Carrière brisée: le meilleur ami de Juraj Slafkovsky va quitter le CH

Carrière brisée: le meilleur ami de Juraj Slafkovsky va quitter le CH

Par David Garel le 2026-01-19

Le meilleur ami de Juraj Slafkovsky, Filip Mesar, voit sa carrière avec l'organisation du Canadien de Montréal prendre un tournant cauchemardesque.

Ce flop d'éteint lentement, dans l’indifférence générale.

La cassure avec le Canadien de Montréal est rendue trop profonde pour être réparée. Ce n’est plus une question de patience ou de développement : c’est une rupture.

Repêché au 26e rang en 2022, Mesar devait incarner un pari offensif intelligent, un joueur rapide, créatif, capable de suivre le rythme de la nouvelle identité prônée par Kent Hughes et Jeff Gorton.

Surtout qu'il est le meilleur chum de Juraj Slafkovsky, ce qui a influencé négativement Nick Bobrov et Kent Hughes.

Le contexte jouait en sa faveur, l’organisation cherchait de la vitesse et du flair, et son passage junior à Kitchener avait laissé croire à une progression logique vers le hockey professionnel nord-américain.

Mais depuis son arrivée à Laval, la réalité est brutale. Les chiffres sont horribles, l’impact est inexistant, et surtout, rien dans son jeu n’impose le respect ou ne force la main de l’organisation.

Cette saison encore, ses statistiques stagnent dans une zone inconfortable pour un joueur dont la valeur repose presque exclusivement sur l’attaque.

14 points en 38 matchs (4 buts, 10 passes) sans progression notable, sans séquence dominante, sans cette impression qu’il est trop bon pour rester là.

À force de saisons tièdes, le discours interne change. On ne parle plus d’ajustement ou de transition, mais d’un joueur qui n’entre plus dans les plans immédiats ni futurs.

Et le plus troublant dans le dossier Mesar, ce n’est même pas uniquement ce qui se passe sur la glace. C’est ce qui se passe autour. Son absence lors des séries du Rocket la saison dernière avait déjà été une honte.

Elle ne s’explique ni par une blessure ni par une simple rotation de personnel. C’est un message. Un signal clair qu’au moment où l’intensité monte, où chaque présence compte, Mesar ne fait pas partie de la solution. Dans un vestiaire en mode survie, il est devenu périphérique, presque invisible.

Les échos qui circulent à Laval ne sont pas rassurants non plus. On parle d’un joueur de plus en plus isolé, mal intégré, distant, qui semble traîner un profond malaise depuis son arrivée en Amérique du Nord.

Son langage corporel trahit un découragement constant, une difficulté à s’imposer, à prendre sa place, à embrasser la réalité exigeante du hockey professionnel ici.

Et à ce stade-ci, il devient dangereux de tout expliquer par l’adaptation culturelle ou la jeunesse. Le temps passe, et l’horloge du développement ne s’arrête pas par pitié.

À cela s’ajoutent ses propres déclarations passées, faites avant même son véritable passage chez les professionnels, et qui aujourd’hui résonnent très mal à la lumière de sa situation actuelle.

À l’époque, le Slovaque n’avait pas caché son irritation d’avoir été retourné dans le junior, affirmant que les dirigeants du Canadien lui avaient « promis » que ce serait pour une seule saison et qu’il s’attendait ensuite à jouer à Laval.

Il expliquait qu’il avait déjà affronté des hommes pendant deux saisons en Slovaquie avant son repêchage, qu’il se sentait prêt pour le hockey professionnel nord-américain et qu’il perdait son temps à Kitchener.

Le problème, ce n’est pas d’avoir de l’ambition. Le problème, c’est que ces paroles traduisaient déjà une attente de traitement préférentiel, une impression que le chemin lui était dû, sans que les performances ultérieures ne viennent jamais justifier ce discours.

Avec le recul, ces propos donnent l’image d’un joueur convaincu d’être prêt avant de l’avoir réellement prouvé, et dans une organisation qui prône la méritocratie et la compétition interne, ce décalage a fini par lui coûter cher.

Pendant ce temps, la hiérarchie se clarifie ailleurs. Des jeunes comme Michael Hage, Alexander Zharovsky et d’autres espoirs montent tranquillement et vontre bientôt rejoindre l'organisation. Ils arrivent avec la faim, l’énergie et l’élan que Mesar n’arrive plus à projeter.

Et surtout, ils offrent des profils plus complets, plus talentueux, plus compatibles avec ce que le Canadien tente de bâtir à moyen terme. Le tableau devient cruel, mais limpide.

Inévitablement, le regard se tourne vers le repêchage de 2022. Difficile d’ignorer que des joueurs comme Jiri Kulich, étaient disponibles.

Difficile aussi de ne pas voir dans la sélection de Mesar un pari émotionnel, influencé par sa proximité avec Juraj Slafkovsky, par une belle histoire qu’on voulait croire digne d'Hollywood.

Mais la LNH n’est pas un conte de fées, et les choix de première ronde ne pardonnent pas quand ils ratent leur cible.

Aujourd’hui, la valeur de Mesar sur le marché est pratiquement nulle. Il n’impose rien, ne force rien, ne dérange personne.

Même comme pièce secondaire dans une transaction, il ne suscite aucun réel intérêt. Le mot est dur, mais il s’impose : on parle d’un flop. Un raté de première ronde. Et pour Kent Hughes, c’est une tache qui restera attachée à son bilan, peu importe la réussite des autres dossiers.

Tout indique que la suite se jouera ailleurs. En Europe, possiblement. Par un prêt, un retour définitif ou une séparation discrète qui ne fera pas de vagues.

Il n’y aura pas de rappel surprise, pas de renaissance tardive à Montréal. Le lien est trop brisé, la confiance trop abîmée, et la concurrence trop forte.

Filip Mesar ne sera jamais un joueur du Canadien de Montréal. Ce n’est plus une opinion provocatrice, c’est une conclusion logique.

Le projet est mort avant d’avoir vraiment commencé, et l’organisation semble déjà avoir tourné la page. Dans cette reconstruction où chaque décision compte, Mesar restera comme l’un des rares choix que Kent Hughes aurait aimé reprendre.

Mesar va quitter le CH et personne ne va le remarquer. Et dans une ligue aussi impitoyable, c’est souvent ainsi que se terminent les paris mal calculés.