La vidéo d'Arber Xhekaj en train de rire avec Jacob Fowler et Jakub Dobes, captée pendant que Fowler était rentré au banc pour un 6e attaquant, à été massivement relayée hier soir:
now arber is included in the spill sesh https://t.co/EGdxRIM3Fc pic.twitter.com/jU6AZfyLZI
— mel (@habbybbgs) January 3, 2026
La tension médiatique, déjà explosive entre le shérifj et Martin St-Louis, est rendu à un point de non-retour après ces images.
On y voit un joueur cloué au banc, utilisé au compte-gouttes (7 minutes et 53 secondes de temps de jeu), rire et sourire en fin de match pendant que son équipe s’incline.
Cette séquence est immédiatement devenue un symbole dans l’espace public : un fossé désormais impossible à nier entre un entraîneur et un joueur qui ne se parlent plus par gestes, mais par mépris interposé.
Martin St-Louis croyait avoir la faveur du public dans ce dossier après l'incident d'hier.
C’est humain. Quand tu gagnes, quand ton équipe performe, quand le vestiaire est serré, tu penses que les décisions difficiles passent mieux.
Tu crois que les partisans vont suivre la logique froide du coach, accepter le sacrifice individuel au nom du collectif. Mais ce calcul-là a complètement explosé.
Mais le coach frappe un mur ce martn. La vague d'amour pour Arber Xhekaj depuis hier est incroyabe.
Des vidéos partagées par milliers. Des montages. Des commentaires. Des hommages. Des prises de position claires. Et une conclusion qui s’est imposée d’elle-même : le Québec a pris le bord du Shérif.
(not my edit) pic.twitter.com/TiEaGiwgYP
— chlo ² ¹ (@guhl3s) January 3, 2026
Parce que ce qui se joue ici ne relève plus du hockey pur. Ce n’est plus une question de couverture défensive, d'"erreurs niaiseuses", de temps de glace ou de gestion de banc.
C’est devenu une histoire identitaire. Une histoire de valeurs. Et dans ce genre de récit, le Québec ne choisit presque jamais l’autorité sans empathie contre le guerrier imparfait.
Les vidéos qui circulent depuis hier ne montrent pas un joueur capricieux ou désengagé. Elles montrent un gars qui a donné, qui s’est battu pour ses frères du vestiaire, qui a encaissé, qui a accepté l’humiliation publique, qui s'est fait bencher à qui mieux mieux, qui subit sept minutes par match.
Elles montrent un joueur qui n’a jamais triché sur son effort, même quand son rôle disparaissait. Et ça, ici, ça compte plus que n’importe quel tableau analytique.
Le Québec comprend très bien ce qui se passe. Il n’est pas naïf. Il voit un entraîneur qui a voulu “déprogrammer” un joueur trop gros, trop bruyant, trop populaire, trop symbolique.
Un joueur qui dérangeait le narratif de contrôle. Le surnom de Shérif, les commandites, les campagnes publicitaires pour son burger, l’amour du public, tout ce que Martin St-Louis a toujours rejeté.
Dès le départ, le malaise était énorme. Le lancement du burger "Le Shérif" à La Chambre, puis celui de La Belle et La Bœuf, se sont faits sans le moindre support du club : aucune présence de l’état-major, aucun mot d’encouragement public, aucune tentative d’embrasser le phénomène.
Pire encore, Martin St-Louis a pris soin de se dissocier publiquement du surnom, allant jusqu’à nier son existence dans le vestiaire, alors même que des joueurs comme Cole Caufield confirmaient l’inverse.
Dans une organisation obsédée par le contrôle du message et la culture uniforme, Xhekaj est rapidement devenu un le cauchemar du coach : trop aimé, trop visible, trop associé à une image qui ne passait pas par les canaux officiels.
Ce n’était pas seulement une question de burgers ou de commandites, mais un choc de philosophies : d’un côté, un joueur qui comprenait instinctivement le marché montréalais et capitalisait sur l’affection du public ; de l’autre, une direction et un entraîneur-chef qui n’ont jamais voulu que cette popularité déborde du cadre strictement hockey.
Et c’est précisément là que la fracture s’est creusée.
Mais c'est aussi là que le renversement est total : le Québec n’achète plus le discours du coach parce qu’il reconnaît une injustice quand il en voit une. Parce qu’il sent qu’on a cassé quelque chose chez Xhekaj, puis qu’on lui reproche maintenant d’être brisé.
Ce qui frappe le plus, c’est l’unanimité. Le message est clair : on ne veut pas que le Shérif parte. Pas comme ça. Pas sur ce ton. Pas après ce traitement.
Et c’est là que le dossier devient explosif pour le Canadien. Parce que Montréal peut échanger un joueur ou lre perdre via offre hostile. Mais Montréal ne peut pas ignorer une rupture émotionnelle avec son public sans en payer le prix.
Le Québec a accepté la reconstruction, accepte les erreurs, accepte même les échecs. Ce qu’il accepte mal, c’est l’impression qu’on écrase un des siens pour une question d’ego ou de contrôle.
Arber Xhekaj est devenu plus qu’un défenseur. Il est devenu un symbole de résistance silencieuse. Et hier, avec cette vague d’amour inattendue, quelque chose s’est confirmé : le Québec ne défend plus une décision hockey, il défend un homme.
Martin St-Louis pensait avoir le dernier mot. Sur la glace, peut-être.
Mais dans le cœur du public québécois, ce combat-là, il vient de le perdre.
