Brendan Gallagher fait pitié devant les caméras: la chute d'un guerrier

Brendan Gallagher fait pitié devant les caméras: la chute d'un guerrier

Par David Garel le 2026-01-17

L'entrevue de Brendan Gallagher nous a marqué à vie. Ouch.

ll y a des entrevues qui marquent parce qu’un joueur dit quelque chose de fort.

Et puis il y a celles qui frappent parce qu’un joueur ne dit rien, mais que tout est déjà visible dans son regard, dans sa position de faiblesse, dans les silences entre les phrases.

Celle de Brendan Gallagher hier appartient à ces moments où l'on voit la chute d'une homme... sous nos yeux...

Lorsque le vétéran s’est présenté devant les caméras à Ottawa, le contexte était déjà lourd. Kirby Dach, Jake Evans et Patrik Laine venaient de réintégrer l’entraînement avec le groupe régulier, sans chandail de non-contact, ce qui annonçait clairement une congestion imminente à l’attaque.

Owen Beck venait d’être renvoyé à Laval, et tout indiquait que d’autres décisions suivraient rapidement. Interrogé directement sur la pression que cela crée, sur le fait que certains attaquants pourraient devoir sortir de l’alignement malgré leur expérience, Gallagher n’a pas tenté de détourner la réalité.

« Ça a toujours fait partie de la business », a-t-il répondu, avant d’ajouter qu’il allait « continuer de sauter sur la glace en voulant aider l’équipe à gagner, sans essayer de trop en faire ».

Puis, visiblement conscient de ce qui l’attend, il a reconnu que « ce sont des moments difficiles, mais des moments où un athlète doit être alerte ».

Ce n’était pas une réponse défensive, ni une sortie émotive. C’était le discours d’un joueur qui comprend parfaitement pourquoi ces questions existent, pourquoi elles lui sont posées à lui, maintenant, et pourquoi la marge de manœuvre se rétrécit.

Gallagher savait très bien que le retour simultané de plusieurs attaquants établis rendait sa situation précaire, et il ne s’est pas réfugié derrière son statut ou son passé pour l’ignorer.

Au contraire, il a parlé comme quelqu’un qui accepte que la hiérarchie puisse changer, même si cela le place directement dans la zone de danger.

Et c’est précisément ce ton-là (triste, presque résigné) qui a rendu l’entrevue aussi malaisante à regarder : parce qu’à travers ses mots, on comprenait qu’il ne se bat plus contre la critique, mais contre le temps.

Devant les caméras, le vétéran n’avait rien d’un homme en colère, ni même d’un joueur frustré. Il avait l’air… lucide... et fatigué.

Comme quelqu’un qui comprend très bien ce qui se passe autour de lui, mais qui refuse encore de le dire à voix haute.

Quand il affirme que « ça a toujours fait partie de la business », qu’il va « continuer d’aider l’équipe sans essayer d’en faire trop » et que ce sont des moments où « un athlète doit être alerte », il ne parle pas comme un joueur confiant dans sa place. Il parle comme quelqu’un qui sait... que c'est bientôt fini.

Et surtout, il sait que pour la première fois de sa carrière à Montréal, le débat ne tourne plus autour de son effort, mais autour de sa pertinence.

C’est là que le malaise devient réel.

Parce que Brendan Gallagher n’est pas un passager anonyme. Ce n’est pas un vétéran interchangeable. C’est un symbole. Un joueur qui a construit sa carrière sur la douleur, sur l’acharnement, sur cette capacité presque inhumaine à encaisser sans jamais reculer.

Mais le hockey, surtout celui de la LNH moderne, ne négocie pas avec la nostalgie. Il juge au présent. Il tranche dans le concret. Et le présent, pour Gallagher, est brutal.

Le guerrier... est devenu passé date.

Stéphane Robidas l’a dit sans détour : les équipes qui aspirent aux grands honneurs sont celles qui ont de la profondeur.

Dans ce contexte-là, Gallagher n’est pas naïf. Il comprend que certains joueurs sont plus à risque de se retrouver sur la passerelle. Il le dit lui-même. Mais ce que son discours ne dit pas explicitement, c’est à quel point être conscient de la situation ne rend pas la chose moins lourde à porter.

Et c’est là que l’éléphant entre pleinement dans la pièce.

Car ce malaise ne vit plus seulement dans les corridors de Brossard. Il est maintenant public. Les médias traditionnels en parlent. Les analystes posent la question. Les podcasts spécialisés abordent ouvertement la possibilité de l’écarter de l’alignement.

Brendan Gallagher a donné tout ce qu’il avait. Littéralement. Mais aujourd’hui, le hockey qu’il peut offrir ne correspond plus au hockey que le Canadien est en train de devenir.