Bagarre sur le banc: un congédiement qui fait jaser

Bagarre sur le banc: un congédiement qui fait jaser

Par David Garel le 2026-01-12

Le congédiement de Dean Evason à Columbus n’est déjà pas banal en soi, mais il devient carrément surréaliste quand on réalise qui arrive pour prendre la relève : Rick Bowness.

Deux hommes d’expérience, deux vétérans du banc… et deux gars qui, il n’y a pas si longtemps, avaient littéralement envie d’en découdre à quelques mètres de la glace.

Parce que oui, impossible de parler de cette transition sans replonger dans cette scène complètement folle survenue à l’époque où Evason dirigeait le Wild du Minnesota et Bowness les Jets de Winnipeg.

Un match tendu, une séquence litigieuse, des bancs surchauffés… et soudain, Bowness, alors derrière le banc adverse, qui se lève, échange des mots durs, avance d’un pas qui ne laisse aucune place à l’interprétation. Evason ne recule pas.

Les regards se figent, les mâchoires se crispent, et pendant quelques secondes, on a réellement l’impression que deux entraîneurs-chefs de la LNH sont à un souffle de régler ça à l’ancienne, derrière le banc, sous les yeux médusés des officiels.

Une scène rare, brute, presque irréelle dans une ligue où tout est habituellement millimétré et contrôlé.

Et aujourd’hui, ce même Rick Bowness débarque à Columbus pour remplacer exactement l’homme avec qui il était prêt à se battre. C’est fou quand on y pense. Fou, mais aussi révélateur du contexte extrême dans lequel baignent les Jackets. Evason n’aura pas survécu à une saison et demie derrière le banc, malgré un dossier de 40-33-9 en 2024-2025 qui, sans être glorieux, n’était pas non plus catastrophique pour une organisation en reconstruction.

Cette année, à 19-19-7, Columbus stagne, piétine, s’essouffle… et se retrouve enlisé au bas de l’Association de l’Est. Le message n’entrait plus. La patience, déjà mince, a fini par casser.

Bowness, lui, arrive avec une crédibilité impossible à contester. Son passage avec les Winnipeg Jets a été solide, structuré, efficace.

Avant ça, à Dallas, il a mené les Dallas Stars jusqu’en finale de la Coupe Stanley en 2020, prouvant qu’il sait gérer la pression, les égos, les séries, et surtout les vestiaires complexes. C’est exactement ce que Don Waddell cherche : un stabilisateur, un communicateur, un entraîneur qui impose une identité défensive claire et qui remet de l’ordre quand tout menace de s’écrouler.

Mais l’ironie demeure délicieuse, presque cinématographique. L’homme choisi pour « calmer » Columbus est celui qui, il y a quelques années, bouillonnait au point de vouloir traverser la bande pour aller confronter Evason.

Deux tempéraments forts, deux caractères entiers, deux coachs incapables de tricher avec leurs émotions. La ligue recycle, mais elle n’oublie jamais.

Et cette passation de pouvoir, aussi professionnelle soit-elle aujourd’hui, porte encore l’écho de cette fameuse altercation derrière le banc, comme un rappel brutal que la LNH, même au niveau des entraîneurs, reste un milieu de passion viscérale.

Bowness fera ses débuts mardi soir, à domicile, contre les Calgary Flames, avant d’accueillir les Vancouver Canuckspuis de se rendre à Pittsburgh pour affronter les Pittsburgh Penguins.

Trois matchs pour installer son ton, sa structure, son autorité. Trois matchs pour tourner la page Evason… et, quelque part, refermer définitivement ce vieux chapitre où deux entraîneurs étaient à un pas de se battre derrière un banc de la LNH.

La boucle est bouclée. Et franchement, c’est difficile d’imaginer une transition plus chargée de symboles que celle-là.