Congédiement de Geneviève Guibault: sauvée au Centre Bell

Congédiement de Geneviève Guibault: sauvée au Centre Bell

Par David Garel le 2025-02-27

Alors que le gouvernement Legault s’enfonce dans un scandale politique, Martin St-Louis et le Canadien de Montréal sont venus offrir une distraction inespérée aux Québécois.

Pour quelques heures, on oublie SAAQclic, on oublie les 1,1 milliard de dollars engloutis, on oublie la démission d’Éric Caire, et on oublie même que toute la province rêve de voir François Legault prendre la porte de sortie en 2026.

Mais cette accalmie est éphémère. Car pendant que St-Louis tente de qualifier son équipe pour les séries, Legault et son entourage tentent de survivre au désastre politique qui se joue sous leurs yeux.

D’un côté, Martin St-Louis se bat pour maintenir son vestiaire intact, pour fédérer ses joueurs et pour faire mentir les experts qui voyaient le CH comme une équipe de bas de classement qui ne peut se qualifier pour les séries.

Il a un plan, une vision, et il y croit. Il veut prouver que ses joueurs méritent une chance d’aller jusqu’au bout.

De l’autre, François Legault est au bord du gouffre, incapable de justifier le fiasco de SAAQclic, les dépassements de coûts et les scandales qui s’accumulent. Il perd des alliés, voit son gouvernement se fissurer, et ne peut plus compter que sur des manœuvres de survie politique pour repousser l’inévitable.

Si St-Louis veut devenir un héros, Legault n’est plus qu’un homme condamné à être démis de ses fonctions… par les électeurs en 2026.

Geneviève Guilbault, elle, a été sauvée par Cole Caufield… jusqu’à demain

Mais la vraie question est la suivante : Geneviève Guilbault aurait-elle déjà dû tomber ?

La ministre des Transports est sur la sellette, prise dans le naufrage de SAAQclic, et pourtant, elle est toujours en poste.

 Pourquoi ? Parce que pour une soirée, Cole Caufield a marqué un but spectaculaire en prolongation. Pour une soirée, les projecteurs étaient sur le CH, pas sur Québec.

Mais demain matin, la réalité va rattraper Guilbault. Les oppositions vont continuer à réclamer des têtes, les Québécois vont exiger des réponses, et le scandale va reprendre le dessus.

La question qu’il faut se poser est troublante : Guilbault est-elle encore là parce qu’elle est une femme ? Si elle s’appelait Geneviève Caire, aurait-elle subi le même sort qu’Éric Caire ? Le doute est permis.

Pendant que le gouvernement Legault s’effondre sous son propre poids, Martin St-Louis, lui, prend les commandes de son équipe et refuse de baisser les bras.

 Il veut que son vestiaire reste uni.

Il veut prouver que cette équipe a ce qu’il faut pour aller en séries.

 Il veut gagner, alors que Legault tente seulement d’éviter...son congédiement...

La différence fait pitié : là où Legault perd le contrôle, St-Louis inspire confiance.

Mais que restera-t-il de cette soirée demain matin ?

St-Louis sera toujours là, à se battre pour son équipe. Legault, lui, devra faire face aux conséquences de son incompétence.

Et congédier la belle Geneviève Guibault...qui serait déjà renvoyée...si elle n'était pas aussi séduisante.

Martin St-Louis est un bâtisseur. François Legault est un condamné.

Et Geneviève Guilbault est en train de s’enfoncer dans un cauchemar qu’elle ne pourra plus éviter. Son rôle dans la gestion catastrophique de ce fiasco est de plus en plus accablant, et pourtant, elle reste en poste, agrippée à son siège comme une naufragée sur une épave.

Si Éric Caire a dû démissionner, pourquoi Geneviève Guilbault est-elle toujours là ?

Dès le début du fiasco SAAQclic, Geneviève Guilbault s’est montrée incapable de gérer la crise avec la rigueur nécessaire. Pourtant, selon ses propres dires, elle était impliquée à 100 % dans la gestion du projet.

Elle a tenu des réunions sept jours sur sept avec la direction de la SAAQ.

Elle a écrit elle-même les tweets officiels de la SAAQ, un fait aberrant qui révèle le chaos absolu au sein de son ministère.

Elle a eu une rencontre avec Karl Malenfant quatre mois avant le désastre, et pourtant, elle prétend avoir été trompée.

Mais soyons clairs : Guilbault était au courant. Le député libéral Monsef Derraji l’a confirmé en dévoilant que le 2 novembre 2022, elle avait reçu une présentation détaillée du projet.

Et malgré cela, elle n’a rien fait pour empêcher la catastrophe qui allait suivre.

Des justifications qui ne tiennent pas la route

Face aux critiques, Guilbault tente maintenant de jouer la carte de la victime, en affirmant que son gouvernement a été trompé par des informations erronées.

Mais comment expliquer que, malgré toutes les alertes, les avertissements et les signaux d’alarme, elle n’ait jamais sonné l’alarme elle-même ?

Un ministre des Transports qui se limite à écrire des tweets pendant qu’un projet coûtant 1,1 milliard de dollars part en vrille, c’est du jamais vu.

Si elle se rendait compte que la SAAQ était incapable de gérer la crise, son rôle était d’intervenir, pas de jouer les community managers.

En d’autres mots : soit elle a menti en disant qu’elle ignorait l’ampleur du problème, soit elle a été complètement incompétente dans sa gestion. Dans les deux cas, elle doit partir.

La vraie question qui se pose maintenant est simple : pourquoi Geneviève Guilbault n’a-t-elle pas encore subi le même sort qu’Éric Caire ?

 Parce qu’elle est vice-première ministre ?

Parce qu’elle est une femme ?

Parce que Legault espère qu’elle survivra à la tempête ?

Mais il y a une certitude : son sort est déjà scellé.

Son départ est inévitable, que ce soit dans quelques jours, quelques semaines, ou aux prochaines élections.

Ce qui est fascinant dans cette histoire, c’est le contraste absolu avec Martin St-Louis.

L’un se bat pour sauver son équipe, alors que l’autre s’accroche désespérément à son poste.

L’un prend la responsabilité de son groupe, l’autre rejette la faute sur les autres.

L’un inspire confiance, l’autre suscite le mépris.

St-Louis veut bâtir, Guilbault a tout détruit.

Et contrairement à la ministre des Transports, Martin St-Louis n’a pas besoin d’un bouc émissaire pour justifier ses erreurs. Il affronte l’adversité, sans se cacher derrière des excuses bancales.

Mais bientôt, Guilbault ne pourra plus se cacher. Son congédiement n’est plus une question de "si", mais de "quand".

Au moins, la victoire du CH a apaisé la population...pour une petite nuit...