Blocage évident : Martin St-Louis perd le fil

Blocage évident : Martin St-Louis perd le fil

Par André Soueidan le 2026-03-24

Quelque chose ne tourne plus rond… et cette fois, ça ne peut pas être ignoré.

Pas avec autant de talent sur la glace. Pas dans un moment aussi crucial de la saison. Et surtout… pas dans une situation aussi favorable.

Deux hommes en plus. Trente-neuf secondes complètes. Une mise en jeu gagnée proprement par Nick Suzuki contre Jordan Staal. Tout est en place.

Tout.

Et pourtant… rien ne se passe.

Le Canadien de Montréal obtient un 5 contre 3 en plein cœur de la deuxième période contre les Hurricanes de la Caroline. Le pointage est de 2-1. Le match est encore à portée. Le moment est parfait pour frapper.

Martin St-Louis le sait. Il prend même un temps d’arrêt pour reposer ses meilleurs éléments. Lane Hutson. Ivan Demidov. Nick Suzuki. Cole Caufield. Juraj Slafkovsky.

L’élite offensive du Canadien.

Et là… le vide.

La rondelle circule. Lentement. Trop lentement. Des petites passes en périphérie. Des échanges entre Hutson et Suzuki à la ligne bleue. Aucun débordement. Aucun mouvement vers le filet. Aucun chaos.

Juste de l’attente.

Comme si tout le monde cherchait le jeu parfait.

Comme si personne n’osait briser le moule.

Et c’est là que le problème saute aux yeux.

Parce que cette équipe-là… on l’a vue dominer à 3 contre 3. On l’a vue étouffer ses adversaires avec sa vitesse, sa créativité, sa capacité à garder la rondelle pendant de longues séquences. Le Canadien est l’une des meilleures équipes de la ligue dans ces situations ouvertes.

Pourquoi?

Parce que les joueurs bougent. Parce que la rondelle vit. Parce que ça tourne. Ça coupe. Ça déborde. Ça crée des ouvertures.

Alors expliquez ça.

Comment une équipe aussi dynamique à 3 contre 3 peut devenir aussi statique à 5 contre 3?

Deux joueurs de plus… et soudainement, tout se fige.

C’est là que le regard se tourne derrière le banc.

Parce que ça ne peut pas être une coïncidence. Ce n’est pas une question d’effort. Ce n’est pas un manque de talent. Ce n’est pas un manque d’options.

C’est un manque de direction.

On envoie les joueurs sur la glace… et on espère que ça va cliquer.

Mais à ce niveau-là, ça ne fonctionne pas comme ça.

Un 5 contre 3, ce n’est pas une simple supériorité numérique. C’est une occasion de dominer complètement. De faire bouger trois joueurs défensifs qui collapsent devant leur gardien. De créer du déséquilibre. De forcer des ouvertures.

Mais pour ça… il faut du mouvement.

Il faut sortir de la structure figée.

Il faut patiner avec la rondelle. Tourner autour du filet. Entrer. Sortir. Revenir. Étirer le triangle défensif. Créer des lignes de passe en mouvement.

Exactement comme à 3 contre 3.

Mais avec deux joueurs de plus.

Un en soutien. Un en profondeur. Un en lecture.

Ce n’est pas compliqué.

Et pourtant… rien de tout ça n’est visible.

Le Canadien reste en place. Attends. Cherche. Hésite.

Et pendant ce temps… les Hurricanes n’ont même pas besoin de bouger.

Ils bloquent les lignes. Ils ferment les angles. Ils laissent le temps s’écouler.

Et la séquence meurt.

Silencieusement.

C’est ça, le vrai problème.

Pas le manque de finition. Pas un tir raté. Pas un arrêt spectaculaire.

Un manque d’identité.

Parce qu’en ce moment, le Canadien ne joue pas selon ses forces dans ces moments-là.

Et ça… c’est directement lié à ce qui est demandé derrière le banc.

Ce n’est pas en changeant les joueurs que tu règles ça. Ce n’est pas en alternant Hutson avec un autre. Ce n’est pas en espérant un éclair de génie.

C’est en donnant une structure claire.

Un message simple.

Les gars… faites-les bouger.

Faites-les travailler.

Faites-les paniquer.

Parce que dans la situation actuelle… c’est exactement l’inverse qui se produit.

Et dans une course aux séries aussi serrée, ce genre de détail devient énorme.

Chaque point compte.

Chaque séquence compte.

Chaque 5 contre 3 compte.

Parce que ce sont ces moments-là qui font basculer une saison.

Et en ce moment… le Canadien laisse passer ces occasions.

Pas par manque de talent.

Par manque de clarté.

Et la question devient inévitable.

Combien de temps avant que ça coûte un match?

Combien de temps avant que ça coûte une place en séries?

Parce que rendu là… il sera trop tard pour se poser la question.

Ouf…