Commotion dans le studio de Cogeco: Pascal Vincent sans pitié envers Logan Mailloux

Commotion dans le studio de Cogeco: Pascal Vincent sans pitié envers Logan Mailloux

Par David Garel le 2025-03-25

Il fallait s’y attendre. Il fallait que ça sorte un jour. Et Pascal Vincent a été sans pitié.

Invité par Mario Langlois à commenter l’évolution de Logan Mailloux, l’entraîneur-chef du Rocket de Laval a tranché à vif. 

Sans détour, sans pitié, sans diplomatie. Ce n’était pas une déclaration de soutien. C’était plutôt un retour à la réalité brutal sur ce qu’est Logan Mailloux aujourd’hui : un joueur qui, malgré tout son potentiel offensif, n’a pas encore compris ce qu’être un défenseur dans la Ligue nationale implique réellement.

« Il a toujours été habitué d’évoluer à l’attaque, mais il a été repêché junior comme défenseur. C’est un défenseur offensif, mais on veut développer l’aspect sans la rondelle », a lancé Vincent, froidement.

Une phrase qui résonne comme une claque publique. Pas un mot sur son engagement, pas un mot sur ses progrès, pas un mot sur une éventuelle place à Montréal.

Juste le rappel cruel que malgré ses élans offensifs, Mailloux demeure un fardeau défensif.

Et c’est là que toute l’ironie s’installe. Parce que Mailloux a été repêché en dépit d’un lourd passé. Parce qu’on croyait en sa rédemption, en sa maturité à venir, en un profil rare de défenseur offensif avec une présence physique.

Mais le conte de fées n’a jamais pris racine. Dès ses premiers pas à Laval, Mailloux a déçu. Il a été bousculé par la réalité du hockey professionnel, trop souvent dans la lune, trop souvent mal positionné, trop souvent négligent avec la rondelle dans sa propre zone.

Et pendant ce temps, Reinbacher, lui, monte les échelons avec une "rigueur suisse" (même s'il est l'Autrichien, il a passé une grosse partie de sa vie en Suisse).

Le lien entre Vincent et Mailloux n’a jamais semblé fonctionner. Vincent, entraîneur structuré, prônant la discipline et l’engagement sans la rondelle, n’a jamais semblé vouloir s’accommoder du style plus libre, plus téméraire de Mailloux.

Il l’a d’abord relégué en dehors de la première unité d’avantage numérique, l’a publiquement ignoré même après des matchs à deux buts, puis a favorisé d’autres jeunes comme Adam Engström ou même David Reinbacher, qui a rapidement été placé dans les meilleures situations possibles. 

L’absence de reconnaissance est devenue flagrante, et la confiance s’est lentement évaporée.

Tout cela mène à une conclusion presque inévitable : Mailloux sera échangé. Il ne fait tout simplement plus partie des plans du Canadien de Montréal. 

Kent Hughes a déjà laissé entendre, dans ses nombreuses interventions publiques, qu’il était prêt à surpayer en actifs pour aller chercher un attaquant top 6, et la logique veut que Mailloux fasse partie d’un tel « package deal ».

Le nom de Trevor Zegras revient avec insistance. L’été dernier, une transaction avortée avait failli envoyer Mailloux et le 21e choix au total à Anaheim pour Zegras et un choix de deuxième ronde.

Si le repêchage avait été moins favorable à Montréal — si Ivan Demidov n’avait pas glissé au cinquième rang — Mailloux porterait déjà un autre chandail aujourd’hui.

Et pourtant, malgré tout, Mailloux continue d’afficher un corps imposant, un tir foudroyant, une capacité à contribuer à l’attaque. 

Mais comme l’a répété Vincent, le problème n’est pas la rondelle… c’est tout le reste. Ce que les entraîneurs voient, c’est un joueur qui ne lit pas toujours bien le jeu défensif, qui coupe des coins ronds, qui n’a pas encore la constance, ni la concentration exigée pour un défenseur de la LNH. 

Pire, plusieurs sources au sein de l’organisation ont aussi pointé ses mauvaises habitudes hors-glace : sorties fréquentes, entourage distrayant, retards occasionnels à l’entraînement. Rien qui n’aide à bâtir la confiance.

Et pendant ce temps, David Reinbacher, lui, trace déjà son chemin vers Montréal. Il est calme, posé, humble, discipliné, et a un tir tout aussi lourd.

