Il se passe des choses graves au Minnesota. Des choses humaines, tragiques, lourdes. Des décès lors de manifestations, des interventions policières contestées, un climat social extrêmement tendu.
Personne de sensé ne banalise ça. Personne ne rit de ça. Et évidemment, les pensées vont d’abord aux familles endeuillées et aux citoyens pris au cœur de cette tempête.
Mais il y a une ligne qui vient d’être franchie sur les ondes de Cogeco.
Et cette ligne, elle touche directement le Canadien de Montréal.
Aujourd'hui, Nathalie Normandeau et Luc Ferrandez, au micro du 98,5 FM, ont sérieusement soulevé l’idée que le Canadien et Geoff Molson devraient… boycotter son match du 2 février à Minneapolis contre le Wild du Minnesota, comme geste symbolique pour dénoncer directement Donald Trump et les opérations de l’ICE.
On parle ici d’une équipe canadienne, d’une organisation sportive qui n’est pas américaine, qui n’a aucun pouvoir politique, et qui évolue dans une ligue nord-américaine structurée autour d’un calendrier, de contrats télé, de droits commerciaux et d’obligations sportives très strictes.
Ce n’est pas le rôle du Canadien de Montréal.
Le sport n’est pas un bouton de panique politique.
La NBA, via l’Association des joueurs, a choisi de publier un communiqué de soutien aux manifestants. C’est leur droit. C’est leur culture. C’est une ligue où l’activisme est intégré depuis longtemps.
Mais la LNH, historiquement, fonctionne autrement. Elle est conservatrice, institutionnelle, et surtout très prudente. Et ce n’est pas un défaut : c’est un choix stratégique pour protéger ses franchises, ses joueurs, et ses marchés.
Le Canadien de Montréal n’est ni un parti politique, ni une ONG, ni une plateforme militante.
C’est une organisation sportive, qui représente une ville, une province, un pays et surtout des millions de partisans aux opinions diverses.
Exiger ou même suggérer qu’il boycotte un match à l’étranger, c’est instrumentaliser le hockey pour servir un agenda idéologique. Et ça, peu importe l’angle politique, c’est dangereux.
Pendant que Cogeco lançait ce débat complètement déconnecté, les Warriors de Golden State, en NBA, ont joué leur match contre les Timberwolves du Minnesota.
Match non annulé.
Aucune controverse.
Aucune pression sur une équipe étrangère à la situation.
Alors pourquoi, exactement, le Canadien de Montréal devrait faire ce que même les équipes américaines ne font pas?
La réponse est inconfortable, mais évidente : parce que Cogeco est encore prisonnière de sa doctrine anti-Donald Trump, au point de vouloir mêler le CH à un débat qui ne le concerne pas.
Au point... de souhaiter la mort du président des États-Unis, alors que Geneviève Brouillette affirmait qu'elle fêterait le décès de Trump comme si c'était la St-Jean:
Au @le985fm avec l'animatrice Marie-Claude Lavallée, l'actrice Geneviève Brouillette fait une folle d'elle en souhaitant une infarctus au président américain en 2026 tout en expliquant comment elle va fêter ça.
— Mister White 🏴☠️ (@MisterWhiteRP) December 24, 2025
Ce n'est pas en mettant ces dames avec beaucoup d'expérience mais… pic.twitter.com/zoPUg7KtiN
Le CH est pris en otage médiatique.
Et c’est là que le malaise devient sérieux.
Le 98,5 FM est le diffuseur officiel et exclusif des matchs radio du Canadien de Montréal. Cette station parle donc, indirectement, au nom de l’environnement médiatique du CH.
Quand on utilise cette tribune pour suggérer que le Canadien devrait annuler un match pour envoyer un message politique aux États-Unis, on entraîne le club dans une tempête qui n’est pas la sienne.
Croyez-vous vraiment que le Canadien veut être associé à : des débats politiques étrangers? Des prises de position idéologiques tranchées? Une lecture morale des événements américains imposée à une équipe canadienne?
La réponse est non. Et ce n’est même pas discutable.
Cette sortie arrive au pire moment possible pour Cogeco.
La station est déjà : en chute libre dans les cotes d’écoute, dépassée par QUB Radio, critiquée pour son ton moralisateur, et selon les informations qui circulent, en route vers 5 millions de dollars de pertes en 2025.
Dans ce contexte, demander au Canadien de Montréal de poser un geste politique international frôle l’irresponsabilité.
On dirait une station qui ne sait plus où sont ses limites, qui confond débat, militantisme et spectacle radiophonique, quitte à entraîner ses partenaires avec elle.
L’empathie n’exige pas l’absurde.
Être solidaire des victimes au Minnesota, oui.
Reconnaître la gravité des événements, oui.
Débattre de la violence, des dérives policières, de l’immigration, oui.
Mais forcer le Canadien de Montréal à devenir un symbole politique, non.
Le hockey peut rassembler. Il peut consoler. Il peut offrir un moment de respiration dans un monde tendu. Mais il ne doit pas être instrumentalisé pour servir une obsession idéologique, aussi sincère soit-elle.
À force de multiplier ce genre de sorties, Cogeco place le Canadien dans une position délicate.
Et une question devient inévitable, surtout avec un contrat radio qui se termine à l’été 2026 :
Le Canadien de Montréal veut-il vraiment continuer à s’associer à une station qui politise tout, même le hockey?
Le sport doit parfois parler. Mais il doit surtout savoir quand se taire.
Et cette fois-ci, Cogeco aurait dû écouter… au lieu de parler.
