2026 sera-t-elle la dernière année de Brendan Gallagher? La dernière ligne droite d’un guerrier à bout de souffle?
Alors que le Canadien est en feu, une évidence crève les yeux, et elle dérange : Brendan Gallagher n’a plus sa place dans cette équipe.
Ce n’est pas une attaque gratuite. C’est une conclusin claire, nette et précise. Il suffit d’ouvrir les yeux, de regarder un match, de suivre la cadence infernale de cette jeune formation en pleine ascension pour comprendre que le numéro 11 est dépassé, lent, souffrant, et marginalisé.
Depuis quelques semaines, son temps de glace dégringole. Moins de 13 minutes par match, la moyenne la plus basse de sa carrière. Contre les Panthers, il n’a joué que 9 minutes. Et ce n’est pas un hasard. C’est une lente mise à l’écart.
Une sorte d’effacement progressif qu’on tente de maquiller avec respect, mais qui ne trompe plus personne. Gallagher est sur le quatrième trio, et on ne voit pas comment il en sortirait.
Ce qui rend le tout encore plus inconfortable, c’est la déconnexion entre ce que le club est devenu (jeune, rapide, structuré) et ce que Gallagher représente aujourd’hui: un guerrier usé, qui n’a plus les jambes, ni la poussée pour suivre le jeu. Et il le sait.
« J’essaie d’optimiser les chances qui me sont données, d’avoir un impact. J’essaie encore de pousser, mais c’est ce qu’on me demande en ce moment. J’essaie de le faire à la hauteur de mes capacités. »
Ce sont les mots d’un homme lucide. Mais ce sont aussi les mots d’un homme résigné. On le sent. Gallagher fait tout ce qu’il peut, mais ce qu’il peut n’est plus suffisant.
À 33 ans, après près de 1000 matchs professionnels, son corps ne suit plus. Et le malaise est tangible. Ce n’est plus juste une question de production (il n’a marqué que deux buts cette saison), c’est une question d’utilité.
Depuis des mois, les partisans sont divisés. Certains, encore émus par les années de sacrifice, veulent lui donner du temps, le protéger.
D’autres, plus tranchants, réclament sa mise à l’écart. Mais en décembre, un événement a fait basculer le débat dans le malaise total : les commentaires de l’équipe de Cogeco.
Alors que Stéphane Leroux remplaçait Martin McGuire, on a entendu des rires. Des blagues sur Gallagher qui « pompe de l’huile », sur son souffle court, sur le fait qu’il était plié en deux sur le banc, incapable de récupérer.
Pour la première fois, des journalistes montréalais se sont ouvertement moqués de lui. Ce n’était plus de la critique. C’était de la dérision.
Et c’est là que le respect bascule. On ne parle plus d’un joueur qui déçoit. On parle d’un vétéran qui est humilié publiquement, en direct, par des commentateurs censés représenter l’équilibre.
Même s’il a donné son âme à cette organisation, même s’il a joué pendant des années avec deux mains cassées, avec des fractures, avec le visage en sang, on rit de lui. Parce qu’il est lent. Parce qu’il est à bout. Parce qu’il n’a plus sa place. C’est indécent.
Il fut un temps où chaque présence de Brendan Gallagher réveillait le Centre Bell. On voyait un leader, un chien de garde qu’on aimait parce qu’il mordait dans chaque minute de jeu comme si sa vie en dépendait.
Mais en cette fin de 2025, tout cela semble loin. Très loin. Aujourd’hui, Gallagher est devenu un problème que l’organisation tente de gérer avec des pincettes. Une patate chaude qui nous pue au nez.
Le malaise n’a jamais été aussi grand.
Dans les derniers jours, plusieurs journalistes ont laissé entendre que Gallagher pourrait être écarté de l’alignement sous peu, officiellement en raison d’une blessure à l’aine, mais dans les faits, parce qu’il n’avance plus.
Gallagher a terminé la rencontre contre le Lightning plié en deux sur le banc, totalement incapable de suivre le tempo. Les images étaient brutales, voire humiliantes.
La seule raison qui explique pourquoi il n'est pas encore dans les gradins? Les blessures. Dès que Kirby Dach, Alex Newhook et Jake Evans seront prêts à revenri, Gallagher va prendre le champ.
Depuis le début de la saison, Gallagher n’a inscrit que deux buts. Il n’a obtenu que deux points à ses 16 derniers matchs, et ses neuf points à cinq contre cinq le placent au 11e rang de l’équipe. Son temps de jeu moyen est tombé à 12 minutes 53 secondes par match, le plus bas de sa carrière.
Il le sait. Et il ne fait pas semblant de croire le contraire.
Gallagher comprend ce qu’il devient. Il tente de donner un sens à sa présence, mais les faits sont là : il est en train de glisser dans l’oubli, un match à la fois.
Martin St-Louis, lui aussi, patine pour expliquer ce qu’il reste à faire avec Gallagher. L’entraîneur tente de ménager son vétéran tout en maintenant l’illusion d’une contribution utile. Après avoir vu Gallagher jouer 9 minutes en Floride avec Samuel Blais et Joe Veleno, St-Louis a expliqué :
« Je trouve que Blais nous donne du bon hockey présentement ; il joue selon son identité, et Gally aussi. Jusqu’ici, d’après ce que je vois de cette ligne, ce serait dur de ne pas leur donner un autre match ensemble. »
Un autre match, d'ccord Mais encore combien? Il n’y aura plus de place pour Gallagher au retour des blessés. Déjà maintenant, Samuel Blais est dix fois plus efficace. Et il ne joue pas à l’aveugle, lui.
Martin St-Louis le sait très bien. Il tente de gagner du temps.
« J’aimerais pouvoir en donner davantage à ce trio. Il y a des matchs où c’est plus facile. J’aime ça venir en vagues, mais des fois, je n’en ai pas l’occasion à cause des unités spéciales. »
C’est le discours d’un coach qui ne veut pas briser un pilier du vestiaire devant les caméras, mais qui voit bien que la vague Gallagher s’est échouée.
La vraie question est désormais cinglante : est-ce que Brendan Gallagher aura la dignité de prendre sa retraite cet été?
Il lui reste encore une saison de contrat en 2026-2027 à 6,5 millions sur la masse salariale, mais à seulement 4 millions de salaire réel.
Sachant que sa fiancée, Emma Fortin, est issue de l’une des familles les plus riches du Québec (fille du président de Jean Fortin : Syndic autorisé en insolvabilité), et qu’il a déjà gagné plus de 60 millions dans sa carrière, Gallagher n’a pas besoin de cet argent.
Le CH ne voudra jamais le racheter. Trop de respect. Ce serait le joueur idéal pour prendre sa retraite volontairement, sauver l’organisation d’un fardeau, et se réinventer dans un rôle de développement, dans les coulisses.
C’est ce que tout le monde espère. Mais chaque jour où il continue de patiner sans impact, chaque match où il termine plié en deux, chaque point perdu, rend cette transition plus pénible.
Il n’y a rien de honteux à avoir atteint sa limite. Gallagher a donné son corps pour cette équipe. Il a été un guerrier admirable. Mais continuer ainsi, c’est salir l’héritage.
Il faut se rendre à l’évidence. Brendan Gallagher n’est plus un joueur de la LNH. Il est devenu un symbole lourd à porter. .
S’il aime vraiment cette équipe comme il le prétend, s’il veut que les jeunes puissent respirer, s’il veut sauver la face, il n’a qu’une seule chose à faire : partir. Par la grande porte. Avant qu’on le pousse vers la sortie.