La semaine dernière, Mailloux a écopé d’une pénalité pour défendre Farrell, et Vincent l'a puni. Pourtant l'intention était bonne.

Le feu n’y est plus. Sur le banc, même après un but de Reinbacher, Mailloux ne souriait pas. Le regard dans le vide, comme s’il savait que son aventure à Montréal tire à sa fin.

Pascal Vincent a dit tout haut ce que plusieurs dans l’organisation pensent tout bas depuis des mois : Mailloux n’est pas prêt. Et peut-être qu’il ne le sera jamais. 

Le couperet est déjà tombé. Reste à voir qui, ailleurs dans la LNH, voudra parier sur lui. Ça sent les Ducks d'Anaheim à plein nez.

Mais si le message de Pascal Vincent sur la glace était dur, celui que l’organisation envoie hors glace est encore plus brutal.

Car pour comprendre la chute de Logan Mailloux dans la hiérarchie montréalaise, il faut aussi regarder tout ce qu’on ne voit pas dans les feuilles de match.

Souvenez-vous de l’an dernier, quand Jean-François Houle était encore l’entraîneur du Rocket. À cette époque, plusieurs partisans pointaient du doigt l’ex-coach comme étant l’obstacle au développement de Mailloux.

On entendait que Houle ne le comprenait pas, qu’il gâchait son talent, qu’il n’avait pas la bonne approche pour un joueur au style aussi explosif. On croyait que le vrai problème était derrière le banc. Erreur monumentale.

Parce que dès que Pascal Vincent est arrivé, avec son bagage de la LNH, avec sa vision structurée du hockey moderne, le discours n’a pas changé. En fait, il est devenu encore plus clair : le problème, ce n’est pas le coach… c’est le joueur.

Et ce que Vincent ne dit pas en ondes, tout le monde dans les coulisses le murmure. À Laval, Mailloux est reconnu pour ses retards répétés aux entraînements.

Un matin l’an dernier, il serait arrivé tellement en retard que les vétérans lui auraient donné une leçon : ses lacets avaient été coupés en douce dans le vestiaire, une manière bien sentie de rappeler qu’au hockey professionnel, tu ne fais pas attendre l’équipe. C’était un signal clair, mais qui n’a pas eu l’effet escompté.

Parce que le vrai combat de Mailloux, ce n’est pas dans sa zone défensive… c’est contre lui-même.

Tout le monde le voit : à Laval, dans les bars du centre-ville de Montréal ou de laval, dans les after-parties de certains influenceurs, 

Mailloux aime faire son frais. Il se pointe avec un garde du corps personnel, comme s’il était déjà une vedette établie de la LNH.

Il se pavane dans les clubs, les événements privés, habillé comme une rockstar, alors qu’il est encore coincé dans les gradins de la Ligue américaine.

Et ça, chez le Canadien, ça ne passe pas. Mailloux agit comme s’il avait déjà tout prouvé, alors qu’il n’a encore rien gagné.

Et pendant que ses coéquipiers comme Reinbacher font tout pour progresser, lui donne l’impression d’être en croisade contre l’autorité.

Il veut jouer comme un attaquant, il agit comme une vedette, mais on doit lui rappeler constamment qu’il est défenseur.

Et qu’on l’a repêché comme défenseur...

La vérité fait mal: il est encore incapable d’être un défenseur digne de ce nom, et ça commence à être fatiguant.

Mario Langloix en studio, a eu l’élégance de ne pas parler de sa vie nocturne, mais tout le monde sait qu’il aurait pu le faire.

Les échos du nightlife de Mailloux sont si forts que certains dans l’entourage du Rocket commencent à s’en offenser.

Quand t’as du talent mais que tu choisis de sortir au lieu de te reposer, tu n’es pas sérieux. Et ça, dans un marché comme Montréal, ça laisse des traces.

Alors oui, Logan Mailloux est probablement déprimé en ce moment. Son regard, son langage corporel, tout crie “je ne suis plus ici.” 

Et il a raison d’être inquiet, car il ne sera plus ici très longtemps. Kent Hughes l’a pratiquement confirmé dans ses dernières sorties. 

Mailloux n’a plus sa place.

Le Canadien a compris. Pascal Vincent a compris. Et même Mailloux commence à comprendre que le train est en train de quitter la gare sans lui.