Bévue inacceptable au Centre Bell: la famille de Phil Goyette ne mérite pas cette honte

Bévue inacceptable au Centre Bell: la famille de Phil Goyette ne mérite pas cette honte

Par David Garel le 2026-01-20

Il y a des erreurs qui dépassent le simple faux pas, des maladresses qui deviennent des taches, et des moments où une organisation centenaire comme le Canadien de Montréal devrait, instinctivement, savoir qu’elle n’a pas droit à l’à-peu-près.

Ce qui s’est produit lors de l’hommage rendu à Phil Goyette, présenté à tort comme un défenseur lors du match contre le Wild du Minnesota, appartient à cette catégorie-là. Une erreur inacceptable. Une faute qui frôle l’indécence. Et surtout, une honte qui ne peut pas être balayée d’un revers de main comme une simple coquille.

Phil Goyette n’était pas un figurant de l’histoire du Canadien. Il n’était pas un nom secondaire qu’on peut confondre à la va-vite sur un écran géant. Il était un centre, un vrai, un joueur clé de l’une des plus grandes dynasties de l’histoire de la Ligue nationale, un homme qui a soulevé quatre coupes Stanley avec le Tricolore entre 1957 et 1960.

Un enfant de Lachine, un produit de Montréal, un joueur qui a porté ce chandail à une époque où chaque présence sur la glace s’inscrivait dans une tradition quasi sacrée.

Le présenter comme un défenseur, dans un moment censé être solennel, respectueux et irréprochable, c’est plus qu’une erreur factuelle.

C’est un manque de rigueur institutionnelle. C’est un manque de mémoire. Et c’est surtout un manque de respect envers un homme qui a donné ses meilleures années à cette organisation.

Michel Villeneuve l’a affirmé sans détour : Chantal Machabée avait honte.

Impardonnable erreur de souligner le décès de Phil Goyette en Le présentant comme défenseur Il a gagné 4 coupes Stanley et a sa meilleure saison il a terminé au 4e rang des compteurs de la NHL. Chantal a levé la tête.

Elle savait. Elle était consciente de l’erreur au moment même où elle se produisait. Et c’est peut-être ça, le plus troublant dans toute cette histoire.

Parce que si elle le savait, cela signifie que quelqu’un, quelque part dans la chaîne décisionnelle du Canadien de Montréal, a laissé passer l’erreur quand même.

Par négligence, par précipitation ou par indifférence. Peu importe la raison, le résultat est le même : on a échappé quelque chose qui ne devait jamais l’être.

On parle souvent de l’ADN du Canadien. De son histoire. De son devoir de mémoire. On invoque les Jean Béliveau, les Henri Richard, les Maurice Richard comme des piliers intouchables, et avec raison.

Mais c’est précisément pour ça que des joueurs comme Phil Goyette méritent une attention encore plus méticuleuse.

Parce qu’ils sont les légendes dans l’ombre, ceux qui ont bâti les fondations pendant que d’autres captaient les projecteurs. Des joueurs essentiels, respectés dans leur vestiaire, respectés par leurs pairs, respectés par leurs adversaires.

Phil Goyette, c’était 375 matchs à Montréal. C’était un rôle central dans une équipe qui gagnait, année après année, dans une ligue où rien n’était facile.

C’était un joueur assez respecté pour devenir plus tard le premier entraîneur-chef de l’histoire des Islanders de New York, un rôle qu’on ne confie pas à n’importe qui. Ce n’était pas un détail statistique.

Ce n’était pas un nom interchangeable. C’était un morceau vivant de l’histoire du Canadien.

Alors non, on ne nous « niaise » pas. C’est pire que ça. On nous démontre qu’à l’interne, la mémoire institutionnelle peut parfois être traitée avec une légèreté déconcertante. Et quand cette légèreté touche un hommage posthume, elle devient carrément indéfendable.

Le Canadien de Montréal doit s’excuser. Pas à demi-mot. Pas en corrigeant discrètement une ligne sur un site web. Il doit s’excuser publiquement, clairement, et surtout directement à la famille de Phil Goyette.

Parce qu’au-delà des partisans, au-delà des médias, ce sont eux qui ont vu le nom de leur père, de leur grand-père, être associé à une erreur qui n’aurait jamais dû se produire.

Une organisation qui se targue d’être la plus glorieuse de l’histoire du hockey ne peut pas se permettre de se tromper sur l’identité même de ceux qui ont bâti cette gloire. Sinon, à force d’oublier les détails, on finit par trahir l’essentiel.