Colère noire de Quinn Hughes: le malaise de l'année

Colère noire de Quinn Hughes: le malaise de l'année

Par David Garel le 2026-02-11

Il fut un temps, pas si lointain, où l’idée de voir Quinn Hughes rejoindre ses frères chez les Devils du New Jerseyavait tout d’un scénario hollywoodien.

Une fratrie réunie, un jeune noyau prometteur, une organisation supposément en ascension. À l’époque, Vancouver semblait s’enliser, New Jersey montait tranquillement, et tout pointait vers un passage de flambeau naturel.

Puis la réalité de la LNH a frappé.

Quinn n’a pas pris la direction du New Jersey. Il a été expédié au Wild du Minnesota. Un coup de tonnerre. Et surtout, un renversement complet de perspective.

Aujourd’hui, le Wild est installé parmi l’élite du circuit, solidement campé au sommet du classement avec une équipe structurée, profonde, dangereuse. Une prolongation de contrat pour Quinn flotte déjà dans l’air, tant son impact est immédiat.

À l’inverse, les Devils glissent encore hors du portrait des séries, pour une deuxième saison consécutive, une troisième fois en quatre ans, et pour la douzième fois lors des quinze dernières campagnes. On parle maintenant d’un club 26e au classement général. Pas exactement l’environnement rêvé pour attirer, ou retenir, une supervedette.

Comme si cette débâcle sportive ne suffisait pas, l’organisation du New Jersey a offert cette semaine une scène presque caricaturale de son malaise interne.

Une photo publiée par USA Hockey montrait Quinn et Jack Hughes aux côtés de Brady et Matthew Tkachuk lors d’un entraînement à Milan.

Les Devils ont repris l’image pour leurs réseaux sociaux… en effaçant Quinn. Littéralement. Mal effacé, en plus. Résultat : une image grotesque où l’on apercevait Jack, les frères Tkachuk… et sept jambes.

Ce n’est pas juste une bourde graphique. C’est un symbole.

Un symbole d’une organisation frustrée d’avoir perdu la course pour Quinn Hughes. Un symbole d’un club qui gère mal ses communications comme il gère mal ses actifs hockey. Et un symbole, surtout, d’un pont probablement brûlé à jamais.

S’il existait encore un mince espoir que Quinn envisage un jour New Jersey sur le marché des joueurs autonomes, cette sortie publique l’a réduit en cendres.

Pendant ce temps, le Wild se prépare à une première ronde infernale, vraisemblablement contre Dallas, dans un affrontement absurde entre deux puissances du classement général.

À Saint Paul, on parle déjà de séries longues, physiques, exigeantes. À Newark, on parle plutôt de restructuration, de frustration, et maintenant… de congédiement potentiel.

Le nom du directeur général Tom Fitzgerald circule dangereusement dans les coulisses. En poste depuis 2020, il n’a jamais réussi à bâtir autour de ses deux piliers, Jack Hughes et Nico Hischier, pourtant repêchés avant son arrivée. Depuis, les décisions discutables s’accumulent : le flop Alexander Holtz au 7e rang, Simon Nemec au 2e, Anton Silayev (un défenseur géant qui est aussi un flop) au 10e devant Sam Dickinson et Zeev Buium.

Même au deuxième tour de 2022, on a préféré Seamus Casey, un petit défenseur de la ligue américaine à Lane Hutson, alors que Casey végète encore dans les mineures.

Et ce n’est pas tout.

Même la fratrie Hughes n’échappe pas au malaise. Jack, malgré son talent élite, est constamment freiné par les blessures.

Il rate en moyenne 25 matchs par saison. Cette année encore, il a manqué 20 rencontres après une sévère lacération à la main… survenue lors d’un souper au restaurant. Une séquence presque surréaliste, devenue tristement banale à Newark.

Quant à Luke Hughes, fraîchement prolongé pour huit ans, son développement stagne. Offensivement respectable, oui, mais défensivement friable, au point d’avoir été hué par ses propres partisans à quelques reprises cet hiver.

Dans ce contexte toxique, les tensions montent.

Selon ce qui circule dans le milieu, le clan Hughes est furieux. Jack serait en colère contre la direction des Devils. Quinn, de son côté, vivrait difficilement certains aspects de son arrivée au Minnesota malgré le succès collectif. Et voilà que le scénario initial, Quinn vers le New Jersey, est complètement inversé.

Car maintenant, une rumeur inattendue prend forme : Jack Hughes, agent libre dans trois ans, pourrait envisager le Minnesota. Pas l’inverse.

Quinn, lui, ne remettra jamais les pieds chez les Devils.

C’est là tout le paradoxe cruel de cette histoire. New Jersey rêvait de réunir les frères Hughes. Aujourd’hui, l’organisation est en train de perdre le second.

Dans les coulisses de la ligue, un autre nom circule avec insistance : Marc Bergevin. L’ancien directeur général du Canadien, aujourd’hui adjoint chez les Sabres de Buffalo, serait sérieusement considéré à Newark… mais aussi à Nashville.

Bergevin est très prisé. Son profil d’architecte agressif, reconnu pour ses transactions majeures, attire plusieurs organisations à la dérive.

Et quand un club commence à évoquer Bergevin, c’est rarement bon signe pour la direction en place.

Ce qui devait être une belle histoire de famille est devenu un feuilleton de désillusion. Le Wild avance, les Devils reculent. Quinn est désormais dans une structure gagnante.

Jack regarde autour de lui et voit le vide. Luke tente de survivre sous pression. Et New Jersey, incapable d’assembler les morceaux, récolte aujourd’hui ce qu’il a semé.

Le malaise public créé par la photo retouchée des Devils du New Jersey a mis Quinn dans une colère noire.. Sa famille au complet se sent insultée.

Même chose du côté de Jack Hughes, qui vit très mal l’effondrement sportif de New Jersey et la gestion chaotique de l’organisation.

Le clan Hughes est en furie. Quinn Hughes est en furie.

Et à l’intérieur de la ligue, plusieurs tiennent déjà pour acquis une chose : Quinn ne jouera jamais pour les Devils. Le pont est brûlé. Complètement.

À Newark, c’est toute une organisation qui semble marcher sur une seule jambe.