Ce dimanche après-midi, alors que le Canadien de Montréal s’apprêtait à affronter les puissants Panthers de la Floride, une décision de l’état-major a provoqué un véritable séisme chez les partisans et dans l’écosystème du hockey québécois : Arber Xhekaj a été laissé de côté.
À sa place, Michael Pezzetta, le plombier indésirable qui n’a pas joué depuis des lunes, a été inséré dans l’alignement. Une décision difficile à comprendre pour plusieurs — et surtout, une décision lourde de symbolisme.
Car Xhekaj n’est pas un joueur ordinaire à Montréal. Il est un favori de la foule, un défenseur physique qui incarne une certaine fierté et une combativité que les partisans adorent.
Depuis son arrivée dans la LNH, il a su marquer les esprits avec ses duels percutants, sa ténacité et sa progression constante. Le voir être sacrifié dans un match aussi crucial a fait l’effet d’un électrochoc.
Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été immédiates. Des milliers de partisans ont exprimé leur incompréhension, leur frustration, et leur inquiétude quant à l’avenir du numéro 72 dans l’uniforme du Tricolore.
Certains redoutent un divorce inévitable avec l’organisation, d’autant plus que des rumeurs persistantes l’envoient à Chicago ou Philadelphie lors de la saison morte.
Ce qui alimente davantage cette tension, c’est le contexte relationnel entre Arber Xhekaj et Martin St-Louis. Il est de notoriété publique que le coach-chef a toujours tenu un discours très exigeant à l’égard du jeune défenseur.
Que ce soit pour ses décisions sur la glace, son engagement défensif, ou même ses activités hors-glace, St-Louis n’a jamais traité Xhekaj avec la même indulgence qu’avec d’autres jeunes du groupe.
On se souvient notamment de l’époque où St-Louis refusait qu’on appelle Xhekaj « Le Shérif » dans le vestiaire, une anecdote qui résume à elle seule la complexité de leur relation.
Le malaise est réel. Et il ne se limite pas aux partisans.
Selon plusieurs sources, même certains joueurs dans le vestiaire auraient été étonnés de la décision. Le capitaine Nick Suzuki, toujours très posé, aurait demandé des explications sur la mise à l’écart de Xhekaj.
C’est dire à quel point cette décision a été ressentie comme une onde de choc à l’interne.
Du côté du personnel d’entraîneurs, on parle d’un choix stratégique, visant à amener un peu plus d’énergie en insérant Pezzetta dans une rencontre qui s’annonce robuste face à l’une des équipes les plus physiques de la ligue.
Mais cette justification ne convainc pas tout le monde. Car Pezzetta, malgré son enthousiasme et son éthique de travail, n’a pas la même efficacité défensive, ni la même constance sur le plan physique qu’un Xhekaj bien utilisé.
Le contexte aggrave les choses.
Xhekaj avait déjà vu son temps de jeu fondre lors du dernier match, avec moins de 4 minutes d’utilisation. Et voilà maintenant qu’il est complètement exclu de la formation.
Tout cela pendant que Jayden Struble consolide sa place dans l’alignement, que Kaiden Guhle est de retour au jeu, et que Logan Mailloux, David Reinbacher et Adam Engström attendent leur tour dans l’organisation.
C’est la loi des nombres. Et cette loi n’est pas tendre avec Xhekaj.
Le risque, désormais, est de voir ce dossier dégénérer. Car si Xhekaj se retrouve de nouveau dans les gradins dans les prochaines semaines, il est à prévoir que son clan — et possiblement lui-même — envisagera sérieusement un changement de décor.
Ce serait un crève-cœur pour bien des partisans. Ce serait aussi un message fort de la direction du Canadien : le style Xhekaj, aussi spectaculaire soit-il, n’est plus au centre du plan à long terme.
En somme, la décision de ce dimanche n’est pas simplement un ajustement d’alignement. C’est peut-être le début de la fin.
Et si tel est le cas, l’organisation devra être prête à affronter la réaction émotionnelle de ses partisans. Car Arber Xhekaj, dans le cœur du Québec, est bien plus qu’un sixième défenseur. Il est un symbole.
