Chicane entre Martin St-Louis et un journaliste: La Presse réplique au coach

Chicane entre Martin St-Louis et un journaliste: La Presse réplique au coach

Par David Garel le 2026-03-26

Ce qui s’est passé en conférence de presse avec Martin St-Louis ne s’est pas arrêté à quelques réponses sèches et à un moment de malaise.

Tout est parti d’une question simple, posée par Martin McGuire : « Est-ce qu’il y a des changements ce soir? » Une question normale, posée partout dans la LNH. Réponse de St-Louis : « Prochaine question », avec un ton sec et un regard méprisant qui en disait long.

Quelques secondes plus tard, Guillaume Lefrançois tente de relancer en rappelant que ces informations étaient partagées plus tôt cette saison. Nouvelle coupure :

« J’en ai parlé la dernière fois. Pourquoi on parle de ça? Posez-moi des bonnes questions. »

En quelques échanges, le ton est donné : impatience, fermeture, mépris. Et surtout, un malaise évident qui va dépasser largement cette simple conférence de presse.

Ça a continué. Ça s’est déplacé ailleurs. Et surtout, ça a pris une autre forme, beaucoup plus subtile, mais tout aussi révélatrice, dans les pages de La Presse.

Parce que celui qui était au cœur de l’échange, celui qui s’est fait couper, reprendre, rabrouer en direct, Guillaume Lefrançois, n’a pas répondu frontalement. Il n’a pas écrit un texte de confrontation. Il n’a pas réglé ses comptes. Il a fait quelque chose de beaucoup plus intelligent… et de beaucoup plus cinglant.

Il a écrit.

Et dès la première ligne, quelque chose cloche. Quelque chose détonne. Le texte ne commence pas avec les Canadiens de Montréal. Il commence avec les Blue Jackets de Columbus. Dans un marché comme Montréal, dans un contexte comme celui-là, c’est tout sauf anodin.

Habituellement, tout tourne autour des Canadiens de Montréal. Toujours. Mais là, non. Là, il ouvre avec Blue Jackets de Columbus, avec Rick Bowness, avec une équipe en feu, structurée, transformée. Une équipe où le message passe.

Et surtout, une équipe où le ton est complètement différent.

Bowness, lui, rigole avec les journalistes. Il explique. Il vulgarise. Il partage. Il dit clairement ce qu’il a vu, ce qu’il a corrigé, ce qu’il attend de ses joueurs. Il parle de communication. Il parle de clarté. Il parle d’adaptation.

Et Lefrançois insiste là-dessus.

Il cite les joueurs. Il souligne que « tout est mis sur la table, pas de zone grise ». Il montre un entraîneur qui parle, qui échange, qui établit un cadre clair. Un entraîneur qui comprend que communiquer, ça fait partie du travail.

Puis seulement après… il revient à Montréal.

Et là, le ton change.

Pas besoin d’en faire trop. Une phrase suffit : ambiance tendue. Humeur massacrante. Refus de répondre. « Prochaine question. » Puis cette autre réplique : « Il y a-tu des bonnes questions? Posez-moi des bonnes questions. »

Il ne nomme pas directement le clash. Il ne dit pas « c’était moi ». Il reste au « on ». Il garde une distance. Mais tout le monde comprend.

Parce que tout le monde a vu.

Et c’est là que son texte devient une réponse.

Pas une réponse émotive. Une réponse journalistique. Une réponse construite. Il oppose deux réalités. Deux styles. Deux façons de diriger. Deux façons de parler.

D’un côté, un entraîneur qui explique, qui structure, qui connecte.

De l’autre, un entraîneur qui ferme, qui coupe, qui impose.

Sans jamais écrire noir sur blanc que c’est un problème, il le montre.

Et pendant ce temps-là, à l’extérieur de la salle, c’est une toute autre histoire.

Sur les réseaux sociaux, l’opinion publique penche clairement du côté de Martin St-Louis. Les réactions sont brutales. Les journalistes se font ramasser. On les accuse de poser toujours les mêmes questions. D’être redondants. D’essayer de provoquer. D’avoir « rien à dire ».

Certains vont même plus loin : « Quand on n’a rien à dire, on se tait. » D’autres défendent ouvertement St-Louis, en disant qu’ils auraient « pété les plombs bien avant lui ». On banalise la scène. On la justifie. On la normalise.

Et c’est là que le décalage devient frappant.

Parce que pendant que le public applaudit le coach pour avoir remis les journalistes à leur place, le principal intéressé, lui, écrit noir sur blanc que l’ambiance est tendue et que le ton est devenu problématique.

Deux réalités.

Deux perceptions.

Et au milieu de tout ça, une question qui dérange : est-ce que Martin St-Louis est en train de gagner la bataille de l’opinion publique… tout en perdant tranquillement celle du respect médiatique?

Parce que oui, les journalistes posent souvent les mêmes questions. Oui, le calendrier est lourd. Oui, les points de presse se ressemblent. Mais ça fait partie du travail. Ça fait partie du contrat. Et surtout, ça ne justifie jamais le mépris.

Ce que Lefrançois fait dans son texte, c’est qu’il refuse de tomber dans le piège. Il ne répond pas avec arrogance. Il ne répond pas avec colère. Il répond avec du contenu. Avec un contraste. Avec une démonstration.

Il montre ce que ça peut être, une communication saine.

Et il laisse le lecteur faire le lien.

C’est ça, la force de sa réplique.

Et c’est peut-être ça qui dérange le plus.

Parce qu’au final, pendant que les réseaux sociaux crient victoire pour Martin St-Louis, le texte de Guillaume Lefrançois, lui, reste. Il s’installe. Il circule. Et il pose une réalité beaucoup plus difficile à balayer du revers de la main : il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans la façon dont le dialogue se fait actuellement à Montréal.

Et ce n’est pas en ridiculisant les questions qu’on va régler ça.