La sortie publique de David Savard fait mal. Elle est lourde de sens. Et pour Arber Xhekaj, c’est carrément humiliant.
Quand un défenseur retraité, qui a déjà tout donné au Canadiens de Montréal, sent le besoin d’aller sur les ondes de TVA Sports pour dire, presque à demi-mot, « j’aimerais recevoir un appel pour être ce gros défenseur droitier qui bloque des tirs », ce n’est pas juste de la nostalgie. C’est un signal.
Besoin d’un défenseur droitier : David Savard « aimerait recevoir un appel » du Canadien → https://t.co/9sKPpghEJ7
— DansLesCoulisses (@DLCoulisses) February 19, 2026
Un message lancé à Kent Hughes. Et surtout, un constat brutal : même à la retraite, Savard voit ce que tout le monde voit.
Le Canadien manque cruellement d’un défenseur droitier défensif fiable.
Savard l’a dit à Jean-Charles Lajoie à l’émission JiC. Il a parlé de son manque des matchs importants, de la course aux séries, de cette adrénaline qui revient à cette période de l’année. Puis il a lâché la phrase qui fait mal :
« C’est sûr que j’aimerais recevoir un appel, pour pouvoir justement être ce gros défenseur droitier qui bloque des tirs et pour aller vivre une deuxième fois les séries avec le Canadien. »
Traduisons ça en langage hockey.
David Savard sait que le CH est en panique pour un défenseur.
David Savard sait que la brigade actuelle ne tient pas la route défensivement.
David Savard sait que le club joue essentiellement à cinq défenseurs certains soirs.
Et David Savard sait aussi très bien que Xhekaj n’est plus une option crédible aux yeux de Martin St-Louis.
Parce que pendant que Savard parle de bloquer des tirs et de vivre des matchs significatifs, Xhekaj, lui, est rendu à jouer cinq, six, sept minutes par rencontre. Des présences symboliques. Du temps de glace de figurant. On l’habille, on le sort, on le rhabille, on le replante dans les gradins. St-Louis ne lui fait tout simplement pas confiance.
Et là, on atteint un niveau de malaise rarement vu.
Ce qui rend cette sortie encore plus horrible pour Arber Xhekaj, c’est que David Savard a longtemps été son mentor à Montréal.
Quand Xhekaj est arrivé dans la LNH, c’est Savard qui l’a pris sous son aile, qui lui parlait après les matchs, qui l’aidait à comprendre les lectures défensives, les angles, la gestion du risque.
Savard était le vétéran calme, le modèle de fiabilité, celui qui montrait au jeune Shérif comment survivre dans cette ligue.
Et aujourd’hui, ce même Savard va publiquement dire qu’il aimerait recevoir un appel pour venir combler le trou à la ligne bleue.
Il le dit mot pour mot : le poste est libre.
Dans le monde du hockey, ça s’appelle un abandon silencieux. Le mentor reconnaît publiquement que son ancien protégé n’a pas réussi à s’imposer.
C’est une trahison froide et dévastatrice. Si même Savard sent que le Canadien doit aller ailleurs pour se stabiliser défensivement, ça veut tout dire sur l’état réel du dossier Xhekaj. Pire encore, il veut profiter des déboires du shérif... pour sortir de sa retraite et le remplacer comme un indésirable.
On est en train d’imaginer, publiquement, que le Québec aimerait mieux rappeler un gars de 35 ans, fraîchement retraité, que de continuer avec un défenseur de 24 ans supposé faire partie du noyau.
Ça, c’est une claque monumentale.
C’est la preuve absolue que le projet Xhekaj est en train de mourir à Montréal.
Jayden Struble n’est pas la solution. Tout le monde le sait. Mais au moins, Struble joue. Au moins, Struble obtient du vrai temps de glace. Au moins, Struble n’est pas traité comme un problème logistique. Xhekaj, lui, est devenu une patate chaude. Un dossier. Un malaise ambulant que St-Louis doit expliquer après chaque match.
Et ce conflit-là, il ne date pas d’hier.
Depuis ses pénalités jugées stupides, depuis les commentaires du coach sur ses « erreurs niaiseuses », depuis sa marginalisation progressive, la relation Xhekaj–St-Louis est brisée. Le Shérif n’a jamais été le prototype de défenseur que St-Louis veut imposer dans sa culture. Trop imprévisible. Trop brut. Pas assez fiable sans la rondelle.
On le neutralise... en lui faisant réchauffer le banc.
Alors quand Savard sort publiquement pour offrir ses services, ce n’est pas juste touchant. C’est cruel.
Parce que ça signifie ceci : même un ancien du vestiaire comprend que le Canadien a besoin d’un défenseur droitier défensif maintenant. Et ça confirme ce que tout l’écosystème sait déjà : Xhekaj, gaucher, utilisé à peine quelques minutes par match, n’entre plus dans l’équation.
Savard a plus de 900 matchs dans la LNH. Il a gagné une Coupe. Il connaît les cycles d’équipes. Il sent quand une organisation est rendue à colmater des brèches. Sa sortie médiatique, c’est celle d’un vétéran qui voit une fenêtre s’ouvrir… parce qu’un poste est vacant.
Et ce poste-là, c’était supposé appartenir à Arber Xhekaj.
Voilà la vraie honte.
On est rendus au point où un joueur retraité parle de revenir pour combler un besoin que Xhekaj n’a pas été capable de solidifier. On est rendus au point où le Canadien regarde vers le passé pour stabiliser un présent qui échappe.
Pour Xhekaj, c’est le fond du baril.
Son entraîneur ne lui fait plus confiance.
L’organisation cherche activement un défenseur.
Les médias parlent déjà de remplaçants.
Et maintenant, même David Savard sent la soupe chaude.
Ce n’est plus une mauvaise séquence.
C’est la fin d’un chapitre.
Et à Montréal, tout le monde commence à comprendre que celui d’Arber Xhekaj est en train de se refermer.
