Alexis Lafrenière annonce sa chute: Montréal lui ferme la porte au nez

Alexis Lafrenière annonce sa chute: Montréal lui ferme la porte au nez

Par David Garel le 2026-01-01

Quand on pense au mot catastrophe dans l’univers des Rangers, un nom revient en boucle : Alexis Lafrenière.

Le Québécois, autrefois symbole d’un rêve national, est devenu celui d’un naufrage. Premier choix au total du repêchage 2020, il devait incarner l’avenir du hockey canadien.

Six ans plus tard, il n’incarne plus rien. À 24 ans, il n’est plus qu’un joueur fantôme, coincé dans un vestiaire qui ne croit plus en lui, surpayé à 7,45 millions par année jusqu’en 2032, et incapable de livrer le minimum qu’on attend d’un attaquant de premier trio.

Un cauchemar sportif sans fin.

Cette saison, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 8 buts, 12 passes, 20 points en 42 matchs. Des statistiques indignes d’un joueur censé être au cœur du plan offensif.

Lafrenière a commencé la saison sur le premier trio aux côtés d'Artemi Panarin et Mika Zibanejad. Dix semaines plus tard, il joue avec Vincent Trocheck et Gabe Perreault, un trio de transition bricolé à la hâte par Mike Sullivan.

Et pourtant, par habitude ou par pitié, on lui laisse encore une place sur la première unité du jeu de puissance. Mais même là, rien ne se passe. Lafrenière est devenu invisible. Il patine sans conviction, hésite sur ses entrées de zone, coupe rarement vers le filet. À chaque match, son langage corporel trahit le doute et l’abandon.

Les Rangers avaient pourtant tout misé sur lui : un encadrement d’élite, un top-6 permanent, un entraîneur double champion de la Coupe Stanley. Rien n’y fait. Plus il joue, plus il s’éteint.

Et puis il y a eu Larry Brooks.

Le légendaire chroniqueur du New York Post a consacré l’un de ses derniers papiers avant sa mort à un démontage en règle d’Alexis Lafrenière.

Brooks écrivait que son contrat était « l’une des plus grandes hérésies économiques de l’histoire des Rangers », qu’il « ralentissait Panarin », qu’il « n’avait ni vision, ni intensité ».

Ce texte a fait l’effet d’une exécution publique. Depuis, les médias new-yorkais ont repris le flambeau. On le traite de flop, de bust, d’erreur de repêchage. Certains vont jusqu’à remettre en cause son éthique de travail, sa passion, son respect pour le chandail.

À New York, on ne parle plus d’un jeune en difficulté. On parle d’une honte.

Une honte sportive, une honte médiatique, une honte presque culturelle. Le joueur qui devait redonner une âme aux Rangers est devenu leur boulet.

Alexis Lafrenière entre désormais dans une catégorie tristement unique : le premier choix au total depuis Alexandre Daigle à n’avoir jamais représenté le Canada au niveau senior.

Ni aux Mondiaux, ni aux Jeux olympiques, ni dans aucune sélection nationale.

Pour un joueur formé dans les valeurs du hockey québécois, c’est une humiliation.

Il n’est pas blessé, il n’est pas suspendu, il est simplement… ignoré.

À 24 ans, il est devenu la note de bas de page d’un repêchage qu’on voudrait oublier (quelle erreur de Jeff Gorton et Nick Bobrov!), un avertissement vivant pour les jeunes prodiges : le talent ne suffit pas quand l’âme se vide.

Derrière le flop, il y a l’humain.

Alexis Lafrenière, c’est encore un garçon de Saint-Eustache, issu d’une famille soudée. Ses parents l’ont vu briller aux Mondiaux junior, devenir l’enfant chéri du pays. Aujourd’hui, ils le voient se faire détruire chaque matin à la une des journaux new-yorkais.

Et lui, dans le vestiaire, ne parle plus à personne. Il entre, il s’équipe, il sort. Les vétérans l’ignorent, les jeunes ne s’en inspirent pas. Il n’est plus un leader, ni un espoir, ni un modèle. Juste un joueur en chute libre, enfermé dans une spirale de doutes.

Il n’a rien fait de mal. Il ne s’est pas mal conduit. Il a simplement perdu confiance. Et dans une ville comme New York, la confiance, c’est tout.

Chris Drury, le DG des Rangers, est largement responsable de ce gâchis. Depuis qu’il a remplacé Jeff Gorton en 2021, il n’a jamais su bâtir une culture claire.

Les départs de Chris Kreider et Jacob Trouba ont déstabilisé un vestiaire déjà fragile. L’équipe est aujourd’hui sans identité, sans hiérarchie, sans plan.

Panarin vieillit, Zibanejad ralentit, Shesterkin s’épuise à sauver les apparences. Et au centre de ce vide : Alexis Lafrenière, censé être la relève, devenu symbole de tout ce qui ne va plus.

Et c’est là que Montréal entre dans la discussion.

Jeff Gorton, celui qui l’a repêché en 2020, est maintenant le président du Canadien.

Il connaît le jeune homme, ses forces, ses failles. Et la question brûle les lèvres : faut-il lui donner une deuxième chance au Québec ?

Martin St-Louis a déjà relancé des carrières perdues. Il a transformé des joueurs comme Slafkovský et Caufield.

Le CH cherche justement un ailier gauche pour accompagner Suzuki et Caufield.

Mais est-ce que Lafrenière est ce joueur ?

Pas si sûr. Son jeu manque de vitesse, de mordant, de créativité. Même au Québec, l’amour s’est éteint. Les partisans ne rêvent plus de lui. Les dirigeants du CH non plus. Kent Hughes et Gorton auraient déjà refusé une offre exploratoire des Rangers l’été dernier.

Et ils ont eu raison. Montréal ne veut plus ramasser les échecs des autres. Le CH veut bâtir, pas réparer.

Alexis Lafrenière est aujourd’hui le visage du désenchantement moderne du hockey.

Un jeune prodige transformé en fardeau par une organisation froide, des médias féroces, et une ligue qui pardonne rarement l’hésitation.

Il n’est pas trop tard pour se relever, mais il faudra un exil. Loin du Madison Square Garden, loin des projecteurs américains, loin de la haine.

À New York, tout est fini.

S’il veut encore écrire une histoire digne de son talent, Alexis Lafrenière devra recommencer ailleurs. Et vite.

Parce qu’à ce rythme, il ne sera bientôt plus le premier choix du repêchage 2020… mais le dernier espoir d’un rêve québécois qui s’éteint.