Il aura suffi d’une phrase. Une seule.
Et les réseaux sociaux ont explosé.
Ryan Whitney, coanimateur controversé du balado Spittin’ Chiclets, a lancé une bombe : selon lui, Hockey Canada aurait refusé que Wayne Gretzky entre dans le vestiaire canadien pour annoncer l’alignement de départ… parce qu’il serait “trop proche” de Donald Trump.
If this is true @HockeyCanada didn’t allow Wayne Gretzky in the locker room to read the starting lineup before the gold medal game whoever made the decision needs to resign today. What a disgrace
— Ryan Whitney (@ryanwhitney6) February 26, 2026
En quelques minutes, c’était la folie.
Partages en rafale.
Indignation instantanée.
Appels au boycott.
Accusations de trahison.
Tempête numérique.
L’idée même qu’on puisse interdire à Wayne Gretzky d’adresser l’équipe canadienne dans un tournoi international a frappé comme un uppercut collectif. Imaginez la scène : le plus grand joueur de tous les temps, l’homme qui a porté le pays sur ses épaules pendant deux décennies, refoulé du vestiaire canadien pour des raisons politiques.
C’était trop énorme pour ne pas enflammer la planète hockey.
Et pendant plusieurs heures, le doute s’est installé.
Comment est-ce possible que ce ne soit pas Gretzky qui parle aux joueurs?
Comment est-ce possible que le visage le plus universel du hockey canadien ne soit pas au centre du moment?
Comment peut-on même envisager de politiser sa présence?
Devant l’ampleur de la commotion, Hockey Canada a finalement dû intervenir pour démentir formellement l’allégation. Non, Wayne Gretzky n’avait pas été refusé. Non, il n’y avait pas de veto politique. Non, on ne lui avait pas fermé la porte du vestiaire.
This is not true.
— Hockey Canada (@HockeyCanada) February 26, 2026
Ryan Whitney s'est alors rétracté.
Hockey Canada has spoken. According to them not true. I repeat…Not true https://t.co/L22sHtfYF4
— Ryan Whitney (@ryanwhitney6) February 26, 2026
Mais le mal était fait.
Parce que le simple fait que des millions de partisans aient trouvé cette hypothèse crédible en dit long sur le climat actuel.
On est rendus à un point où une rumeur voulant qu’on écarte Gretzky du vestiaire canadien semble plausible. C’est ça, le vrai scandale.
On parle du joueur qui a révolutionné le hockey.
Du capitaine de 1987.
Du symbole des dynasties d’Edmonton.
Du visage du Canada aux Jeux olympiques.
Du détenteur de records qu’on ne reverra jamais.
On parle de l’homme qui, encore récemment, a dû rappeler publiquement qu’il est “un vrai Canadien” et qu’il veut voir le pays gagner l’or.
Et malgré tout ça, on est rendus à débattre de savoir s’il mérite d’entrer dans le vestiaire de Team Canada.
C’est absurde.
Ce qui choque le plus dans cette histoire, ce n’est même pas que la rumeur ait circulé. C’est la facilité avec laquelle elle a pris racine. Comme si une partie du pays était prête à accepter l’idée qu’on puisse effacer Gretzky pour des raisons idéologiques.
Comme si son héritage était conditionnel.
Comme si 2 857 points en carrière pouvaient être annulés par une photo.
Il faut respirer deux secondes.
Wayne Gretzky n’est pas un stratège politique.
Il n’est pas un activiste.
Il n’est pas un candidat.
Il est un joueur de hockey. Le plus grand de tous les temps.
Son rôle dans l’histoire canadienne ne se négocie pas. Il ne dépend pas de l’air du temps. Il ne varie pas selon l’algorithme.
Et si une rumeur comme celle lancée par Whitney peut provoquer un tel séisme, c’est parce qu’on a collectivement laissé s’installer un climat où le respect est devenu fragile.
Fragile au point où on vandalise sa statue.
Fragile au point où on lance des pétitions.
Fragile au point où on accepte l’idée qu’il pourrait être indésirable dans le vestiaire canadien.
Il est temps d’arrêter.
Temps d’arrêter de mesurer l’amour du pays à l’aune des affiliations supposées.
Temps d’arrêter de conditionner le respect à la conformité idéologique.
Temps d’arrêter de traiter le plus grand joueur de notre histoire comme un dossier à débattre.
On peut être en désaccord avec ses fréquentations.
On peut ne pas aimer certaines photos.
On peut avoir des opinions politiques différentes.
Mais Wayne Gretzky demeure Wayne Gretzky.
Le Canada lui doit une part immense de son identité sportive moderne. Des générations entières ont appris à aimer le hockey en regardant le numéro 99 glisser sur la glace.
Refuser à Gretzky le vestiaire canadien aurait été une honte historique.
Heureusement, ce n’était pas vrai.
Mais le simple fait que la rumeur ait semblé crédible devrait nous servir d’avertissement.
On est en train d’oublier comment respecter nos légendes.
Et à un moment donné, il faut tracer une ligne.
Wayne Gretzky mérite le respect.
Point.
Peu importe le contexte.
Peu importe le climat.
Peu importe le bruit.
Parce que si le Canada commence à douter de Gretzky, c’est qu’on a un problème beaucoup plus profond que n’importe quelle rumeur de vestiaire.
