Colère noire: Juraj Slafkovsky enragé sur la glace

Colère noire: Juraj Slafkovsky enragé sur la glace

Par David Garel le 2026-02-13

À Milan, Juraj Slafkovský n’est pas simplement en train d’accumuler des points.

Il est en train d’imposer son identité.

Après ses deux buts et trois points contre la Finlande, Slaf est revenu sur la glace aujourd’hui face à l’Italie avec exactement le même objectif : tirer son équipe vers le haut. Le match a pourtant été beaucoup plus compliqué que prévu. Moins fluide. Plus accroché. Plus frustrant. Une victoire de 3-2 arrachée, pas offerte.

Et dans ce genre de match-là, tu vois tout.

Tu vois qui flotte.

Tu vois qui disparaît.

Et tu vois qui devient un moteur.

Slafkovský a encore noirci la feuille de pointage avec une passe sur le premier but slovaque, portant son total à quatre points en deux matchs, mais ce n’est même pas ça, le vrai signal.

Le vrai signal, c’est son langage corporel.

La bête était libérée. Juraj Slafkovský jouait en mode carnivore. Dans tous les coins. Dans tous les duels. Des mises en échec lourdes, des épaules qui rentrent, des batailles gagnées le long des bandes, et ce regard noir à chaque arrêt de jeu où les mêlées éclataient.

Il parlait aux arbitres, il les envoyait promener en slovaque, il criait après ses coéquipiers.

Il exigeait plus. Pas de sourire. Pas de pause. Juste une intensité brute. Slaf était partout, frappait, pressait, protégeait la rondelle comme un taureau, puis repartait au front shift après shift. Ce n’était pas un joueur “émotif”. C’était un joueur en mission.

Il faut dire que Slaf a l'habitude d'insulter les arbitres:

Et c’est ça qui était fascinant à voir : une colère canalisée. Une rage gagnante. Tout ce qu’il a encaissé en Slovaquie, toute la pression, la fédération, la famille exposée par les paparazzis, les critiques, tout sortait par son hockey.

Il ne jouait pas pour être beau, il jouait pour imposer sa volonté. "The beast was unleashed". Pas besoin de discours. Pas besoin de symbole. Quand Slafkovský joue comme ça, tu comprends tout de suite : ce gars-là est rendu à un autre niveau mental. Il ne demande plus la place. Il la prend.

Toute la rencontre, il était enragé. On l’a entendu sacrer en slovaque. On l’a vu regarder ses coéquipiers, taper son bâton, exiger plus. Pas une colère stérile. Une colère gagnante.

Celle d’un joueur complètement dial in, branché sur chaque présence, incapable d’accepter qu’on échappe une bataille, un repli, une rondelle libre.

Ce n’était pas de la frustration.

C’était de l’intensité pure.

Parce que Slafkovský est rendu là dans son développement : il ne tolère plus le jeu mou. Il ne tolère plus l’à-peu-près. Il joue chaque présence comme si le match pouvait basculer à tout moment, et honnêtement, c’était exactement le cas contre l’Italie.

Ce tournoi est en train de montrer une facette encore plus claire de sa transformation.

Le kid réservé qu’on entendait timidement en anglais ou en français est disparu. À Milan, dans sa langue, Slaf est à l’aise, blagueur hors glace… mais sur la glace, c’est un animal compétitif. Il parle. Il dirige. Il pousse. Il corrige.

Il joue comme un leader, même sans lettre sur le chandail.

Et c’est là que tout ce qu’il a vécu récemment prend son sens.

La pression en Slovaquie.

Les critiques après ses propos sur la fédération.

La famille exposée.

Les journalistes.

La tentative de le “remettre à sa place”.

Tout ça, il l’a transformé en carburant.

À Milan, il ne cherche pas à être gentil. Il cherche à gagner.

On le voit dans ses entrées de zone. Dans sa façon de protéger la rondelle. Dans ses épaules qui rentrent dans les défenseurs. Dans ses regards vers le banc. Dans son impatience quand une décision arbitrale lui échappe.

Et pendant que certains se demandaient encore s’il pouvait vraiment être un joueur dominant sans être accroché à des vedettes offensives, Slaf est en train de répondre à sa façon : avec des points, oui, mais surtout avec de l’impact.

Il transporte le jeu.

Il impose le tempo.

Il élève les gars autour de lui.

Contre la Finlande, il a frappé fort. Contre l’Italie, il a tenu la ligne.

Deux types de matchs.

Même leader.

Et pour les Canadiens de Montréal, c’est probablement la partie la plus excitante de tout ça.

Parce qu’on ne voit pas seulement un joueur qui produit.

On voit un joueur qui apprend à gagner fâché.

Un joueur qui comprend que dominer, ce n’est pas toujours être spectaculaire, parfois, c’est simplement refuser de perdre.

À Milan, Juraj Slafkovský ne joue pas au hockey olympique.

Il construit quelque chose.

Et chaque match, ça devient de plus en plus évident.