La transaction envoyant Rasmus Andersson aux Golden Knights de Vegas vient mettre un point final à un débat qui circulait depuis des semaines à Montréal. Non, le Canadien n’était pas « passif ». Non, Kent Hughes n’a pas dormi au gaz.
La vérité est beaucoup plus simple et beaucoup plus dure à avaler.
Le Canadien n’avait tout simplement pas ce que Calgary voulait.
Vegas a payé le prix d’un club en mode Coupe Stanley immédiate :
Zach Whitecloud, défenseur droitier établi dans la LNH, top-4 crédible, utilisé sur la deuxième paire au moment de la transaction. (signé à 2,75 M$ jusqu'en 2028).
Un choix de première ronde 2027
Un choix de deuxième ronde 2027 qui devient un premier en 2028 si Vegas gagne la Coupe
Un jeune défenseur universitaire qui ne vaut rien ((Abram Wiebe)
Et 50 % du salaire d’Andersson retenu
Ce n’est pas une transaction de profondeur. C’est un échange de joueur établi contre un autre joueur établi, avec des choix premium par-dessus.
Et c’est ici que le Canadien frappe un mur.
On a voulu comparer Arber Xhekaj à Zach Whitecloud.
Cette comparaison ne tient pas.
Whitecloud, c’est :
Un défenseur installé depuis plusieurs saisons. (29 ans)
Un joueur de séries, gagnant de la Coupe Stanley.
Un défenseur à qui un entraîneur fait confiance dans les moments critiques
Un gars qui joue 20 à 22 minutes par match quand ça compte
Xhekaj, aujourd’hui, c’est autre chose :
Beaucoup plus jeune. (24 ans)
Beaucoup moins de millage.
Énormément d’erreurs défensives.
Et surtout… un joueur à qui Martin St-Louis ne fait pas confiance.
Il joue peu.
Il saute des présences.
Il n’est pas utilisé quand le match devient serré.
Il faut aussi dire la partie la plus inconfortable de cette équation : la valeur de Xhekaj n’est pas seulement hockey, elle est relationnelle.
La relation avec Martin St-Louis pèse lourd. Ce n’est pas une question de caractère ou d’effort, mais de confiance sportive.
St-Louis ne lui confie pas les minutes critiques, ne l’installe jamais dans un rôle stable et lui fait réchauffer le banc. Aux yeux des autres organisations, ce signal est brutal : si son propre entraîneur ne le considère pas comme un défenseur de confiance, pourquoi un DG adverse le ferait-il dans une transaction majeure ?
Ce n’est pas Xhekaj qui a choisi d’être comparé à Zach Whitecloud, mais le traitement que lui réserve son entraîneur empêche justement cette comparaison d’exister. Tant que cette relation restera figée, la valeur de Xhekaj restera horrible, peu importe son potentiel ou son impact physique.
À cela s’ajoute un facteur que les autres équipes, elles, comprennent très bien : le calendrier contractuel de Xhekaj. À 1,3 M$ cette saison, il devient joueur autonome avec compensation, dans un marché où plusieurs clubs savent exactement comment exploiter ce type de dossier.
Une offre hostile entre 2 et 2,5 M$ par année ne serait ni extravagante ni risquée pour une organisation qui croit pouvoir lui offrir un vrai rôle et de vraies minutes.
Et c’est là que le Canadien est coincé. S’il égalise une telle offre, il se retrouve avec un joueur malcontent, déjà en conflit de confiance avec son entraîneur, impossible à échanger par la suite (pour une année), et coincé dans une brigade défensive déjà congestionnée.
S’il n’égalise pas, il perd un actif pour une compensation dérisoire au regard de l’attention, du capital médiatique et du potentiel physique du joueur. Autrement dit, plus le temps passe, plus Xhekaj devient une patate chaude contractuelle, et moins sa valeur transactionnelle est maîtrisée par le Canadien.
Dans ce contexte, les équipes adverses n’ont aucune raison de surpayer aujourd’hui ce qu’elles pourraient forcer demain via offre hostile.
Donc soyons honnêtes : Xhekaj n’aurait pas convaincu Calgary.
Le Canadien voulait Rasmus Andersson.
Mais le marché a dicté ses règles.
Montréal n’a pas de Whitecloud à échanger.
Montréal n’a pas voulu sacrifier un choix de 1re ronde et un choix conditionnel de 2e ronde.
Montréal ne voulait pas payer un prix de Cup contender pour un joueur qui allait tester le marché.
Ce n’est pas un manque de courage.
C’est la reconnaissance d’un écart de cycle entre deux organisations.
Vegas est prêt à brûler demain pour gagner aujourd’hui.
Montréal, non.
Et la transaction d’Andersson le prouve noir sur blanc :
Le Canadien n’était pas à un “non” près… il était à un niveau d’actifs près. La valeur de Xhekaj... est en chute libre...
