Il y a des vérités qui dérangent, et celle dévoilée par Jean-Charles Lajoie en est une qui cogne fort. L’échange de Max Pacioretty, longtemps présenté comme le coup de génie de Marc Bergevin, s’effondre aujourd’hui sous le poids d’un détail brutal : Nick Suzuki n’était même pas le premier choix du DG. Ni le deuxième. Il était le troisième.
Dans une sortie publique sans pitié, Lajoie expose le récit troublant d’un directeur général pris de panique à la veille du tournoi de golf du CH.
Marc Bergevin, acculé, incapable de tolérer une autre journée aux côtés d’un capitaine qu’il avait lui-même démoli de l’intérieur, s’est résigné à accepter ce qu’il restait dans le tiroir : Suzuki. Par défaut. Par fatigue. Par dépit.
Le monde du hockey est sous le choc. Ce geste, qu’on croyait réfléchi, calculé, visionnaire, n’était en fait qu’un geste désespéré d’un DG sur le point de perdre le contrôle.
Cody Glass et Erik Brannstrom étaient les véritables cibles. Suzuki n’était qu’un lot de consolation, qu’on n’avait même pas pris la peine d’estimer à sa juste valeur.
Et c’est là toute la honte : le seul véritable héritage positif de Bergevin à Montréal n’était pas voulu. Ce n’est ni un flair, ni une lecture juste du talent. C’est une erreur bénie, un miracle camouflé derrière un masque d’assurance.
Et pourtant, malgré cette réalité maintenant exposée au grand jour, Marc Bergevin refuse toujours de répondre aux médias québécois.
Pas un mot pour RDS. Pas une entrevue pour TVA Sports. Aucun passage à BPM Sports. Mais il trouve le temps de jaser tranquillement avec Pierre LeBrun et de s’installer confortablement dans le balado Cam & Strick, loin du regard québécois.
Par vengeance. Par rancune. Par mépris.
Mais voilà : les médias québécois lui rendent la monnaie de sa pièce. Et cette fois, c’est Jean-Charles Lajoie qui appuie là où ça fait mal.
Pas dans une envolée sensationnaliste. Pas dans un montage à clics. Dans les faits. Dans la réalité. Dans un rappel froid et méthodique que le héros du passé n’est peut-être qu’un figurant chanceux dans sa propre histoire.
Lajoie a tiré juste. Il a décoché une flèche bien aiguisée dans l’égo surdimensionné d’un homme qui a trop longtemps vécu dans l’impunité médiatique.
Et cette fois, ce n’est pas du théâtre. Ce n’est pas du bruit. C’est une claque de vérité.
Suzuki est devenu le capitaine d’une nouvelle génération. Un joueur respecté, humble, inspirant. Mais il n’a jamais été voulu. Et ça, c’est un constat qui devrait hanter Marc Bergevin pour le reste de sa carrière.
On ne construit pas une équipe championne par accident. Et pourtant, c’est exactement ce que Marc a presque réussi à faire. Par accident.
Tout le monde le sait au Québec. Pendant ce temps, Bergevin continue de snober sa province natale.
Il y a quelque chose de profondément triste dans cette histoire.
Bergy aura attendu près de trois ans pour briser le silence… mais pas avec les médias du Québec. Pas avec ceux qui l’ont suivi, parfois critiqué, mais surtout défendu pendant ses neuf années à la barre du CH.
Non. Il a choisi Pierre LeBrun, un média anglophone (The Athletic), un canal externe, et un message "fake" non pas pour les partisans, mais pour les propriétaires de la LNH.
Il aurait pu donner une entrevue "québécoise" par la suite, mais il a choisi un balado anglophone, Can & Strick...juste pour ajouter de l'huile sur le feu...
Et ce mépris n’est pas sans conséquences. C’est là que les voix se lèvent.
Les médias québécois, dans leur ensemble, en ont assez. Assez d’un homme qui les snobe, les méprise, les évite. Renaud Lavoie a été cinglant avec ses mots en rappelant que Bergevin a donné cette entrevue uniquement pour sauver la face auprès des dirigeants de la ligue.
Pas pour les fans. Pas pour les journalistes. Pas pour la vérité. Pour sa propre réhabilitation.
Et ce n’est pas un événement isolé. À Québec, alors qu’il aurait pu redonner un peu d’amour aux partisans lors du passage controversé dans la capitale nationale, Bergevin a ignoré les fans, refusé les autographes, tourné le dos aux médias, même aux enfants qui attendaient avec un chandail.
C’est la rancune d’un homme blessé, qui refuse toute réconciliation.
Son passage à Vegas pour les trophées de la LNH, marqué par le même silence et mépris, a été un autre chapitre de son ressentiment.
Pas une entrevue. Pas un mot. Pas un regard. Et quand vient le temps de se repositionner dans la ligue, pour potentiellement avoir un poste de DG dans la LNH, Bergevin se met à parler. Mais uniquement là où il sent qu’il ne sera pas remis en question.
Et pourtant, les questions, elles, s’accumulent.
Pourquoi Geoff Molson dit-il l’avoir congédié, alors que Bergevin jure que c’est lui qui a refusé de prolonger?
Pourquoi les décisions majeures du Canadien ont-elles été si souvent bâclées dans ses dernières années?
Pourquoi avoir laissé un vestiaire en ruine, une masse salariale figée et une image ternie?
Et surtout, pourquoi tant de silence?
Les journalistes québécois, qu’il évite depuis des années, n’oublient pas. Et les partisans non plus. Ceux qui l’ont défendu. Ceux qui l’ont applaudi. Ceux qui l’ont hué. Tous, aujourd’hui, assistent à la sombre vérité sur son mandat — et c’est une relecture impitoyable.
Le mythe du DG visionnaire s’effondre. Ne reste qu’un homme amer, retranché derrière son silence, qui tente de réécrire l’histoire sans en payer le prix.
Mais au Québec, on n’oublie pas ceux qui tournent le dos à leur monde. On ne pardonne pas à ceux qui s’effacent quand ça fait mal.
Et si jamais Marc Bergevin revient sous les projecteurs, que ce soit à Los Angeles ou ailleurs, il devra enfin faire face aux questions qu’il esquive depuis trop longtemps.
Car ici, on aime le hockey, mais on aime encore plus la vérité.