C’est terminé entre Jean-Charles Lajoie et Martin St-Louis.
L'animateur de TVA Sports n'invitera plus jamais Martin St-Louis en entrevue. Rappelons que les deux avaient mangé une poutine au Pied-de-Cochon pour une entrevue en début d'année.
Et bien... ça ne se reproduira plus.
Plus jamais.
Parce que cette fois, Lajoie ne s’est pas contenté de critiquer une décision hockey ou de remettre en question une stratégie. Il a attaqué le comportement. Le fond. La manière d’être. Et surtout, il a utilisé un mot extrêmement lourd dans le contexte : « bullying ».
"Chassez le naturel, il revient au galop. Qui est le vrai Martin St-Louis ? Le coach frais comme une rose qui était venu manger une poutine au foie gras avec moi au Pied de Cochon ? Ou le personnage imbu et désagréable qui fait du « bullying » devant les membres des médias ?"
Pour Lajoie, la ligne est franchie.
Ce que Martin St-Louis a montré en conférence de presse ne relève plus d’une mauvaise journée ou d’une frustration passagère.
C’est devenu une attitude. Une façon de faire. Une posture où le coach impose un rapport de force avec les médias, coupe court, rabaisse, et fait sentir que certaines questions ne méritent même pas d’exister.
Et ça, Lajoie ne l’accepte pas.
Il va même plus loin en disant que ce comportement est « totalement inacceptable » et que les médias montréalais « ne méritent aucunement ce traitement déplorable ».
Lla réflexion va encore plus loin que la simple critique du moment. Il pose une question directe, presque dérangeante : qui est le vrai Martin St-Louis? Celui qu’on a découvert à son arrivée, ouvert, accessible, généreux dans ses réponses, capable de connecter avec le public et de rendre une reconstruction plus légère?
Ou celui qu’on voit émerger de plus en plus souvent, fermé, impatient, sur la défensive, avec une attitude qu’il qualifie lui-même d’« abjecte » envers les médias?
Et c’est là que le ton devient encore plus dur. Lajoie ne parle pas d’un simple excès d’émotion, il parle d’une dérive. Selon lui, ce qu’on voit en point de presse, ce n’est pas un entraîneur qui protège son équipe, c’est un homme qui adopte un comportement méprisant, qui impose un rapport de force inutile et qui franchit une ligne dans la façon de s’adresser aux autres.
Cette attitude, il la juge inacceptable dans un marché comme Montréal, surtout dans un contexte où tout va bien pour l’équipe. Pour lui, ce genre de sortie ne peut pas être banalisé, parce qu’elle en dit long sur la véritable nature du personnage quand le vernis commence à craquer.
Dans sa lecture, il ne s’agit pas seulement d’un manque de respect envers les journalistes, mais envers le public lui-même, puisque ces derniers sont le lien direct entre l’équipe et les partisans.
Quand St-Louis méprise la question, selon Lajoie, il méprise aussi ceux qui attendent des réponses.
Le constat est encore plus dur quand il met en opposition les deux versions du coach. Celui des débuts, ouvert, accessible, presque charmant, capable de connecter avec le monde. Et celui qu’on voit de plus en plus souvent : fermé, impatient, sur la défensive, parfois condescendant.
« Chassez le naturel, il revient au galop », lance-t-il, en se demandant carrément qui est le vrai Martin St-Louis.
Et c’est là que le lien se brise.
Parce que Lajoie n’est pas en train de commenter un match. Il remet en question l’homme. Son attitude. Sa capacité à gérer la pression autrement qu’en écrasant ceux qui sont devant lui.
Il va même jusqu’à dire que dans un environnement plus dur, comme la NFL, ce genre de comportement ne passerait pas. Pas parce que les questions seraient plus faciles, mais parce que le rapport de force serait différent. Moins contrôlé. Moins protégé.
Ce qu’il sous-entend est clair : à Montréal, Martin St-Louis bénéficie encore d’un certain coussin. Mais il est en train de l’user rapidement.
Et quand un analyste comme Jean-Charles Lajoie en arrive à parler ouvertement de « bullying », ce n’est plus une critique ordinaire.
C’est une rupture.
Une prise de position nette.
Et à partir de là, il n’y a plus de retour en arrière facile.
