Pendant qu’Éric Raymond faisait ses valises et quittait Brossard par la porte arrière, un autre homme, lui, recevait la tempête de plein fouet : Anthony Martineau.
Le journaliste de TVA Sports traverse un moment d’une rare violence médiatique, conséquence directe d’un message publié il y a à peine quarante-huit heures. Un message qu’il croyait anodin, mais qui s’est transformé en boomerang dévastateur.
« C’est de la grosse foutaise ! Je m’excuse d’avance, mais j’ai un peu pété un plomb ce matin. Je suis fasciné par le nombre de personnes qui réclament la tête d’Éric Raymond, alors qu’il était celui qui était aux côtés de Montembeault et Dobes lors de leurs meilleurs moments. À un moment donné, il faut arrêter de chercher des excuses et des coupables externes. Les gardiens doivent faire mieux. Point. »
«C’est de la grosse foutaise!»
— Anthony Martineau (@Antho_Martineau) January 26, 2026
Je m’excuse d’avance, mais j’ai un peu pété un plomb ce matin.
Je suis fasciné par le nombre de personnes qui réclament la tête d’Éric Raymond, alors qu’il était celui qui était aux côtés de Montembeault et Dobes lors de leurs meilleurs moments.… pic.twitter.com/o28avWTKrV
Ce tweet, Anthony l’a rédigé avec la certitude tranquille de quelqu’un convaincu d’avoir raison. Sauf que deux jours plus tard, le Canadien congédiait Éric Raymond. Brutalement. Officiellement. Définitivement. Et soudain, ce qui était « de la foutaise » devenait un fait. La réalité venait de pulvériser sa position.
Et c’est là que tout a explosé.
Sur les réseaux sociaux, les internautes, des indépendants, des partisans, des analystes, ont sauté sur l’occasion. Ils ne lui reprochent pas d’avoir un point de vue. Ils lui reprochent d’avoir traité de « foutaise » les critiques légitimes, de s’être posé en gardien de vérité, puis d’avoir vu son argument s’effondrer 48 heures plus tard.
Quand un internaute lui demande ironiquement s’il avait « des relations » avec lui, Martineau répond avec sarcasme :
« Ouais, ouais, je soupe chez lui chaque vendredi soir et il déjeune chez moi tous les dimanches matin. »
Des relations? Ouais, ouais. Je soupe chez lui à chaque vendredi soir et il déjeune chez moi tous les dimanches matin.
— Anthony Martineau (@Antho_Martineau) January 28, 2026
🤣🤣
Je n’ai jamais nié qu’une nouvelle voix dans un contexte comme celui-ci pouvait être logique.
La foutaise est de prétendre qu’il est mauvais.
Écoutez… https://t.co/ZPFopA2F8g
Un sarcasme qui tombe à plat. Parce que les critiques ne portent pas sur un prétendu favoritisme… mais sur son manque d’objectivité dans ce dossier précis. Lui-même finit par écrire :
« Je n’ai jamais dit qu’une nouvelle voix dans un contexte comme celui-ci ne pouvait pas être logique. La foutaise, c’est de prétendre qu’il est mauvais. Écoute les segments avant de monter au bâton, c’est un minimum. »
Le problème, c’est que personne n’a oublié son “C’est de la grosse foutaise !”. Les mots restent. Et quand la réalité les contredit, ils reviennent frapper violemment.
Sous la pression, Martineau fait ce que beaucoup de personnalités publiques font lorsqu’elles sont débordées : il bloque les internautes. Des dizaines. Puis des centaines.
Ce qui, évidemment, amplifie la colère. On lui reproche un manque d’humilité, un refus de répondre, un réflexe d’éteindre la discussion plutôt que de reconnaître un angle mort professionnel.
Et pendant que les critiques pleuvent, Martineau continue de publier des photos de lui-même, comme il en a l’habitude : dans les coulisses, à l’aréna, en veston ajusté, entraîné, fier de son image. Une publication affirme même qu'on l'a confondu avec un joueur des Red Wings de Détroit:
À l’aréna des Red Wings, un employé m’arrête:
— Anthony Martineau (@Antho_Martineau) October 9, 2025
-En forme pour le match de ce soir, buddy?
-Bien sûr! Mais je ne suis pas un joueur. Je suis journaliste!
-Oh, désolé man. J’étais sûr que tu jouais pour les Wings!
Le pouvoir de la tuque?😂🏒 pic.twitter.com/PEF9SR7iGN
Un internaute en profite pour se moquer de lui aussitôt avec une publication sans pitié:
Let’s be honest here… nobody ever said that.
— William Leblanc (@xwleblancx) January 28, 2026
Conversation went that way:
- Hey man can you take a picture of me?
- Sure
- Thanks
End pic.twitter.com/1MjU8vV6Zs
Le ton est moqueur, mais il reflète bien le malaise : au moment même où la communauté hockey attend une introspection, Martineau pose… pour la caméra. Les photos de lui au gym, de ses vestons serrés, de son « moment seul au monde » n’ont jamais autant alimenté les sarcasmes.
— Adam (@Habs__25) January 28, 2026
Une crise d’image… et d’identité...
Sur les réseaux sociaux, la réaction est brutale, parfois crue, souvent cinglante. Plusieurs internautes dénoncent ce qu’ils perçoivent comme un ego « hors contrôle » : « taba...nak qu’il s’aime, ça a aucun bon sens », écrit l’un.
Un autre renchérit : « Personne pense qu’il joue pour les Wings, buddy… t’es 5 pieds 9, 120 livres ».
D’autres attaquent son rapport à l’image : « Le trois-quarts de ses posts, c’est pour se donner des tapes dans le dos ».
Certains évoquent son hypersensibilité : « Il m’a bloqué parce que je lui ai écrit qu’il protégeait Montembeault… il est fragile ».
Un autre ironise : « Carrier – version Wish ».
« Ce gars-là, l’ego gros comme le Stade olympique ».
Plusieurs confirment qu’ils ont été bloqués :
« Ça sent le bloque-ton-affaire, j’y ai goûté ».
Et une critique revient souvent : « Il ne veut jamais aller contre l’organisation. Il flatte l’équipe dans le sens du poil pour garder ses accès. C’est pas un vrai journaliste. »
La vérité, c’est que Martineau paie aujourd’hui la déconnexion entre son message initial et la réalité du Canadien. Son ton cassant, son refus d’écouter les arguments, puis le congédiement choc d’Éric Raymond : tout a convergé pour l’exposer comme jamais.
On peut comprendre que ce soit violent pour lui. On peut se mettre dans sa peau. Personne n’est à l’abri d’une erreur de jugement, surtout dans un marché aussi intense que Montréal. Mais l’épisode révèle un point essentiel : l’autorité médiatique ne repose pas sur la certitude, mais sur la capacité d’ajuster sa perspective quand les faits évoluent.
Martineau devra apprendre à reculer, à respirer, à laisser moins d’ego et plus de nuance dans ses interventions. Sa crédibilité n’est pas ruinée, mais elle vient de subir un choc majeur.
La prochaine fois, il devra écouter avant de trancher, questionner avant de qualifier, et mesurer avant de déclarer que quelque chose est « de la grosse foutaise ».
Parce qu’à Montréal, la foutaise, ça vieillit très mal.
