Cancer de son meilleur ami: Martin St-Louis ému en salle de presse

Cancer de son meilleur ami: Martin St-Louis ému en salle de presse

Par David Garel le 2026-03-21

Il y a des moments dans une saison où le hockey passe complètement au second plan. Des moments où le score, les statistiques, les débats… tout disparaît. Et ce que Martin St-Louis a livré devant les médias en fait partie.

Parce que cette fois, ce n’était pas l’entraîneur qui parlait.

C’était l’homme.

La voix tremblante, les mots choisis avec soin, mais chargés d’émotion, St-Louis a confirmé une nouvelle qui a frappé en plein cœur le vestiaire des Canadiens de Montréal : son ami, son mentor, son entraîneur adjoint, Roger Grillo, est en rémission. Son cancer a été traité. (avancez à 12:42 de la vidéo)

Et à partir de ce moment-là, tout a changé. On sentait que St-Louis avait les larmes aux yeux.

Parce que pour St-Louis, Grillo, ce n’est pas juste un collègue. Ce n’est pas juste un membre du personnel. C’est une pièce fondatrice de sa vie. L’homme qui l’a encadré à l’Université du Vermont. L’homme qui l’a guidé, influencé, marqué profondément.

Alors quand il en parle… ça se sent.

“Ces nouvelles-là… pendant 5-6 mois, on ne savait pas de quel côté ça allait aller. Il a passé à travers ses traitements, puis là, il est de retour avec nous autres pour le restant de l’année.”

“Le matin, les gars l’ont vu… puis ça a été un boost pour le groupe. C’est un groupe très proche. Roger, c’est un de mes meilleurs amis.”

“De le revoir dans les circonstances… de le voir passer à travers ça… c’est sûr que ça donne quelque chose de spécial à l’équipe.”

Il n’y a rien de calculé. Rien de préparé. Juste de la vérité.

Et quand on voit comment l'équipe a honoré Grillo après le match, les larmes viennent aux yeux facilement:

« Le hockey, c’est une famille », a-t-il lancé.

Et ce n’était pas une phrase cliché. C’était un constat. Une réalité brute. À Montréal, ce n’est pas juste une organisation. C’est un groupe qui vit ensemble, qui souffre ensemble, qui célèbre ensemble.

Et quand un des leurs tombe… tout le monde tombe avec lui.

Mais quand il se relève?

Tout le monde se relève aussi.

C’est exactement ce qu’on a vu.

“Cette version-là de nous, on l’a vue toute la saison. Par moments, on la perd… comme toutes les équipes.”

“Pour nous, les séries sont déjà commencées. Avec le classement et ce qui se passe autour, c’est du hockey de séries en ce moment.”

“Un groupe ne peut pas trouver sa meilleure version si les individus ne la trouvent pas. Et présentement, plusieurs gars commencent à y arriver.”

Dans le regard de St-Louis.

Dans le silence du vestiaire.

Dans cette émotion qui dépassait largement le cadre du sport.

"J’ai senti un groupe affamé… un groupe qui voulait ce qu’il voulait. Ils sont allés le chercher.”

“À un certain moment, on aurait dit une décision de groupe : on va aller chercher ce match-là. Et après ça, on est devenus très difficiles à contenir.”

Et ce qui rend le tout encore plus fort, c’est que ce message-là a traversé toute l’équipe.

Cole Caufield, lui aussi, a tenu à souligner l’importance de Grillo. Pas avec de longs discours. Pas avec des grandes phrases. Mais avec ce respect simple, sincère, presque instinctif.

Parce que quand tu es dans un vestiaire comme celui-là… tu comprends vite.

Tu comprends que ce n’est pas juste du hockey.

Tu comprends que derrière chaque victoire, chaque défaite, il y a des humains. Des histoires. Des combats invisibles.

Et celui de Roger Grillo en était un énorme.

Pendant des semaines, pendant que les matchs se jouaient, pendant que les débats faisaient rage à Montréal… lui menait un autre combat. Un combat silencieux. Un combat personnel. Un combat que peu de gens voyaient.

Et aujourd’hui?

Il est en rémission.

Et ça, pour St-Louis, ça vaut toutes les victoires du monde.

C’est pour ça que son message a frappé aussi fort. Parce qu’il ne parlait pas de hockey. Il parlait de loyauté. De reconnaissance. D’amour.

“C’est une décision de groupe. Il y a cinq joueurs sur la glace, puis un autre cinq, puis un autre. Chaque joueur doit décider de prendre soin de l’équipe.” conclut St-Louis.

À Montréal, on parle souvent de pression. De marché difficile. D’exigence constante.

Mais dans des moments comme celui-là… on se rappelle pourquoi ce sport est si puissant.

Parce qu’il rassemble.

Parce qu’il unit.

Parce qu’il transforme un groupe de joueurs en une vraie famille.

Et dimanche, cette famille-là a respiré.

Ensemble.