Bagarre générale au baseball: le Canada donne une volée au Mexique

Bagarre générale au baseball: le Canada donne une volée au Mexique

Par David Garel le 2026-03-05
hockey30

Une scène complètement surréaliste s’est produite au tournoi de la Classique mondiale de baseball, samedi soir à Phoenix. Un match entre le Canada et le Mexique s’est transformé en véritable bagarre générale… avec des scènes dignes d’un combat de hockey. (voir la vidéo plus loin dans l'article)

Tout a dégénéré en neuvième manche alors que le Canada dominait largement le Mexique par la marque de 10-3. La tension montait déjà depuis quelques minutes, mais l’étincelle finale est survenue lorsqu’un joueur canadien a été atteint par un lancer.

Les Mexicains étaient furieux, convaincus que les Canadiens avaient manqué de respect à une règle non écrite du baseball : quand tu mènes largement, tu évites d’en rajouter.

Sauf que dans la Classique mondiale, le contexte est particulier. Le différentiel de points peut servir de bris d’égalité dans certains scénarios.

Et après avoir encaissé une défaite de 14-4 contre l’Italie lors du premier match du tournoi, le Canada avait absolument besoin d’empiler les points.

C’est dans ce contexte qu’avec une avance de 9-3 en neuvième manche, Chris Robinson a décidé d’amortir le long de la troisième ligne pour se rendre sur les buts. Un geste parfaitement stratégique dans ce tournoi… mais qui a fait exploser le banc mexicain.

Les reprises télé ont montré le troisième but mexicain Luis Cruz dire clairement à son lanceur Arnold Leon de viser le prochain frappeur canadien, Rene Tosoni.

Leon a tenté le coup immédiatement.

Deux lancers ont frôlé Tosoni sans l’atteindre. L’arbitre Brian Gorman a alors averti les deux équipes pendant que Tosoni, furieux, criait en direction du monticule.

Puis au lancer suivant… Leon a frappé Tosoni directement dans le dos.

La poudrière a explosé.

Les deux équipes ont envahi le terrain et ce qui devait être une simple échauffourée s’est transformé en véritable combat. Contrairement aux bousculades habituelles du baseball où les joueurs se poussent et se crient après, cette fois-ci il y avait de vrais coups de poing.

Des joueurs comme Tyson Gillies et Jay Johnson ont échangé des coups avec les Mexicains. Certains ont même tiré les chandails par-dessus la tête de leurs adversaires — un geste typiquement associé aux bagarres de hockey.

Justin Morneau, l’un des vétérans canadiens, a résumé l’état d’esprit de son équipe.

À un moment donné, tu dois te tenir debout pour toi-même. On s’est fait atteindre parce qu’on jouait le match comme il faut. Ça arrive, mais tu ne peux pas simplement te laisser intimider.

Comme si la situation n’était pas déjà assez chaotique, la tension s’est ensuite déplacée dans les gradins.

Pendant que les équipes tentaient d’être séparées, un partisan mexicain a lancé une bouteille d’eau qui a frappé l’entraîneur des lanceurs du Canada, Denis Boucher, à la tête.

Quelques instants plus tard, un autre objet a été lancé en direction de l’entraîneur au premier but, Larry Walker.

Le gérant canadien Ernie Whitt a alors averti les officiels que si un autre objet était lancé sur le terrain, il retirerait immédiatement son équipe du match.

Walker, ancien joueur des Expos de Montréal, a aussi raconté une scène assez incroyable. Il tentait d’empêcher la vedette mexicaine Adrian Gonzalez d’entrer dans la mêlée lorsqu’il a aussi dû retenir le lanceur Alfredo Aceves.

En riant, Walker a lancé qu’en regardant Aceves dans les yeux, il avait l’impression de voir le diable lui-même.

Pendant ce temps, le stade Chase Field, rempli de près de 20 000 spectateurs, était en ébullition, au point où l’annonceur a dû supplier la foule à deux reprises de rester calme.

Lorsque le jeu a finalement repris, plusieurs expulsions ont été annoncées. Du côté canadien, Rene Tosoni, Jay Johnson et Pete Orr ont été chassés. Chez les Mexicains, Arnold Leon, Alfredo Aceves, Oliver Perez et Eduardo Arredondo ont aussi été expulsés.

Malgré la violence de l’incident, Ernie Whitt a assuré qu’aucun joueur canadien n’avait été blessé.

Avec son humour habituel, il a lancé : on ne peut pas blesser des Canadiens.

Whitt a cependant profité de l’incident pour remettre en question une règle du tournoi, celle qui pousse les équipes à accumuler le plus de points possible pour les bris d’égalité.

Selon lui, ce système pousse parfois les équipes à marquer inutilement contre des adversaires déjà battus — une situation que plusieurs joueurs de baseball considèrent comme un manque de respect.

Du côté mexicain, le gérant Rick Renteria a parlé d’un simple malentendu. Selon lui, certains joueurs n’avaient peut-être pas bien compris que dans ce tournoi précis, le différentiel de points pouvait devenir crucial.

Pris dans l’intensité du moment, le lanceur Leon aurait simplement perdu son sang-froid.

Les joueurs mexicains, eux, n’ont pas été rendus disponibles aux médias après le match.

Cette bagarre a même fait réagir une figure bien connue du hockey canadien.

Le bon vieux Don Cherry a applaudi l’attitude combative des Canadiens.

« Voilà comment ça se passe, les bons Canadiens. Maintenant, il faut battre les Américains demain. »

L’incident est maintenant analysé par le comité technique de la Classique mondiale de baseball, composé de représentants des Ligues majeures et de l’association des joueurs.

Des suspensions pourraient être annoncées. Toutefois, elles n’auraient aucun impact pour le Mexique, qui avait déjà terminé son parcours dans la ronde initiale du tournoi.

Pour le Canada, tout se jouera lors du prochain match contre les États-Unis. Une victoire permettrait à l’équipe d’accéder à la deuxième ronde du tournoi, prévue à Miami.

Justin Morneau, lui, a reconnu que les bagarres sont extrêmement rares au baseball… mais qu’elles peuvent parfois arriver lorsque les émotions débordent.

Habituellement, ça se limite à des mots. Les coups de poing, c’est beaucoup plus rare. Mais dans un match comme celui-là, avec autant d’intensité, on ne sait jamais ce qui peut arriver.

Et pendant quelques minutes, au milieu d’un terrain de baseball en Arizona, le sport avait clairement pris des airs de patinoire.