Bagarre de rue: Matthew Tkachuk perd la tête

Bagarre de rue: Matthew Tkachuk perd la tête

Par David Garel le 2026-02-05

Ça devait être un simple match de saison régulière. Un autre chapitre de la rivalité floridienne. Mais jeudi soir, tout a explosé.

À 15:54 de la troisième période, alors que les Lightning menaient déjà confortablement 4-0 après 40 minutes, la rencontre a basculé dans un chaos total. Une séquence tellement violente, incontrôlable, révélatrice d’un club à bout de souffle et d’un autre qui savourait sa domination.

Tout part d’un accrochage banal entre Nikita Kucherov et Niko Mikkola. Une bousculade, un échange de regards, rien d’inhabituel dans un match tendu.

Puis soudain, Matthew Tkachuk saute dans la mêlée, traverse la glace et prend une course directe vers Kucherov. Le geste est clair. Provocation pure. Message envoyé.

Et là, Brandon Hagel intervient.

Pas de discussion. Pas d’hésitation. Hagel droppe les gants et se jette sur Tkachuk. Un combat de rue. Deux joueurs qui savent exactement ce qu’ils font. Deux tempéraments opposés. Le provocateur en chef contre le soldat discipliné.

Mais ce n’était que le début. Hagel était déchainé et a gagné le combat par décision partagée. Il avait déjà gagné le premier combat contre Tkachuk lors du tournoi des 4 nations. Il l'a encore mal fait paraître ce soir.

En quelques secondes, la glace est devenu un champ de bataille. Tous les joueurs présents s’en mêlent. Des paires se forment un peu partout. Des officiels dépassés. Des bancs en ébullition. Une vraie bagarre générale, comme on n’en voit presque plus dans la LNH moderne.

Les Panthers perdent complètement le fil.

Ce qui frappe, c’est le timing. Le match est déjà pratiquement terminé. Tampa Bay contrôle tout. Le pointage est sans appel. Et pourtant, la frustration de la Floride déborde. Ce n’est pas une réaction compétitive. C’est un aveu d’impuissance.

Parce que la vérité, c’est que les Panthers sont en train de décrocher.

Huit points derrière une place en séries. Une attaque stérile. Un avantage numérique incapable de capitaliser (0-en-7 dans ce match). Une équipe qui sent la saison lui glisser entre les doigts. Et quand une équipe sent ça, elle devient dangereuse. Pas pour l’adversaire. Pour elle-même.

Les pénalités pleuvent.

Au total, 13 pénalités sont distribuées. Jake Guentzel et Kucherov écopent de dix minutes d’inconduite chacun. Le reste, des mineures. Quand la poussière retombe, on compte 61 minutes de pénalité pour la Floride, 76 pour Tampa Bay.

Et puis il y a la scène sur le banc.

L’entraîneur-chef des Panthers, Paul Maurice, explose. Il hurle après les arbitres. Gestes larges. Regard noir. Le dialogue devient rapidement impossible. Il se fait expulser direct. Maurice est chassé du match, officiellement sans minute de pénalité, mais avec une sortie qui résume parfaitement l’état de son équipe.

Perdue. Frustrée. Désorganisée.

Pendant ce temps, Tampa Bay reste clinique.

Profitant du désordre, les Lightning héritent d’un avantage numérique de deux hommes. Et ils enfoncent le clou. Pontus Holmberg marque. 5-0. C'est la fin.

Sauf que cette séquence ajoute encore une couche au cauchemar floridien.

Sur le jeu du but, le gardien partant Daniil Tarasov s’étire de façon extrême pour tenter l’arrêt. Mauvais angle. Mauvaise réception. Il reste au sol. Incapable de se relever. Il doit être aidé pour quitter la glace, visiblement blessé à une jambe.

Tarasov est remplacé par Sergei Bobrovsky, mais le mal est fait. Une défaite humiliante, une bagarre générale, un entraîneur expulsé et maintenant un gardien blessé. Tout ça dans un match perdu 6-1.

C’est la définition même d’une soirée catastrophique.

Et ce n’est pas un incident isolé.

Depuis le début de la saison, la tension entre ces deux clubs ne cesse de monter. La ligue avait déjà dû intervenir plus tôt cette année, avertissant formellement Tampa Bay et la Floride après un match préparatoire qui avait dégénéré en mêlée quasi permanente. On sentait que ça allait finir par exploser pour vrai.

Jeudi, ça a explosé.

Matthew Tkachuk, fidèle à sa réputation, a encore une fois été l’étincelle. Toujours au cœur des débordements. Toujours prêt à pousser la ligne. Toujours celui qui arrive en retard dans l’attroupement pour frapper le joueur clé. C’est son ADN. Il vit dans le trouble.

Sauf que cette fois, ça ressemble moins à de la compétitivité qu’à un réflexe de panique.

Parce que les Panthers glissent dangereusement hors du portrait des séries. Parce que l’équipe ne répond plus. Parce que le groupe a perdu sa structure. Et quand une équipe perd sa structure, elle se réfugie dans l’émotion brute.

Pendant ce temps, Tampa Bay avance.

Le Lightning ont dominé le match de bout en bout. Deux buts en avantage numérique. Une discipline relative malgré la bagarre. Une réponse immédiate sur la glace. Ils ont joué au hockey pendant que la Floride jouait à la bagarre.

Tkachuk représentera les États-Unis aux Jeux. Hagel sera avec le Canada. Deux gars qui viennent de se battre à coups de poing vont se rencontrer à nouveau sur la scène internationale, lors des Jeux de Jeux olympiques d’hiver de Milano-Cortina 2026. Mais cette fois, ils ne pourront pas se battre, le règlement olympique l'interdisant.

Mais avant ça, la Floride doit regarder la réalité en face.

Cette équipe est en train de s’effondrer.

Oui, il y a une pause olympique qui arrive. Oui, ça donnera du temps pour soigner Tarasov. Oui, ça permettra de respirer. Mais une pause ne règle pas les problèmes d'une équipe qui a perdu la tête.

.Elle ne transforme pas une attaque muette en machine offensive. Elle ne redonne pas une identité à un groupe qui l’a perdue.

Jeudi soir, les Panthers ont montré exactement où ils en sont.

À court d’idées. À court de solutions. À court de sang-froid.

Une équipe qui frappe quand elle n’arrive plus à jouer. Un entraîneur qui explose quand il ne contrôle plus son banc. Un vestiaire qui implose pendant que l’adversaire empile les buts.

Le Lightning, eux, ont envoyé un message cinglant : en Floride, il n’y a plus de débat.

Et Matthew Tkachuk peut bien continuer ses numéros de colon.

Mais quand ton club est à huit points des séries et que tu passes ton troisième tiers à chercher la bagarre dans un match déjà perdu, ce n’est plus du leadership.

C’est de la panique.