Commotion à Radio-Canada: Chantal Hébert commet l'irréparable

Commotion à Radio-Canada: Chantal Hébert commet l'irréparable

Par David Garel le 2026-03-21

Il y a des moments où un diffuseur public perd complètement le fil. Où il oublie sa mission, où il oublie qui le finance, et surtout, où il oublie qu’il doit rendre des comptes. Ce qui se passe actuellement à Radio-Canada en est un exemple parfait. Pas un dérapage isolé. Pas une maladresse. Une dérive.

Parce que quand tu mets tout ensemble, l’entente avec Prime Video, le mépris affiché envers les critiques à Tout le monde en parle, et maintenant les propos complètement déconnectés de Chantal Hébert sur Joe Rogan, ça ne fait plus une controverse. Ça fait un système.

Un système fermé. Une pensée unique. Une arrogance financée par les contribuables.

Et ça, c’est là que ça devient une honte.

Commençons par le cœur du problème. Radio-Canada, c’est censé être un diffuseur public. Pas une boîte privée. Pas une machine idéologique. Un service public. Payé par les impôts des citoyens. Donc automatiquement, ça vient avec une responsabilité : écouter le monde.

Mais ce qu’on voit en ce moment, c’est exactement l’inverse.

On voit une élite médiatique qui parle entre elle, qui se valide entre elle, et qui regarde le reste du monde avec un mépris à peine voilé.

Le meilleur exemple, c’est la sortie de Chantal Hébert.

Pierre Poilièvre est allé s’asseoir pendant près de trois heures au micro de Joe Rogan, le podcasteur le plus écouté au monde, dans une entrevue sans filtre où il a parlé directement à des millions de personnes à l’international. Il lui a même donné un cadeau émotif du Canada:

Une sortie majeure, stratégique, assumée… mais qui a immédiatement déclenché une vague de critiques dans les médias traditionnels, notamment du côté de Radio-Canada.

Et la pauvre Hébert tombe aussitôt dans le mépris "libéral".

Elle parle de Joe Rogan comme si elle parlait d’un obscur blog complotiste perdu dans un coin d’internet. Comme si elle n’avait aucune idée de ce qu’elle critique. Et ça paraît.

« D’abord, c’est un complotiste. »

Voilà. Tout est dit. Une étiquette. Une ligne. Aucun contexte.

Le problème, c’est que Joe Rogan, c’est le podcast le plus écouté au monde. Des dizaines de millions de personnes. Une influence planétaire. Que tu sois d’accord ou pas avec lui, ça n’a aucune importance. Tu ne peux pas faire comme s’il n’existait pas.

Mais à Radio-Canada, on agit comme si le monde extérieur n’existait pas.

On continue.

« La raison en partie pour laquelle il y a tant d’adeptes, c’est entre autres parce que pendant la pandémie, il s’est distingué avec des théories et de la désinformation sur la santé et la COVID qui ont été dénoncées universellement. »

« Il y a un lourd bagage qui vient aussi. Sexisme, transphobie, etc. »

Tout y passe. Toutes les étiquettes. Tous les mots-clés.

Mais à aucun moment, on reconnaît la réalité la plus simple : des millions de gens écoutent ce podcast volontairement. Pas parce qu’ils sont manipulés. Pas parce qu’ils sont idiots. Parce qu’ils veulent entendre autre chose.

Et ça, visiblement, ça dérange profondément Radio-Canada.

Parce que ça sort du cadre.

Parce que ça échappe au contrôle.

Parce que ce n’est pas la fameuse ligne éditoriale bien propre, bien encadrée, bien conforme.

Et c’est là que le malaise devient énorme.

Parce que pendant que Chantal Hébert donne des leçons, elle admet elle-même quelque chose de fondamental sans même s’en rendre compte.

« Il y a plus de 20 millions de gens qui sont abonnés à ce podcast. »

Exactement.

Donc la question devient simple : qui est déconnecté de la réalité ?

Ceux qui écoutent ? Ou ceux qui jugent sans comprendre ?

Mais ça ne s’arrête pas là.

Elle va encore plus loin en parlant de Pierre Poilièvre.

« Les conseillers de M. Poilièvre avaient dit : “Va pas là, parce que c’est un grand partisan de Donald Trump.” »

« On va t’identifier encore plus au trumpisme si tu vas sur cette plateforme-là. »

De quoi tu parles? Joe Rogan s'est éloigné de Donald Trump depuis le conflit en Iran... et il adore le Canada...

Donc maintenant, parler à un auditoire mondial devient un problème politique. Aller rejoindre des millions de personnes devient un risque. S’exprimer hors du cadre devient suspect.

C’est exactement ça, la pensée fermée.

Et le bout le plus révélateur arrive ensuite.

« Ça dure trois heures. En trois heures, on a le temps de se pendre avec sa propre corde 300 fois. »

Ce mépris-là… il est flagrant.

Ce n’est plus de l’analyse. C’est du jugement. C’est de la condescendance pure.

Et pendant ce temps-là, Radio-Canada continue de se présenter comme le gardien de la rigueur, de la vérité, de la nuance.

Ça ne tient plus.

Parce que le public, lui, voit très bien ce qui se passe.

Il voit une institution qui se permet de juger tout le monde… mais qui refuse de se faire juger.

Il voit une institution qui prêche l’ouverture… mais qui ferme la porte à toute pensée différente.

Il voit une institution qui parle de diversité… mais uniquement quand ça reste dans les limites acceptables.

Et comme si ce n’était pas suffisant, cette même institution signe des ententes avec Amazon pour distribuer son contenu.

Un diffuseur public qui s’associe avec un géant américain.

Un contenu payé par les contribuables qui devient payant sur une plateforme privée.

Et après ça, on va donner des leçons sur la culture, sur les valeurs, sur la société.

C’est ça qui ne passe plus.

Parce que pendant que Radio-Canada fait des deals avec des multinationales, elle regarde de haut les citoyens qui osent questionner.

Pendant que Radio-Canada encaisse l’argent public, elle agit comme si elle n’avait aucun compte à rendre.

Et pendant que Radio-Canada critique les plateformes externes… elle dépend de plus en plus d’elles.

C’est une contradiction totale.

Et le public n’est pas dupe.

Ce qui choque aujourd’hui, ce n’est pas seulement ce que Chantal Hébert a dit.

C’est ce que ça représente.

Une mentalité.

Un réflexe.

Une façon de voir le monde où ceux qui ne pensent pas comme toi sont automatiquement catalogués, disqualifiés, ridiculisés.

Et ça, dans un diffuseur public, c’est inacceptable.

Parce que Radio-Canada n’appartient pas à une clique.

Radio-Canada appartient au public.

À tout le public.

Même à ceux qui écoutent Joe Rogan.

Même à ceux qui ne pensent pas comme Chantal Hébert.

Même à ceux qui en ont assez de se faire dire quoi penser.

Et tant que Radio-Canada ne comprendra pas ça, la fracture va continuer de grandir.

Parce que ce qui se passe en ce moment, ce n’est pas une simple controverse.

C’est une perte de confiance.

Et une fois que cette confiance-là est brisée, ce n’est pas avec des chroniques, des excuses à moitié ou des sorties arrogantes qu’on va la réparer.

C’est pour ça que oui, aujourd’hui, il faut le dire clairement.

C’est une honte.