Depuis quelques jours, un nom revient avec une insistance à Montréal : Blake Coleman. Pas une rumeur lancée pour meubler l’antenne. Un vrai dossier aigné Pierre LeBrun.
Le nom de Coleman circule à l’interne depuis des lunes, et qui colle parfaitement à ce que le Canadien de Montréal cherche à ajouter à son noyau : du caractère, du vécu, de la robustesse, et surtout un joueur qui devient encore plus précieux quand le jeu se resserre.
Pierre LeBrun a mis le feu aux poudres en dévoilant à quel point Coleman est haut sur la liste de Montréal. Et LeBrun ne parle jamais dans le vide.
« Selon mes informations, qui est assez haut sur la liste du Canadien, c’est celui de Blake Coleman des Flames de Calgary, qui d’ailleurs a affronté le Canadien mercredi soir au Centre Bell. »
Le timing n’est pas un hasard. Coleman est exactement le type de joueur que plusieurs équipes appellent à propos, semaine après semaine. Et LeBrun explique très bien pourquoi :
« Je pense que Blake Coleman, écoute, c’est un joueur qui a plusieurs équipes à l’entour de la Ligue qui appellent les Flames souvent à son sujet. On comprend pourquoi. Il a gagné la Coupe deux fois. C’est un gars de caractère, un leader. C’est un gars qui joue très physique. C’est un gars qui, durant les séries éliminatoires, devient un joueur encore plus important, ce genre de joueur. »
Après le bilan positif de Kent Hughes, @PierreVLeBrun entend des noms circuler sur le marché des transactions et il pense que le #CH pourrait faire sonner le téléphone des Flames de Calgary plus tôt que tard.
— RDS (@RDSca) January 8, 2026
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Ce portrait-là, à Montréal, on le connaît par cœur… parce qu’il manque. Coleman n’est pas un joueur de finesse, ni un producteur de 80 points. Il est ce joueur de séries que le CH n’a pas depuis trop longtemps, celui qui rend la vie difficile à l’adversaire, qui joue lourd sans sortir du cadre, et qui comprend exactement ce que ça prend pour gagner quand ça compte.
« Il est signé cette année et l’année prochaine à 4,9 millions, alors c’est un bon contrat. Et puis, de ce que je comprends, c’est un nom que le Canadien parle à l’interne. »
Le contrat est crucial ici. À 4,9 M$ pour cette saison et la suivante, Coleman représente un pari mesuré, pas une hypothèque. Mais attention : le dossier est loin d’être simple. LeBrun met immédiatement les freins.
« Ça fait du sens, parce que c’est un peu le genre de joueur qu’on manque un peu à Montréal. Ou ça va de là, comme je te dis, il y a tellement d’équipes qui sont intéressées à Blake Coleman. Ça ne se prendrait pas si le Lightning de Tampa voulait le ramener à Tampa où il a gagné des Coupes. »
Autrement dit : Montréal n’est pas seul. Et surtout, les Flames de Calgary n’ont pas encore décidé s’il voulait réellement appuyer sur le bouton.
« Deuxièmement, les Flames n’ont pas encore décidé s’ils veulent l’échanger. C’est ça la question. Bien oui. Oui, il y a encore une année sur le contrat. Alors, de ce que je comprends, ça, ce n’est pas encore décidé non plus. »
À cela s’ajoute un élément majeur, souvent sous-estimé : le contrôle du joueur sur sa destination.
« Et finalement, il y a le fait que Blake Coleman, il y a une liste de noms d’échange où… il y a seulement 10 équipes où il a dit oui, je peux me faire échanger là. Alors, c’est une liste assez stricte. »
Ce détail change tout. Montréal ne peut pas simplement arriver avec une offre agressive. Coleman doit vouloir venir. Et ça implique une vision claire, un projet crédible et un rôle précis. Exactement ce que Montréal offre.
Selon ce qui circule, Coleman accepterait de devenir un membre du CH demain matin.
C’est là que la prudence de Kent Hughes entre en ligne de compte. LeBrun insiste :
« Mais l’autre chose que je te dirais aussi, c’est que je pense que le Canadien aimerait ça se rendre aux Olympiques avant de faire quelque chose d’important, de même que ce soit lui ou un autre joueur, parce que le classement est tellement serré. »
Le CH veut voir clair avant de payer le prix.
« Se rendre aux Olympiques pour voir où on est dans le classement, comment on est en santé, qu’est-ce qui se passe avec notre équipe, parce que la situation avec les gardiens de but, finalement, c’est correct, avant de décider si on va aller sacrifier d’autres, soit un jeune espoir, un choix de repêchage pour aller chercher un vétéran avant le 6 mars. »
Et le prix, justement, sera élevé. LeBrun ne tourne pas autour du pot.
« On sait que Blake Coleman, comme tu l’as dit, a gagné deux coupes avec le Lightning de Tampa Bay, a été un membre très important de ces deux conquêtes-là du Lightning de Tampa Bay. Et du côté de Kent Hughes, justement, est-ce que tu donnes des choix au repêchage, des hauts choix au repêchage, de bons espoirs également? »
C’est ici que le surplus défensif et offensif du Canadien entre directement dans l’équation. Calgary veut se durcir. Calgary cherche de la robustesse. Et si un défenseur gaucher doit partir, le nom d’Arber Xhekaj est celui qui attire le plus, autant pour son impact physique que pour sa valeur marketing. Jayden Struble, lui, n’a pas le même poids sur le marché. Adam Engström intrigue, mais Coleman ne partira pas pour un projet à long terme sans un choix élevé pour compenser.
LeBrun résume parfaitement le dilemme de Hughes :
« Tu l’as dit plus tôt, je ne suis pas certain que Kent Hughes veut… En fait, je pense que Kent Hughes veut faire attention à ses choix, à ses jeunes joueurs. Quel pourrait être le prix? Qu’est-ce qu’on peut donner même aux Flames? Ça, c’est l’autre grande question. »
Kirby Dach serait un profil qui intéresse les Flames depuis des lunes. Est-ce que Hughes veut voir de quel bois se chauffe l'attaquant quand il reviendra de blessure, avant de l'envoyer à Calgary?
Voilà où en est le Canadien. Pas en mode panique. Pas en mode observation passive non plus. Coleman est un vrai nom, un vrai fit, un vrai débat à l’interne. Mais pour l’obtenir, Montréal devra accepter une réalité inconfortable : sacrifier une pièce qu’il aime, pour aller chercher un joueur qui peut transformer une série.
Et c’est exactement ce genre de décision qui définit si une équipe est encore en reconstruction… ou si elle est prête à passer à l’étape suivante: viser la Coupe Stanley.
