages sur des lignes secondaires, parfois même des soirs à gérer l’incertitude d’un banc trop proche.
Cette saison, Zharovsky affiche 29 points en 33 matchs.
Projetez ce rythme sur une saison complète de 68 matchs et le calcul est brutal : environ 60 points.
À 18 ans. Contre des hommes. Dans une ligue où chaque présence se mérite.
La différence majeure? Le rôle.
Là où Demidov survivait, Zharovsky s’impose
À Saint-Pétersbourg, Demidov a dû apprendre à produire malgré tout.
Malgré les décisions d’entraîneurs.
Malgré une hiérarchie rigide.
Malgré des soirs sur la quatrième ligne.
Et pourtant, il trouvait toujours le moyen de faire apparaître son nom sur la feuille de pointage.
À Oufa, Zharovsky ne survit pas : il est installé.
Avec le Salavat Ioulaïev, le jeune est ancré dans le top 6, utilisé dans des situations offensives claires, responsabilisé, protégé… et productif.
Résultat : +8, leadership offensif, et une constance qui saute aux yeux.
Gabarit, maturité, présence
Zharovsky mesure 6 pieds 1 et joue comme tel.
Pas un espoir frêle qu’on cache.
Un attaquant qui prend son espace, absorbe les contacts, protège la rondelle et fait payer les erreurs. Le genre de profil qui vieillit bien… et qui traverse mieux l’Atlantique.
Ce n’est pas un hasard si son environnement continue de s’enrichir.
Le passage imminent de Evgeny Kuznetsov à Oufa n’est pas anodin.
La nouvelle est tombée récemment : Kuznetsov a été placé au ballottage par le Metallurg de Magnitogorsk, ouvrant la porte à une entente pour qu’il poursuive sa saison avec le Salavat Ioulaïev d’Oufa, soit précisément l’équipe de Zharovsky.
Après avoir déjà joué un rôle important dans le développement d’Ivan Demidov au SKA de Saint-Pétersbourg, le vétéran russe se retrouve maintenant dans l’environnement immédiat d’un autre espoir clé du Canadien.
Même encadrant, nouveau protégé, trajectoires parallèles : le contexte rappelle inévitablement ce que Montréal a déjà observé avec Demidov ... mais cette fois, dans un rôle encore plus central pour le jeune.
Montréal regarde… et calcule
Chez le Canadien, personne ne s’emballe publiquement.
Mais en coulisses, les tableaux comparatifs existent.
Et ils racontent une histoire claire : Zharovsky arrive plus prêt, plus stable dans son rôle, plus constant dans son impact.
Demidov demeure un talent élite, capable de fulgurances et de moments renversants.
Zharovsky, lui, envoie un message différent : la domination tranquille, soir après soir.
Le choc à venir n’est pas théorique
Deux Russes. Deux profils offensifs. Deux trajectoires qui convergent vers Montréal.
La différence, aujourd’hui, tient en un mot : contexte.
Et Zharovsky exploite le sien à la perfection.
Si l’élan se maintient, le Canadien ne parlera plus seulement d’un futur excitant.
Il parlera d’un choix difficile, d’une hiérarchie à établir, d’un impact immédiat à gérer.
Le choc à Montréal ne sera pas médiatique.
Il sera interne.
Et pendant que Alexander Zharovsky fait lever les sourcils en KHL, le portrait global du Canadien devient franchement indécent.
Ivan Demidov est déjà installé dans l’imaginaire collectif.
Michael Hage domine les grands rendez-vous internationaux, et Zharovsky produit contre des hommes, dans un rôle clé.
Si la Russie participait au Championnat du monde junior, Zharovsky y serait.
Ce scénario-là n’existe pas aujourd’hui… mais Montréal, lui, se prépare déjà à réunir Zharovsky et Demidov autrement.
Pas sur une feuille de match internationale, mais dans un vestiaire qui commence à rêver grand.
La patience est encore de mise, mais l’attente, elle, devient délicieusement excitante.
