Cher payé: Samuel Montembeault ne sera jamais un gardien numéro un

Cher payé: Samuel Montembeault ne sera jamais un gardien numéro un

Par David Garel le 2026-01-22

La défaite du Canadien contre les Sabres n’a absolument rien d’un mystère.

On peut parler des poteaux, des séquences ratées, des occasions manquées,… mais tout cela n’est que bruit de fond.

L’unique explication de cette soirée qui aurait dû être un statement, c’est Samuel Montembeault. Le CH a dominé la rencontre d’une manière presque embarrassante, 34 lancers contre 16, un contrôle territorial constant, un élan offensif suffisant pour gagner ce match de 4 points.

Mais Montembeault s'est encore écroulé:

Et pourtant, à chaque moment où un gardien numéro un doit faire l’arrêt qui calme tout le monde, Montembeault a flanché. Encore.

Quand Noah Dobson se fait contourner comme un pee-wee, Montembeault avait le "flat foot". Il s'est fait contourner à son tour... comme un bantam figé...

Et sur le 3e but des Sabres, il était mêlé comme un jeu de cartes:

On peut tourner autour du pot autant qu’on veut : un gardien censé mener son équipe en séries doit faire l'arrêt qui donne la chance à ton équipe.

Pas dans un match aussi important.

La soirée est un rappel brutal de ce que tout le monde sait déjà mais que l’organisation tente d’ignorer depuis trop longtemps : Montembeault n’est pas un numéro un. Il ne l’a jamais été, et rien dans son jeu n’indique qu’il le deviendra un jour.

Et c’est précisément ce qui rend la rétrogradation de Jacob Fowler encore plus incompréhensible. On pourra répéter mille fois que le jeune doit jouer, qu’il doit continuer son développement, qu’on doit le protéger d’un trop plein de matchs consécutifs.

Tout cela aurait du sens si Fowler n’avait pas été le seul gardien du Canadien capable d’inspirer confiance, de voler des séquences, de garder l’équipe à flot lorsque tout branle.

La vérité, c’est que Fowler a stabilisé le CH au moment où Montembeault et Dobes s’effondraient simultanément. C’est lui qui a ramené Montréal dans la course. C’est lui qui a calmé les tempêtes. C’est lui qui a donné une seconde vie au vestiaire. Et c’est lui qu’on a renvoyé.

Le contraste est violent. Pendant que Fowler recolle des bandes de la Place Bell, Montembeault force ses coéquipiers à recommencer à zéro après chaque tir dangereux.

La cassure saute aux yeux. La hiérarchie établie ce matin n’a rien à voir avec la logique sportive. Le Canadien a conservé ses deux gardiens d’octobre pour des raisons administratives et d’ancienneté, pas parce que ce sont les deux meilleurs. Et la défaite crue d’hier soir vient d’exposer cette réalité avec une clarté cinglante..

Ce que cette soirée révèle surtout, c’est qu’une question qu’on croyait réglée est en train de revenir en pleine lumière.

Qui, exactement, donne les meilleures chances de gagner ? Est-ce un gardien qui multiplie les sorties hésitantes, les mitaines molles et les fins de match tendues ?

Ou celui qui a affiché le meilleur sang-froid depuis le début du mois de décembre et qui a ce quelque chose de rare chez les jeunes gardiens : la capacité de faire l’arrêt que les autres ne font pas ?

Il n’y a pas besoin de long débat. On a tous vu la réponse. Le CH, lui, a choisi d’aller à contre-courant. Cette défaite en est la facture.

Il faudrait arrêter de se mentir. Fowler est le seul des trois à posséder un plafond de numéro un, le seul à avoir montré des signes d’ascension, le seul à n’avoir pas craqué quand la pression a été maximale.

Si le CH veut sérieusement penser aux séries, il devra tôt ou tard accepter ce que tout indique déjà. Il devra rappeler Fowler. Il devra cesser de protéger Montembeault d’une réalité qui s’impose match après match.

Il devra choisir le gardien qui peut les mener quelque part plutôt que celui qu’on tente désespérément de réparer depuis deux ans.

Cette défaite n’est pas une alarme. C’est un verdict. Le Canadien a renvoyé le mauvais gardien à Laval. Et chaque match comme celui d’hier le rappellera avec un écho plus fort.

Si Montréal veut encore croire au printemps et aller loin en séries, il devra regarder du côté de celui qui n’était même plus dans l’aréna hier soir : Jacob Fowler.

Parce que le vrai numéro un, le gardien qui peut sauver une saison, c’est lui. Et le match contre Buffalo vient de le crier sans filtre.