Artemi Panarin rejette Montréal : il veut le soleil, l’argent, et un dernier contrat en or... mais il ne veut rien savoir du Québec.
C’est désormais clair, limpide, confirmé : Artemi Panarin ne viendra pas à Montréal. Non seulement il n’a aucun intérêt à traverser la frontière nord, mais il a lui-même tracé les contours de sa prochaine destination. Et disons que le climat, l’impôt et la température médiatique du Québec ne figurent pas sur sa liste de priorités.
À 34 ans, celui qu’on surnomme affectueusement The Breadman est à la croisée des chemins. Sa production est encore élite (54 points en 48 matchs cette saison), mais son contrat arrive à échéance. Et comme l’a révélé Elliotte Friedman dans son balado 32 Thoughts, Panarin veut une prolongation de contrat immédiate avec toute équipe qui fera son acquisition.
« Il préférerait déménager une seule fois, plutôt que deux fois. Il veut savoir où il va passer les trois ou quatre prochaines années. »
Et c’est là que le Canadien de Montréal sort automatiquement de l’équation.
Selon plusieurs sources, Panarin cherche à rester aux États-Unis, idéalement dans un marché chaud, ensoleillé, et sans pression médiatique excessive.
La Floride, en particulier, revient dans toutes les conversations. Les Panthers de Matthew Tkachuk auraient manifesté un intérêt sérieux. Le fait que Panarin n’ait jamais gagné la Coupe Stanley ajoute à l’urgence de sa démarche : il veut joindre un club aspirant, dans un environnement qu’il juge favorable.
Et il possède une maison à Miami.
« Ce n’est pas juste une question d’argent. C’est une question de confort, de style de vie, d’ambiance dans le vestiaire. Panarin veut du hockey, du soleil et de la paix. » affirme une source interne.
Les Golden Knights de Vegas, les Kings de Los Angeles et les Ducks d’Anaheim sont aussi des destinations envisageables, en fonction de leur espace sous le plafond salarial et de leur volonté d’ajouter une vedette offensive pour une dernière course aux grands honneurs.
Mais Panarin est au "cash". Il veut payer le moins d'impôts possibles et en Californie, les taxes sont salées.
Ce rejet de Montréal ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans un contexte de démolition contrôlée chez les Rangers de New York.
Vendredi dernier, le DG Chris Drury a envoyé une lettre officielle aux partisans, confirmant que l’équipe amorçait une phase de “réoutillage”, autrement dit une reconstruction déguisée.
« Nous devons être honnêtes et réalistes à propos de notre situation. Nous ne resterons pas les bras croisés — un changement d’approche nous permettra d’être intelligents et opportunistes dans la manière de restructurer l’équipe. Cela pourrait signifier dire au revoir à des joueurs qui nous ont offert de grands moments au fil des années. »
Et parmi ces joueurs ? Artemi Panarin, Mika Zibanejad, Vincent Trocheck, Adam Fox… La liste est longue.
Même si Panarin avait manifesté de l’intérêt pour Montréal, le CH n’a tout simplement pas la marge pour l’accueillir.
Le Russe empoche 11,642,857 $ par saison, et son contrat comporte une clause de non-mouvement complète. Même si New York retenait 50 % de son salaire, le Canadien n’a ni l’intérêt sportif, ni l’intérêt stratégique de faire une telle folie.
Jeff Gorton, président du CH et ancien DG des Rangers, connaît Panarin mieux que quiconque. C’est lui qui lui avait offert ce contrat record en 2019. Mais lors d’une entrevue récente, Gorton a mis les points sur les i :
« Nous recherchons des profils différents. Pas des doublons à ce que nous avons déjà. Il faut équilibrer notre alignement. »
Ivan Demidov est perçu comme un “Mini-Panarin”, un joueur russe, créatif, spectaculaire. Reprendre Panarin serait superflu et redondant.
Panarin rêve des États-Unis… ou de la Russie...
Et si ce n’est pas Montréal, ce ne sera peut-être même pas l’Amérique du Nord.
Dans une entrevue récente, Alex Kovalev, voisin de Panarin à New York et l’un de ses mentors, a confié une bombe :
« Il y a même des rumeurs selon lesquelles Panarin songerait à quitter la LNH et retourner jouer en Russie. Je ne sais pas si c’est vrai, mais c’est ce qui se dit ici. »
Ce n’est pas qu’une question d’argent, selon Kovalev :
« Ce n’est pas toujours une question de millions. Ce qui compte, c’est l’endroit, l’ambiance, les gens. Tu peux renoncer à de l’argent et être beaucoup plus heureux. »
Des paroles qui résonnent fortement à travers la LNH. Si Panarin est prêt à envisager un retour en Russie, c’est dire à quel point le marché pour son style de jeu et ses exigences contractuelles est restreint.
Mais honnêtement, on est persuadé qu'il va demeurer dans la LNH.
Dans ce contexte, le seul joueur des Rangers qui pourrait vraiment intéresser Montréal, c’est Alexis Lafrenière. Et lui aussi est dans une tempête. Rétrogradé par Mike Sullivan, dénoncé par les journalistes, critiqué par les fans, Lafrenière est à la croisée des chemins.
Il reste à voir si Chris Drury acceptera de se départir de son premier choix au total de 2020. Mais une chose est sûre : le CH ne veut pas de vétérans surpayés. Il veut rajeunir, bâtir, et éviter les pièges du passé.
Et à ce jeu-là, Panarin n’est plus la solution.
Il veut une prolongation dès maintenant, idéalement de trois ou quatre ans, dans un marché ensoleillé, où il pourra terminer sa carrière dans le calme et la dignité.
La fin est proche. Mais elle ne passera pas par Montréal.
Et pour une fois, ça pourrait être une bonne chose.