Voilà pourquoi les Montréalais ont peur: Et si la fin approchait vraiment pour Arber Xhekaj à Montréal?
Pendant que Florian Xhekaj multiplie les performances éclatantes avec le Rocket de Laval et que ses entraîneurs parlent de lui avec les yeux brillants, son grand frère est laissé dans les gradins du Centre Bell.
Et cette absence n’est pas anodine. Elle résonne comme un avertissement. Le “Shérif” est devenu remplaçable.
Ce n’est pas une critique gratuite. C’est la réalité lucide. En ce moment, Jayden Struble s’impose comme un incontournable et David Savard, malgré ses limites, est protégé par son statut de vétéran droitier, dans un groupe de défenseurs largement composé de gauchers.
Et avec Adam Engström qui monte à Laval, et David Reinbacher qui a un poste assuré la saison prochaine… l’espace se resserre.
Ce qui rend la situation encore plus explosive, c’est le contexte émotionnel. Parce que Florian Xhekaj est bel et bien en train de s’installer à Montréal.
Pascal Vincent ne tarit pas d’éloges à son sujet. Il parle d’un jeune joueur au positionnement intelligent, à la progression « plus rapide que prévu », qu’il utilise déjà 20 minutes par match.
Il souligne son sens du détail, son efficacité défensive, sa capacité à lire le jeu comme un pro. Ce ne sont pas des compliments banals. Ce sont les mots qu’un coach réserve à un futur NHLer.
Alors imaginez le cauchemar. Imaginez Florian, appelé à temps plein à Montréal pour amorcer sa carrière dans la LNH, sans son frère à ses côtés. Arber, de l’autre côté, envoyé ailleurs. À Chicago, à Philadelphie, à San Jose… peu importe.
Une transaction qui sera vécue comme un déchirement pour toute la famille Xhekaj, qui a tant sacrifié pour voir ses deux fils percer dans la même organisation.
Et pourtant, ce scénario devient chaque jour plus plausible.
Car au-delà du sport, la relation entre Martin St-Louis et Arber Xhekaj n’a jamais été simple. St-Louis a longtemps refusé de l’appeler « le Shérif » dans le vestiaire.
Il a critiqué ses activités marketing, son indiscipline, son positionnement hasardeux. Il l’a brisé, remodelé. Arber s’est battu pour redevenir un joueur fiable, plus discipliné. Mais aujourd’hui, même cela ne semble pas suffisant.
Le message est sans pitié. Tu peux changer. Tu peux sacrifier ton style. Tu peux devenir plus sobre, plus effacé… et quand même te faire tasser.
Parce qu’en bout de ligne, à Montréal, la hiérarchie défensive est en train de se figer. Et Xhekaj n’est plus dans les priorités.
Les rumeurs de transaction ne sont pas des fantaisies. Elles prennent racine dans cette réalité sportive. Et dans la réalité contractuelle aussi : Xhekaj entamera la dernière année de son contrat à 1,3 million par saison.
S’il n’est pas dans les plans à long terme, le Canadien pourrait vouloir l’échanger pendant qu’il a encore une bonne valeur sur le marché.
Le pire, c’est que dans un autre marché — Philadelphie ou Chicago— il deviendrait instantanément une vedette locale. Un pilier défensif. Un symbole. Exactement ce que Montréal lui refuse aujourd’hui.
Et c’est ça qui est tragique.
Car si le grand frère part, que va-t-il rester au petit? Un rêve brisé. Une complicité arrachée. Une nouvelle qui fera mal à toute une famille.
Parce que peu importe les millions, les contrats ou les statistiques… ce sont deux frères qui ont grandi avec la même passion, et qui se rêvaient ensemble sous les projecteurs du Centre Bell.
Et si le rêve éclate, ce ne sera pas à cause du manque de talent.
Ce sera à cause du temps. Du timing. De la froide logique des affaires.
Mais pour la famille Xhekaj, ce sera un cauchemar bien réel.