Zachary Bolduc serait sur le point d'être transigé si on se fie aux propos de Dany Dubé.
Selon l'analyste de Cogeco, Il y a des décisions qui ne sont jamais anodines, même quand on tente de les présenter comme purement hockey.
Le retour de Kirby Dach en est une. Pas parce que Dach n’a pas sa place dans le top-6 du Canadien, pas parce qu’il n’a pas prouvé qu’il pouvait aider l’équipe avant sa blessure de novembre, mais parce que la façon dont Martin St-Louis a choisi de le réintégrer en dit long sur la hiérarchie réelle du vestiaire… et sur le sort réservé à Zachary Bolduc.
Kirby Dach n’a pas joué depuis des mois. L’équipe, entre-temps, a trouvé une certaine stabilité, a gagné des matchs, a vu des jeunes prendre de l’espace, a appris à vivre sans lui.
Dans ce contexte-là, plusieurs entraîneurs auraient choisi la voie prudente : un retour progressif, un troisième trio, peut-être même un rôle plus protégé, question de rebâtir le rythme, la confiance, les repères.
Pas à Montréal. Martin St-Louis a fait le choix inverse : Dach directement à l’aile, directement avec les deux meilleurs attaquants du club, directement au cœur de l’action. Moins de responsabilités défensives, plus de touches, plus de marge d’erreur.
Et ce choix-là, peu importe comment on tente de l’expliquer, envoie un message très clair à Zachary Bolduc.
Parce que dans la hiérarchie actuelle, ça veut dire que Bolduc, lui, ne monte pas. Il glisse. Il attend. Il encaisse. Pendant que Dach est lancé dans la mêlée avec un filet de sécurité évident, Bolduc demeure coincé dans un rôle où chaque erreur est amplifiée, chaque match sans éclat devient un argument contre lui, et chaque minute jouée ressemble à une audition de plus en plus inconfortable.
La citation de Martin St-Louis résume parfaitement le fossé entre les deux dossiers. Questionné directement sur ce qu’il attend de Zachary Bolduc, sur la meilleure version du joueur, l’entraîneur a répondu sans détour :
« On le sait qu’il a un bon lancer. Je ne coache pas son lancer. Je coache le reste. »
Tout est là.
Ce « reste », c’est le repli défensif, l’intensité sans la rondelle, la lecture, la constance, la discipline tactique. Et quand un coach dit publiquement qu’il ne coache pas ce qui fait ta force principale, mais qu’il est constamment en train de corriger ce qui entoure ton jeu, ça veut dire que tu n’es plus vu comme un moteur offensif à développer, mais comme un projet à corriger. La nuance est énorme. Et dans la LNH, elle est souvent fatale.
Pendant ce temps, Dach bénéficie d’un contexte favorable pour se relancer. Bolduc, lui, doit prouver qu’il mérite encore d’être là.
C’est un renversement brutal, surtout quand on se rappelle que Bolduc a répondu présent à son arrivée, qu’il a marqué tôt, qu’il a montré des flashes, mais qu’il n’a jamais bénéficié de la même patience structurelle que d’autres jeunes de l’organisation.
On peut défendre Martin St-Louis. On peut dire que Dach à l’aile, c’est plus simple pour lui. On peut dire que le coach voit plus loin. Mais on ne peut pas ignorer l’effet collatéral : dans un vestiaire, les joueurs comprennent très vite qui a le droit à l’erreur… et qui ne l’a plus.
Bolduc regarde ça, et il comprend. Il comprend que malgré son potentiel, malgré son statut de choix de premier tour, malgré ce qu’il a démontré ailleurs, il est désormais en bas de l’échelle quand les décisions lourdes arrivent.
Il comprend aussi que dans une attaque congestionnée, avec les retours de blessés, il n’est plus un élément protégé, mais une variable.
Et c’est exactement comme ça que naissent les dossiers de transaction.
Pas dans une conférence de presse. Pas dans un communiqué. Mais dans ces petits choix quotidiens qui, mis bout à bout, racontent une histoire très claire : le Canadien fait confiance à Kirby Dach pour se relancer immédiatement… et demande à Zachary Bolduc de survivre.
À Montréal, survivre, ça ne dure jamais très longtemps. Si on se fie à Dub, c'est bientôt la fin de Zachary Bolduc à Montréal.
