Congédiements à venir sur TVA Sports: l’angoisse monte

Congédiements à venir sur TVA Sports: l’angoisse monte

David Garel
Le 2026-07-13

L’angoisse monte à TVA Sports.

Cette fois, ce ne sont plus seulement des droits de diffusion qui sont en jeu.

Ce sont des emplois. Des familles. Des carrières.

Plus les semaines passent, plus l’inquiétude grandit dans les couloirs de TVA Sports. À moins de deux mois du début des matchs préparatoires du Canadien de Montréal, personne ne sait toujours qui diffusera les 39 matchs nationaux du Tricolore qui n’ont pas encore été attribués, ni les séries éliminatoires en français. Une situation totalement inquiétante qui en dit long sur la complexité des négociations.

Pendant plus de dix ans, TVA Sports a absorbé des pertes colossales, estimées à plus de 250 à 300 millions de dollars, avec l’espoir qu’un nouveau cycle de droits finirait par renverser la vapeur. Or, le contrat de 11 milliards de dollars conclu entre Rogers et la LNH vient complètement bouleverser les règles du jeu.

L’ancien vice-président responsable de la programmation à RDS, François Messier, ne cache d’ailleurs pas son étonnement.

« C’est une situation vraiment très particulière. »

Selon lui, il est extrêmement tard pour bâtir une grille horaire, conclure les ventes publicitaires et préparer une saison complète.

« Il faut que ça se règle très rapidement. »

Mais ce sont surtout ses propos sur l’avenir de la télévision traditionnelle qui donnent froid dans le dos.

« Ça me semble évident que des plateformes numériques seront impliquées dans les 39 matchs n’ayant pas encore été attribués à un diffuseur. »

Prime Video. Netflix. Peut-être Apple. Peut-être une autre plateforme.

Une partie importante des matchs du Canadien pourrait quitter la télévision conventionnelle.

Pour TVA Sports, chaque rencontre perdue représente des revenus publicitaires qui disparaissent.

Et derrière ces revenus, ce sont des emplois qui deviennent soudainement fragiles.

Ce ne sont pas seulement les vedettes de l’écran qui sont concernées.

Ce sont les recherchistes qui préparent les émissions jusque tard le soir. Les monteurs qui travaillent dans l’ombre. Les réalisateurs, les techniciens, les caméramans, les équipes de production, les assistants, les employés administratifs. Tous ceux qui permettent à une émission d’exister, sans jamais apparaître devant la caméra.

Si les droits diminuent de façon importante, il sera difficile d’éviter une nouvelle vague de compressions.

C’est cette réalité qui est la plus inquiétante.

Pendant ce temps, certains visages connus de l’antenne continueront probablement d’occuper beaucoup d’espace médiatique.

Mais si la quantité de hockey diminue, la question de la structure de la programmation se posera inévitablement. Combien d’émissions? Combien d’heures de direct? Combien de panélistes? Combien d’animateurs? Ce sont des choix que la direction devra forcément évaluer.

François Messier estime que TVA Sports demeure « dans le mix ».

Mais il ajoute une phrase lourde de conséquences :

« C’est un investissement crucial pour la survie de TVA Sports. »

Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de gagner un appel d’offres.

Il s’agit peut-être de préserver une partie de l’industrie québécoise de la télévision sportive.

Pendant ce temps, Pierre Karl Péladeau doit assister à une négociation infiniment plus complexe que prévu. Selon les informations rendues publiques, Rogers souhaite désormais ouvrir davantage la porte aux plateformes numériques, ce qui change complètement l’équation financière.

L’idée de voir une partie des matchs du Canadien quitter la télévision traditionnelle vient bouleverser un modèle sur lequel TVA Sports comptait depuis des années.

Ouch.

La vraie question est désormais celle de la structure même de TVA Sports. Pendant des années, le réseau a fonctionné avec un modèle conçu pour une autre époque, lorsque les revenus étaient plus prévisibles et que les droits de diffusion coûtaient beaucoup moins cher. M

ais aujourd’hui, si le volume de matchs diminue et qu’une partie importante du calendrier se retrouve sur Prime Video, Netflix ou une autre plateforme, il faudra inévitablement revoir la taille des équipes de diffusion.

A-t-on encore besoin d’une chef d’antenne à chaque match? Elizabeth Rancourt sert à quoi à part de répéter les mêmes questions évidentes à Maxim Lapierre et Antoine Roussel.

A-t-on besoin d'’un plateau aussi imposant? De plusieurs analystes en studio en même temps? De segments qui mobilisent autant de personnel avant, pendant et après chaque rencontre? Ce sont des questions que n’importe quel dirigeant devra se poser dans un contexte où chaque dollar compte.

Le casse-tête est immense. Autour des matchs, on retrouve notamment des animateurs, des analystes, des reporters et des collaborateurs comme Élizabeth Rancourt, Maxim Lapierre, Antoine Roussel, Félix Séguin, Patrick Lalime, Renaud Lavoie, Dave Morissette.

Sans oublier Alexandre Daigle, Pascal Leclaire et tous ceux qui sont déjà de trop.

Renaud Lavoie est indspensable au niveau de la glace, car il sait manier l'art d'aller chercher l'émotion dans ses entrevues.

Personne n'est intouchable à TVA Sports... à part Renaud ...

Trop big pour le congédier.

La réalité est que chaque poste représente un coût important et maintenir un aussi grand nombre de personnalités à l’antenne deviendra un défi financier.

Le Canadien est redevenu un phénomène grâce à Lane Hutson, Ivan Demidov, Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovský. Les cotes d’écoute sont extraordinaires. Pourtant, les droits coûtent maintenant tellement cher que même un succès populaire ne garantit plus la rentabilité.

Les amateurs attendent toujours de savoir où ils regarderont les matchs.

Mais, dans les bureaux de TVA Sports, plusieurs attendent surtout de savoir s’ils auront encore un emploi lorsque cette longue négociation prendra fin.

Et c’est peut-être ça, le véritable drame de toute cette histoire.