La revanche de Phil Danault: il ferme le clapet aux fans des Kings

La revanche de Phil Danault: il ferme le clapet aux fans des Kings

Par David Garel le 2026-01-04

Cet après-midi, tu traînes depuis des mois toute la pression du monde sur tes épaules... et d’un seul coup, tu es libéré.

Danault aurait pu ouvrir son compteur plus tôt. Il a cru l’avoir fait, il a levé les bras, il a senti le poids se détacher… avant de voir le but officiellement accordé à Brendan Gallagher.

Une scène cruelle pour lui. Il pensait vraiment avoir marqué son premier but de l'année pour son 400e point dans la LNH.

Mais il n’a pas décroché. Il n’a pas disparu. Il a continué à jouer son match, à rester dans sa structure, à gagner ses duels, à faire ce qu’il a toujours fait quand le contexte devient lourd : travailler dans l’ombre, attendre son moment.

Et ce moment est arrivé en prolongation.

Mise au jeu cruciale. Une de celles qui décident d’un match, d’un narratif, parfois même d’un vestiaire. Danault s’avance au cercle, calme, concentré, avec toute la mémoire musculaire de ses années passées à survivre dans les situations les plus ingrates.

Il gagne la mise au jeu devant l'un des meilleurs de la LNH, Wyatt Johnston. La rondelle est remportée, la séquence s’installe, et quelques secondes plus tard, Lane Hutson décoche. But. Victoire.

Le héros discret vient de faire exactement ce qu’on attendait de lui.

Danault termine la soirée avec deux aides, une implication directe sur le but gagnant, et surtout une influence claire et directe sur l’issue du match. Le Canadien gagne un match capital, émotionnellement lourd, et le fait avec Danault au cœur de l’action.

Pendant des semaines, voire des mois, les partisans des Kings de Los Angeles l’avaient peint comme un joueur fini. Trop lent. Trop prévisible. Déconnecté.

Un centre qui boudait, qui avait perdu sa vitesse, qui n’apportait plus rien offensivement et qui nuisait même au rythme de l’équipe.

On lisait tout : qu’il était un problème de vestiaire, qu’il freinait les jeunes, qu’il coûtait trop cher pour ce qu’il donnait. Certains disaient même que le Canadien allait « regretter très vite » cette acquisition.

Ce soir-là, ces commentaires-là résonnent différemment.

Parce que Danault n’a pas seulement répondu avec une feuille de pointage respectable. Il a répondu avec le langage que les partisans de Montréal comprennent mieux que tous les autres : les mises au jeu gagnées quand ça compte, la fiabilité quand le match est sur le fil, la capacité de calmer le jeu quand tout le monde panique.

Ce n’est pas un highlight TikTok, c’est une victoire construite dans les détails.

Et pour lui, c’est plus qu’un bon match.

C’est une revanche silencieuse sur tout ce qu’il a vécu à Los Angeles : la diminution de son rôle, la perte de confiance de son entraîneur, les minutes qui fondent, l’impression d’être devenu invisible dans un système qui ne lui ressemblait plus.

Même au sein du marché montréalais, la lune de miel n’a pas duré longtemps pour le Québécois. Pendant le match, pendant qu’il gagnait des mises au jeu et qu’il faisait le travail invisible, une partie des partisans chialait déjà, trouvant que le jeu allait trop vite pour lui.

Et ce malaise-là a été parfaitement résumé par François Gagnon, qui a écrit noir sur blanc ce que plusieurs pensaient tout bas : Danault, comme Gallagher, n’a plus le « zip » d’autrefois.

Le rythme de la LNH d’aujourd’hui ne pardonne rien, surtout à un joueur de 32 ans qui revient d’une saison où il a été rejeté. Oui, Danault reste intelligent, oui, il est encore excellent aux cercles de mises en jeu (9 en 13 dans ce match-là), mais ça n’efface pas l’impression visuelle : il doit compenser par la lecture du jeu ce qu’il n’a plus dans les jambes.

Au moins aujourd'hui, c’est Danault qui se rappelle, et qui rappelle aux autres, qu’il n’a jamais oublié comment influencer un match... même s'il semble parfois fini à la corde...