Conférence de presse arrogante: Rob Brind'Amour envoie promener l'arbitrage

Conférence de presse arrogante: Rob Brind'Amour envoie promener l'arbitrage

David Garel
Le 2026-05-24

Rod Brind’Amour devrait peut-être garder une petite gêne.

Après avoir vu son équipe éviter le désastre et égaler la série, l’entraîneur des Hurricanes de la Caroline a décidé de faire ce qu’il fait souvent dans les grands moments: jouer avec les journalistes, envoyer des messages aux arbitres, semer des graines dans les médias et tenter de rentrer dans la tête de tout le monde. Une vieille recette digne de Lindy Ruff.

Au lieu de simplement savourer une victoire importante, Brind’Amour s’est présenté devant les médias avec une attitude franchement arrogante, presque théâtrale.

D’abord, il a lancé cette phrase qui a fait sourciller bien du monde:

“La série peut maintenant commencer.”

Comme si la victoire des Canadiens de Montréal au premier match ne comptait pas vraiment. Comme si le travail de Martin St-Louis et de ses joueurs n’avait été qu’un accident de parcours.

Et ensuite, il y a eu cette étrange scène où il a décidé de jouer à cachette-cache avec les journalistes.

“Nous nous sommes concentrés sur une chose en particulier. Je ne veux pas vous le dire, mais on l’a vraiment bien fait ce soir.”

Pardon?

Tu veux envoyer un message? Envoie-le. Tu veux expliquer un ajustement tactique? Explique-le. Mais ce petit numéro du “on a trouvé quelque chose chez les Canadiens de Montréal, mais je ne vous dirai pas quoi”, ça ressemble davantage à un jeu psychologique qu’à une analyse sérieuse de hockey.

Une tentative évidente de faire jaser, de créer un doute, de nourrir le bruit autour du vestiaire montréalais.

Surtout, ça donne l’impression qu’il essaie de se donner une aura de génie stratégique.

La vérité? Les Hurricanes ont mieux joué, oui. Ils ont exercé davantage de pression, ils ont été plus disciplinés défensivement et ils ont limité certaines sorties de zone du CH. Ça arrive dans une série éliminatoire.

Les ajustements existent des deux côtés. Mais de là à agir comme si une mystérieuse “faille” avait été découverte et qu’il détenait un secret industriel? Un peu de calme.

Surtout quand on regarde l’autre dossier sur lequel Brind’Amour a décidé de partir en croisade: l’arbitrage.

Après le match, le pilote des Hurricanes était encore en furie au sujet du geste d’Alexandre Texier en fin de deuxième période.

Quand on lui a demandé son avis sur la pénalité, il a immédiatement répondu avec un ton rempli d’irritation: “Le dardage?”

Pour lui, il n’y avait aucun doute. Selon Brind’Amour, Texier aurait dû écoper de cinq minutes.

“Personne ne peut me dire que ce n’est pas un dardage. J’ai joué assez longtemps pour le savoir et maintenant, il y a des caméras partout.”

Voilà exactement le genre de déclaration qui nous lève le coeur. On comprend très bien ce qu’il essaie de faire ici: influencer le prochain match. Mettre les arbitres sous pression. Faire du lobbying public avant que la série débarque au Centre Bell.

On trouve l’exercice franchement hypocrite.

Rod Brind’Amour peut parler pendant des heures d’un supposé dardage d’Alexandre Texier s’il le souhaite. Il peut crier à l’injustice, se plaindre du manque d’explications des officiels et laisser entendre qu’on lui a volé quelque chose.

Mais s’il veut vraiment parler de gestes dangereux, il devrait aussi regarder dans son propre miroir.

La mise en échec de Taylor Hall sur Lane Hutson mérite aussi une conversation. Plusieurs séquences ont donné l’impression qu’on cherchait clairement à tester la fragilité du jeune défenseur, notamment autour du bas du corps.

Mais Hall est allé plus loin. Un véritable genou à genou tellement vicieux.

Tout le monde a vu à quel point c'était sale. Surtout, tout le monde a vu que lane Hutson était en furie en revenant au banc.

Qaund on observe le défenseur tituber pour finir son shift, on se dit que son genou pourrait être enflé comme jamais ce matin.

Quand on le voit taper son bâton sur la glace par frustration, on pense au pire:

On a donc envie de dire à Brind’Amour de mettre ses lamentations là où on pense.

On ne peut pas vouloir jouer au hockey de guerre, jouer sale… puis soudainement crier au scandale quand un appel ne tourne pas de notre côté.

Un dardage soft sur le "jock strap" ou un genou à genou des plus sales sur le meilleur joueur des deux équipes? Quel est le pire?

ll y a de fortes chances que la LNH regarde ses commentaires de près. On sait comment la ligue aime peu les entraîneurs qui commentent publiquement le travail des arbitres avec autant d’insistance.

Va-t-il recevoir une amende? Peut-être. Ce ne serait pas la première fois qu’un entraîneur paie pour avoir tenté d’influencer la conversation publique.

Au final, ce qui a surtout retenu l’attention, c’est cette impression de manipulation psychologique derrière chacune de ses paroles.

Le mystérieux “on a trouvé quelque chose chez les Canadiens de Montréal, mais je ne vous le dirai pas.”

La colère très publique envers les arbitres.

Le ton arrogant en conférence.

Il essaie déjà de préparer le terrain psychologique pour le prochain match.

Le hockey des séries est aussi mental. Rod Brind’Amour le sait mieux que personne. Mais parfois, à trop vouloir manipuler le narratif, on finit surtout par être... détestable...