C’est la panique à Edmonton: Leon Draisaitl vide son sac après la défaite à Calgary.
Il y a des soirs où un vestiaire craque. Et mercredi, après le revers de 4-3 contre les Flames au Saddledome, dernier match avant la pause olympique, tout a explosé à Edmonton.
Leon Draisaitl n’a pas cherché à arrondir les coins. Il a parlé comme un leader fatigué de répéter les mêmes réponses, comme un vétéran qui voit sa fenêtre se refermer.
« Ce n’est tout simplement pas assez bon en ce moment. »
Quand on lui demande ce qui fait la différence entre les Oilers et leurs adversaires :
« Oh mon Dieu… on donne trop de buts. On ne défend pas. L’avantage numérique est correct, mais le désavantage numérique n’est pas bon. Il y a beaucoup de choses là-dedans. Mais en ce moment, ce n’est tout simplement pas assez bon. »
Puis, lorsqu’on lui rapporte que son gardien Tristan Jarry vient d’assumer publiquement la responsabilité du match :
« Ça va dans les deux sens. On doit mieux défendre devant lui. On doit lui rendre la vie plus facile. Et oui… à un moment donné, nos gardiens doivent aussi faire des arrêts. »
Ouch. Il faut dire que Jarry a été atroce hier:
Au point que l'attaquant des Flames, Ryan Lomberg, l'a traité de fromage suisse plein de trous:
Ryan Lomberg essentially calls Tristan Jarry "swiss cheese" here.
— PuckEmpire (@puckempire) February 5, 2026
pic.twitter.com/6Eqe5M2hl6
Draisaitl a été encore plus cinglant. Quand c'est ton propre coéquipier qui te jette sous l'autobus, ça fait doublement mal.
« Ça commence avec nous… mais aussi avec les entraîneurs. Avec tout le monde. »
Ouch. Cet extrait vidéo veut tout dire. La vedette des Oilers demande carrément le congédiement de son coach Kris Knoblauch en entrevue.
"Just not good enough right now."
— Edmonton Oilers (@EdmontonOilers) February 5, 2026
Leon Draisaitl shares his thoughts after the #Oilers defeat in Calgary. @Enterprise | #LetsGoOilers pic.twitter.com/PUJgUlly5Y
Draisaitl enchaîne ensuite avec un diagnostic encore plus lourd :
« On est une équipe vétérane. On a joué beaucoup de hockey important. Tu es rendu à 58 matchs dans la saison et tu cherches encore ton identité défensive. On n’est pas assez constants. Ça fuit trop. Tu ne peux pas juste traverser les matchs en espérant qu’une séquence gagnante parte toute seule. Tu as besoin de tout le monde. »
Puis la phrase qui a glacé la salle :
« Ça commence avec les entraîneurs. Avec tout le monde. Tu ne gagneras jamais si tu as juste quatre ou cinq gars qui embarquent. Ça part du sommet. Nos leaders peuvent être meilleurs. Nous tous, on peut être meilleurs. »
Il ne vise pas seulement le vestiaire. Il vise l’organisation complète.
« On n’est plus la même équipe. On n’est même pas proches. »
Quand un journaliste lui suggère que l’usure des dernières saisons pourrait expliquer cette chute :
« Non. On est une équipe différente. On n’est pas aussi bons en ce moment. On n’est même pas proches. Il faut le comprendre. C’est maintenant que ça se joue. Quand on va revenir de la pause, il faut partir. »
Le verdict est brutal.
Rappelons que Connor McDavid avait aussi visé son coach après la 2e défaite en deux ans en finale de la Coupe Stanley:
Not quite sure why this was glossed over so much after the Oilers lost in the finals back to back years. This was a direct shot at the coach. pic.twitter.com/T8RCPA0h8C
— dyln (@oilcuntree) November 11, 2025
Edmonton vient d’encaisser une troisième défaite consécutive. Avec à peine 64 points, le club survit surtout parce que l’Association Ouest est anormalement faible. Dans l’Est, cette équipe serait à 5 points de la dernière place en séries.
Même quand les Oilers gagnent, ils sont souvent dominés territorialement. Défensivement, c’est fragile. En désavantage numérique, c’est chaotique. Devant le filet, c’est instable.
La transaction qui a amené Tristan Jarry à Edmonton en échange de Stuart Skinner est maintenant vue comme catastrophique, surtout que Skinner est en feu à Pittsburgh pendant que Jarry se débat dans un système qui l’expose constamment.
Draisaitl l’a dit sans détour : oui, l’équipe doit mieux défendre… mais oui aussi, les gardiens doivent faire des arrêts clés. Message reçu.
Kris Knoblauch, lui, tente d’éteindre l’incendie.
L’entraîneur-chef parle maintenant de “reset”, de mini camp, de réévaluation complète pendant la pause :
« On a besoin de cette pause. On va se recentrer. Les entraîneurs vont analyser ce qu’on doit changer. On aura une petite période d’entraînement au retour pour corriger ce qui ne fonctionne pas. »
Mais pendant que Knoblauch parle d’ajustements, Draisaitl parle... de congédiement...
Deux version. Deux réalités.
McDavid a signé… mais pourquoi?
C’est là que ça devient troublant.
Connor McDavid vient de prolonger son engagement pour encore deux ans après cette saison. Il a même signé à rabais pour aider son DG. (13,5 M$ par année).
Draisaitl, lui, est déjà verrouillé à long terme (huit ans, autour de 14 M$ par saison jusqu’en 2033).
Et pourtant, le leader allemand vient littéralement de passer toute l’organisation sous l’autobus: joueurs, gardiens, entraîneurs, dirigeants.
Ce n’est pas un simple coup de frustration.
C’est un signal d’alarme.
La pause olympique arrive comme une bouée de sauvetage. Mais quand ils reviendront, il n’y aura plus d’excuses.
Sinon, malgré McDavid, malgré Draisaitl, malgré tout le talent brut… Edmonton risque encore une fois de devenir l’exemple parfait d’une équipe qui avait tout pour gagner, sauf l’essentiel : une identité, une bonne brugade défensive... et un bon coach.
Et quand ton meilleur joueur commence à dire publiquement que “ça part du sommet”, c’est que l’incendie est déjà bien avancé.
Ça sent le congédiement à plein nez...
